Paul Louis Charles Marie CLAUDEL

[ La Fère (02), 06/08/1868 – Paris (75), 23/02/1955 ]

écrivain, diplomate

Biographie vosgienne Ascendance vosgienne

1955 — La Liberté de l’Est

Gens de chez nous

Les Claudel de La Bresse


Au lendemain de la mort de Paul Claudel, il a été beaucoup question, ici même, des attaches bressaudes du poète-ambassadeur-académicien.

Les renseignements qu’on nous apportait alors restaient assez vagues. Depuis, grâce à la Revue de Paris et aux recherches de son éminent collaborateur, Henri Guillemin, qui fut, à maintes reprises, de 1942 à 1954, le confident de Paul Claudel, nous possèdons sur la filiation vosgienne de celui-ci des données précises dont l’analyse qui va suivre intéressera au premier chef les Vosgiens en général et les Bressauds en particulier.

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Point de doute : les Claudel sont des Vosgiens, originaires de cet étrange village au fond d’un trou... La Bresse, proche de Gérardmer.

Au moment de la Libération, les Allemands ont tout brûlé, tout détruit, et La Bresse n’a plus que des maisons neuves... La bourgade, telle que Paul Claudel l’a connue au temps de sa prime jeunesse, a perdu toute son originalité. Rien ne subsiste que l’église, dont la restauration n’est pas un enchantement, et le cimetière où les morts, de tous côtés, nous disent qu’ils s’appelaient Claude, Claudon, Claudel.

Hasard de la guerre : en juin 1940, Pierre Claudel, le fils aîné du poète, fut fait prisonnier, avec son régiment d’artillerie, à La Bresse... Quand il dut rendre ses armes, il se trouvait devant un magasin sur la porte duquel on lisait : Claudel propriétaire.

Autour de 1875-1880, les enfants Claudel ont passé à La Bresse bien des semaines d’été. Ils se sont baignés dans le lac des Corbeaux. Le futur poète aimait cette vallée blottie, ces éboulis de roches dans les fougères et les brimbelles, ce silence.

Il écoutait son père - Louis-Prosper Claudel - parler le patois du pays avec les gens qu’on rencontrait.

De ses séjours dans les Vosges, que dit-il à Henri Guillemin ?

- Nous allions parfois à Docelles où l’oncle Charles avait une papeterie ; je lisais le Tour du Monde et le Magasin pittoresque ; et à Epinal, où l’oncle Isidore tenait un bureau de tabac...

Charles Claudel, auquel il est fait ici allusion, avait épousé une Claudel, sa cousine germaine. Il mourut à soixante-sept ans, le 16 janvier 1882. Sa fille Marie fut, en 1868 (elle avait huit ans) la marraine de Paul Claudel. Elle épousa, à vingt ans, en 1880, le notaire Stanislas Merklen qui devait devenir par la suite maire d’Epinal.

En cas d’erreur sur ce point, mon vieil ami, M. Léon Schwab, rectifiera...

La papeterie Claudel, à Docelles, disparut en 1914.

Quant à l’oncle Isidore Gégout, le buraliste, chez qui on rencontrait scieurs et fendeurs de bois, il avait épousé une soeur de Louis-Prosper Claudel.

Le mot de Vosges a toujours gardé pour Paul Claudel un prestige, un pouvoir secret d’émotion. Et lors de sa conversion, en 1890, n’est-ce point à un Vosgien, l’abbé Vuillaume, qu’il se confessa, sans le connaître ?

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Sur la tribu bressaude des Claudel, dont descend le poète, Henri Guillemin nous apporte de curieux détails...

Le plus ancien nom que l’on retrouve d’elle dans les registres paroissiaux est celui d’un Jacques-Elophe Claudel, mort en 1530. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les Claudel semblent, de père en fils, avoir gagné leur vie dans le métier mal vu des gabelous.

Des collecteurs d’impôts. L’un (c’est l’arrière-grand-père paternel du poète) avait fini par amasser une fortune sous Louis XVI. La Révolution le ruina. Il fut trop heureux de retrouver, sous Louis XVIII, un emploi modeste dans les contributions.

Par atavisme, le père de l’auteur du Soulier de satin est entré dans l’administration des Finances.

