1889 —
Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier
NAJEAN (Désiré Dieudonné).- Né à Neufchâteau le 4 octobre 1827, il est le neveu du représentant Véridique Najean ; son père, Nicolas Dieudonné Najean, avoué, fut maire de Neufchâteau sous Louis-Philippe.
Il a été avocat dans sa ville natale, sous-préfet de Mirecourt le 3 octobre 1870, puis successivement sous-préfet à Paimboeuf, à Clamecy, à Béthune, à Boulogne-sur-Mer, puis à Reims, et enfin préfet de la République dans la Drôme.
Il est aujourd’hui conseiller à la cour d’appel de Nancy, chevalier de la Légion d’honneur et officier d’académie.
1959 —
La Liberté de l’Est
Au temps où le bâtonnier Najean était député
Pour connus que soient nos parlementaires, leur nom s’efface vite dans la mémoire des hommes.
Ainsi, qui se souvient du bâtonnier Najean, qui fut un des plus brillants avocats du Barreau des Vosges ?
Véridique Najean était né à Neufchâteau le 2 janvier 1795. Après avoir été un étudiant hors ligne, il s’enrôla à l’âge de 18 ans comme sous-lieutenant dans la vieille Garde de l’Empereur où il servit dans le 1er Grenadiers.
Après l’invasion des Kayserlicks, il vint se réfugier à Epinal où la police le tint à l’oeil, car il avait vdes opinions libérales qui ne cadraient pas avec les idées du jour. Il revint à Neufchâteau, s’inscrivit au Barreau en 1817 et fut élu bâtonnier de l’Ordre en 1823.
Il s’occupait de politique et fit ses premières armes, sans succès, en 1846 contre le Conseiller à la cour Costé. