1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
CLAUDEL (Paul Louis Charles Marie), écrivain, diplomate
(Villeneuve- sur-Fère (Aisne), 6 août 1868 - Paris, 23 février 1955)

Bien que né dans un village situé aux confins de la Champagne, de l’Île de France et de la Picardie, Paul Claudel, issu d’une famille de La Bresse, peut légitimement s’affirmer Vosgien par son père.
Selon Paul Claudel, son plus lointain ancêtre serait, au XVIe siècle, Jacques Élophe Claudel. En fait, il est possible de déterminer neuf générations de Claudel qui se sont succédées pour aboutir à donner à la France un poète, dramaturge et ambassadeur de France de la plus grande envergure.
Antoine Claudel est le père de Georges (1580-1639), dont l’aîné de ses enfants, Dominique (1608-1698), devient maire de La Bresse en 1665.
Nicolas (1648-1698) est le fils de Dominique. Époux de Barbe Fleurance, de La Bresse, il a quatre enfants dont Dominique Nicolas (1693-1783), maire et gruyer de La Bresse en 1734.
Du mariage de ce dernier en 1726 avec Marie Perrin, également de La Bresse, naît Blaise Nicolas (1732-1784). Blaise est marchand. Il s’unit à Reine Rochatte et leur fille Elisabeth (1770-1808) épouse ultérieurement Joseph Chalon (1769-1819), aussi marchand à La Bresse.
Leur fille, prénommée Elisabeth, née en 1794, prend pour époux en 1814 son cousin issu de germain Nicolas Claudel (1793-1830), boulanger puis cultivateur et débitant de tabac à La Bresse.
Ces deux conjoints ont sept enfants dont Louis Prosper (26 octobre 1826 - 3 mars 1913). Il épouse, à Fère-en-Tardenois, Louise Athénaïse Cerveaux le 2 février 1862.
Trois enfants naissent de cette union : Paul, Camille (Fère-en-Tardenois, 8 décembre 1864 - Avignon, 19 octobre 1943) et Louis (Fère-en-Tardenois, 26 février 1866 - Villeneuve-en-Tardenois,1935).
Louis Prosper, père de Paul Claudel, fonctionnaire de l’enregistrement, après son affectation à Fère-en-Tardenois, est muté en 1870 à Bar-le-Duc, puis en 1876 il est nommé conservateur des hypothèques à Nogent-sur-Seine (Aube) et muté à nouveau en 1879 à Wassy (Haute-Marne) où Paul fréquente le collège. En 1883 le père prend le poste de Rambouillet puis, en 1887, celui de Compiègne qui sera le dernier avant sa retraite.
Pour faciliter les études de ses enfants, la famille s’installe à Paris en 1881 et Paul entre au lycée Louis-le-Grand, puis il s’inscrit à l’École libre des Sciences politiques et entre au quai d’Orsay pour faire une carrière de diplomate en 1890.
Dès l’âge de 17 ans il commence à écrire et en 1889, il écrit
Tête d’or, son premier grand drame, en 1893
L’Échange et en 1905
Partage de midi, mais aussi des poèmes dont les
Cinq grandes odes (1900-1908).
Après ses séjours en Chine, Claudel obtient divers postes en Europe. Il écrit
L’Otage,
Le Pain dur,
Le Père humilié et
L’Annonce faite à Marie (1912), tandis que
Le Soulier de satin est composé durant son ambassade à Tokyo. A l’issue de ses fonctions à Bruxelles, il est retraité et vit à Paris ou à Brangues (Isère). Il travaille sur la
Bible, suit la représentation de ses pièces, entre à l’Académie française et meurt couvert d’honneurs, de médailles et de gloire en 1955.
Camille, dont le talent de sculpteur est révélé très tôt, est à 19 ans l’élève puis la collaboratrice et la maîtresse de Auguste Rodin. Après leur séparation en 1893, elle travaille durant 20 ans dans son atelier personnel à Paris, mais ne peut supporter la rupture. En 1913, elle est internée dans une clinique psychiatrique puis à l’hôpital Montdevergues à Avignon où elle décède en 1943. Elle a détruit un grand nombre de ses œuvres, mais les bronzes témoignent de son talent :
Buste de Rodin,
La Valse,
L’Âge mûr.
Bibl. : Dumont (J.-M.).-
L’Ascendance lorraine de Paul Claudel, in
Annales de la Société d’Émulation des Vosges, 1967-1971, p. 65-75 + tableau généalogique.
Antoine (G.).-
Paul Claudel ou l’enfer du génie, Paris, R. Laffont, 1988.
[Albert Ronsin].