Né à La Bresse le 2 octobre 1826, Louis-Prosper Claudel est reçu surnuméraire le 18 mars 1848. Sans se donner absolument pour incroyant, du moins est-il avec vigueur anti-clérical et il se dira, mais sans ostentation, républicain sous l’Empire.

Saint-Nazaire est son premier poste rétribué. Il est ensuite nommé receveur de l’enregistrement à Aiguerande, dans l’Indre ; mais c’est dans les Vosges qu’il voudrait revenir, et le voici, dès novembre 1853, à Xertigny ; l’année suivante à Gérardmer et en avril 1856 à Fraize.

Tout à coup, sérieux changement : quittant sa contrée natale, il passe à Fère-en-Tardenois, dans l’Aisne, le 21 décembre 1860. C’est là qu’il épousera la fille du docteur Théodore-Athanase Cerveaux.

Louis-Prosper Claudel restera dix ans receveur à Fère, pour venir ensuite à Bar-le-Duc, au milieu de l’été de 1870, la guerre étant déjà déclarée. Il y séjournera six ans. Le petit Paul ira chez les Soeurs de la Doctrine Chrétienne et il gardera le souvenir des images d’Epinal collées sur des cartons que lui montre Soeur Brigitte.

Globe-trotter de l’Enregistrement, Louis-Prosper Claudel ira occuper successivement les postes de Nogent-sur-Seine, dans l’Aube ; de Wassy-sur-Blaise (Haute-Marne), puis de Rambouillet.

C’est ici qu’il peut réaliser son rêve paternel : Paul devient élève du Lycée Louis-le-Grand où il aura pour camarades Joseph Bédier, Victor Bérard, Romain Rolland, alors que sa soeur Camille, férue de sculpture, s’inscrit à l’Académie Colarossi où elle fera la connaissance de Rodin...

En fait, Paul Claudel que d’aucuns ont dit paysan champenois n’est Champenois que fort peu, et paysan, point. Fils et petit-fils et arrière-petit-fils de Vosgiens, agents du fisc, d’un côté, il a pour grand-père, de l’autre, un médecin picard. Né à Villeneuve-sur-Fère, il n’y habitera jamais, après sa toute première enfance, autrement que pour des séjours de grandes vacances, chez son grand-oncle, Louis-Napoléon Cerveaux, qui est curé de cette paroisse.

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Au mois de juillet 1885, âgé de dix-sept ans, Paul Claudel est bachelier de l’enseignement secondaire.

Le 1er juin, il est resté trois heurs debout sur une échelle, boulevard Saint-Germain, pour voir passer le cortège des funérailles de Victor Hugo.

En 1882, n’avait-il pas déjà vu celles de Gambetta ?

Et pouvait-il se douter qu’à lui aussi seraient réservées, soixante-dix ans plus tard, des obsèques nationales ?


[Ch. Courtin-Schmidt, La Liberté de l’Est, 30 août 1955]

1968 — La Liberté de l’Est

On fêtera cette année le centenaire

Poète et dramaturge puissant
Paul Claudel était fier de ses ascendances vosgiennes


il y aura cette année cent ans, le 6 août, que le poète français Paul Claudel venait au monde. Plus que d’autres écrivains, il eut une brillante carrière. Il fut même de la carrière puisque c’est ainsi qu’on désigne la diplomatie. Ce poète vit le jour à Villeneuve-sur-Fère-en-Tardenois. Rien n’indique dans les dictionnaires qu’il fut autre chose qu’un Champenois. Et cependant il concerne notre département au plus haut point, car, de même que les ascendants de Victor Hugo ou Poincaré, ses ancêtres masculins étaient Vosgiens de longue date.

Il va sans dire que l’anniversaire du centenaire de la naissance de Paul Claudel sera marqué par d’importantes manifestations. Il est question de l’émission d’un timbre, et la chose intéresse les philatélistes qui sont légions. De plus, la Bibliothèque nationale va lui consacrer au début de février une importante exposition. Sans parler des hommages officiels qui seront rendus à cet académicien.

De par le monde

Fils d’un conservateur des hypothèques, Paul Claudel a poursuivi ses études au hasard des villes où son père fut appelé à séjourner. Il les termina à Paris au lycée Louis-le-Grand, à l’École de Droit et à celle des Sciences politiques.

Admis en 1890 au concours des Affaires étrangères, il débuta en 1893 comme consul suppléant à New York puis à Boston. Il partit ensuite pour la Chine où il signa le contrat de l’arsenal de Fou-Tchéou. Durant plusieurs années, il alterna des séjours en France et des retours en Chine (notamment en 1906 à Pékin et Tien-Tsin). Il fut également consul général à Francfort en 1911 et à Hambourg en 1913.

Sa carrière de diplomate proprement dite débuta par une mission comme ministre plénipotentiaire à Rio de Janeiro en 1917 où il négocia d’importants achats. 920, il était ministre plénipotentiaire au Danemark. Il fut ensuite ambassadeur au Japon (1921 à 1927), à Washington (1927 à 1933), en Belgique (1933 à 1935), et quoiqu’à la retraite depuis 1935, ambassadeur extraordinaire auprès du Vatican en mars 1939. Il est mort d’une crise cardiaque en 1955.

L’écrivain

Que dire de son œuvre théâtrale, lyrique, qui en font certes le plus grand poète chrétien de notre époque ? D’une intelligence et d’une force de persuasion telle que Gide, dont sa correspondance avec lui a été publiée, le craignait tout en l’aimant.

L’œuvre de Claudel est inséparable de sa vie. C’est en Extrême-Orient qu’il a composé ses plus belles pages. Catholique dans l’âme depuis sa conversion de 1886, il a su cependant comprendre l’âme japonaise, l’âme chinoise. Il a su vivre sa vie professionnelle sans cesser de penser sa foi ; comme il l’écrit dans "La Messe de là-bas", alors qu’il était à Rio de Janeiro : je suis là, et pendant que la plume à la main, je transforme les sachets de sucre et de café en Milréis et que je dépouille la Bible, je lève de temps en temps la tête et j’écoute…

L’auteur de La Ville (vision prophétique d’une cité sans Dieu), de La Cantate à trois voix, de L’Annonce faite à Marie, d’Emmaüs, de Jeanne au bûcher, a su entre tous vibrer à l’unisson des armes pieuses, magnifier l’homme en ce qu’il est témoin et oblateur de la création.

Un fils de Bressaud

Or ce poète qui mit toute son intelligence au service de sa foi, était d’ascendance vosgienne, et cet ascendance était pour lui une chose dont il était fier.

Témoin la belle lettre qu’il écrivit, de Paris le 6 décembre 1946, jour de Saint-Nicolas, au maire de La Bresse, et que le recueil de J.-J. Martin et Félix Chevrier, Nos Vosges, reproduisit en fac-similé. Cette lettre, on nous permettra de la reproduire :

Non, Monsieur le maire, je n’oublie pas La Bresse ! Comment l’oublierais-je, la chère petite cité de qui le nom de Claudel est inséparable depuis je ne sais combien de générations ? N’est-ce pas sur un de vos registres paroissiaux qu’un chercheur a retrouvé le nom du patriarche Jacques-Elophe Claudel, décédé en 1530, et de qui sont issues, ou à qui se rattachent, presque toutes les familles de la belle vallée ?

C’est là qu’au début du siècle dernier, ma courageuse aïeule, restée veuve à la suite du décès accidentel de son mari, éleva une famille de six enfants. Mon père, Louis-Prosper Claudel, conservateur des hypothèques, n’oublia jamais sa petite patrie et, chaque fois que les vacances le lui permettaient, il amenait sa famille au cimetière où notre nom se répétait aussi souvent sur les tombes que sur les enseignes de la localité. Nous allions visiter le lac Noir qui évoquait le souvenir de cet ermite Joseph, dont nous n’avions aucune peine à allier la figure à celle de l’époux de la Sainte Vierge ! Pendant mon séjour aux États-Unis, ce n’est pas sans émotion que j’ai appris que deux villages de ce pays, l’un au Kansas, l’autre au Nouveau-Mexique, fondés au milieu du XIXe siècle par des émigrants, portaient le nom de Claudel, ainsi que me l’ont rappelé les citoyens de ces petites colonies. Le sang, comme dit le proverbe anglais, est plus épais que l’eau. Et je suis heureux de penser que c’est pour ma grande part à la foi et aux vertus de mes honnêtes ancêtres que je dois mon propre retour à la religion. L’évêque de Saint-Dié ne me disait-il pas récemment que la paroisse de La Bresse était encore aujourd’hui la meilleure du diocèse ? Quelle fierté pour moi !

Et quelle fierté aussi de penser que dans la longue liste des cités qui ont eu l’honneur de souffrir et de témoigner pour la France, La Bresse, la ville des Claudel, occupe un des premiers rangs ! Mais ne craignez point, chers amis, chers compatriotes, chers parents ! Le sapin des Vosges a la vie dure, et ce n’est pas encore demain ni après-demain que la France cessera d’avoir besoin, non seulement de charpente et de granit, mais de cette rectitude verdoyante au-dessus du temps et de cette bonne odeur à ses narines d’immortalité !


L’introuvable patriarche de 1530

Cette magnifique lettre méritait d’être à nouveau publiée, car elle témoigne incontestablement de la fidélité de Claudel à sa petite patrie.

Il est regrettable qu’on n’en possède qu’une photocopie et que l’original était éperdu. Car, il faut bien le dire, cette lettre ne parvint jamais au maire de La Bresse. Les éditeurs du recueil Nos Vosges l’ont gardée par-devers eux et on ne sait pas ce qu’elle est devenue.

Est-ce à dire que Paul Claudel ait eu sur ses origines des données absolument rigoureuses ? Il ne semble pas, et personne n’a pu remonter jusqu’au légendaire patriarche Jacques-Elophe Claudel, pour la bonne raison que les registres paroissiaux de La Bresse ne remontaient pas jusqu’à cette date. De plus, les archives locales ont été détruits dans l’incendie de la Bresse par les nazis.

Notre collaborateur et ami Jean-Marie Viry, de La Bresse, n’a pu, pour sa part remonter plus haut que 1738, date de la naissance de Jacques Claudel, rentier au moment de sa mort en 1818, époux de Catherine Paulot. Le fils de celui-ci, Dominique Claudel, mourut à 39 ans en l’an II, et sa veuve, née Marguerite Mengin, était en 1814 boulangère à La Bresse.

Dominique Claudel eut deux fils :
- le premier Dominique-Jacques (né à la Bresse en 1792, mort en 1857), grand-oncle du poète, habita Vagney, puis vint s’établir à Épinal comme marchand de fer ; il épousa une demoiselle Maldamé, de grande fortune, et devint propriétaire de la papeterie de Vraichamp à Docelles ; un de ses descendants acquit la papeterie de Ville-sur-Saux (Meuse) et son fils, dernier du nom, mourut docteur en médecine.
- Le second fils, Nicolas (1793-1830) fut le grand-père de Paul Claudel. Il resta cultivateur à La Bresse où il épousa une fille de commerçants, Élisabeth Chalon, également Bressaude. Ils eurent sept enfants, dont deux filles qui épousèrent des Gégout de Gérardmer ; un fils qui était en 1944 boulanger à Gérardmer ; un autre, Charles Claudel, qui devint propriétaire de la papeterie de Vraichamp, et enfin Louis-Prosper, né le 26 octobre 1826, père du poète.

Tels sont les renseignements que Jean-Marie Viry avait pu recueillir. Mais nous devons ajouter que M. Jean-Marie Dumont, notre distingué archiviste départemental, a poussé ses recherches plus loin et a pu remonter jusqu’au XVIIe siècle, sans atteindre toutefois le fameux et hypothétique patriarche. Nous ne doutons pas que notre historien spinalien ne fasse bénéficier quelques jours la [article incomplet....].


[La Liberté de l’Est, fin janvier 1968].

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

CLAUDEL (Paul Louis Charles Marie), écrivain, diplomate
(Villeneuve- sur-Fère (Aisne), 6 août 1868 - Paris, 23 février 1955)

Bien que né dans un village situé aux confins de la Champagne, de l’Île de France et de la Picardie, Paul Claudel, issu d’une famille de La Bresse, peut légitimement s’affirmer Vosgien par son père.

Selon Paul Claudel, son plus lointain ancêtre serait, au XVIe siècle, Jacques Élophe Claudel. En fait, il est possible de déterminer neuf générations de Claudel qui se sont succédées pour aboutir à donner à la France un poète, dramaturge et ambassadeur de France de la plus grande envergure.

Antoine Claudel est le père de Georges (1580-1639), dont l’aîné de ses enfants, Dominique (1608-1698), devient maire de La Bresse en 1665.

Nicolas (1648-1698) est le fils de Dominique. Époux de Barbe Fleurance, de La Bresse, il a quatre enfants dont Dominique Nicolas (1693-1783), maire et gruyer de La Bresse en 1734.

Du mariage de ce dernier en 1726 avec Marie Perrin, également de La Bresse, naît Blaise Nicolas (1732-1784). Blaise est marchand. Il s’unit à Reine Rochatte et leur fille Elisabeth (1770-1808) épouse ultérieurement Joseph Chalon (1769-1819), aussi marchand à La Bresse.

Leur fille, prénommée Elisabeth, née en 1794, prend pour époux en 1814 son cousin issu de germain Nicolas Claudel (1793-1830), boulanger puis cultivateur et débitant de tabac à La Bresse.

Ces deux conjoints ont sept enfants dont Louis Prosper (26 octobre 1826 - 3 mars 1913). Il épouse, à Fère-en-Tardenois, Louise Athénaïse Cerveaux le 2 février 1862.

Trois enfants naissent de cette union : Paul, Camille (Fère-en-Tardenois, 8 décembre 1864 - Avignon, 19 octobre 1943) et Louis (Fère-en-Tardenois, 26 février 1866 - Villeneuve-en-Tardenois,1935).

Louis Prosper, père de Paul Claudel, fonctionnaire de l’enregistrement, après son affectation à Fère-en-Tardenois, est muté en 1870 à Bar-le-Duc, puis en 1876 il est nommé conservateur des hypothèques à Nogent-sur-Seine (Aube) et muté à nouveau en 1879 à Wassy (Haute-Marne) où Paul fréquente le collège. En 1883 le père prend le poste de Rambouillet puis, en 1887, celui de Compiègne qui sera le dernier avant sa retraite.

Pour faciliter les études de ses enfants, la famille s’installe à Paris en 1881 et Paul entre au lycée Louis-le-Grand, puis il s’inscrit à l’École libre des Sciences politiques et entre au quai d’Orsay pour faire une carrière de diplomate en 1890.

Dès l’âge de 17 ans il commence à écrire et en 1889, il écrit Tête d’or, son premier grand drame, en 1893 L’Échange et en 1905 Partage de midi, mais aussi des poèmes dont les Cinq grandes odes (1900-1908).

Après ses séjours en Chine, Claudel obtient divers postes en Europe. Il écrit L’Otage, Le Pain dur, Le Père humilié et L’Annonce faite à Marie (1912), tandis que Le Soulier de satin est composé durant son ambassade à Tokyo. A l’issue de ses fonctions à Bruxelles, il est retraité et vit à Paris ou à Brangues (Isère). Il travaille sur la Bible, suit la représentation de ses pièces, entre à l’Académie française et meurt couvert d’honneurs, de médailles et de gloire en 1955.

Camille, dont le talent de sculpteur est révélé très tôt, est à 19 ans l’élève puis la collaboratrice et la maîtresse de Auguste Rodin. Après leur séparation en 1893, elle travaille durant 20 ans dans son atelier personnel à Paris, mais ne peut supporter la rupture. En 1913, elle est internée dans une clinique psychiatrique puis à l’hôpital Montdevergues à Avignon où elle décède en 1943. Elle a détruit un grand nombre de ses œuvres, mais les bronzes témoignent de son talent : Buste de Rodin, La Valse, L’Âge mûr.


Bibl. : Dumont (J.-M.).- L’Ascendance lorraine de Paul Claudel, in Annales de la Société d’Émulation des Vosges, 1967-1971, p. 65-75 + tableau généalogique.
Antoine (G.).- Paul Claudel ou l’enfer du génie, Paris, R. Laffont, 1988.


[Albert Ronsin].

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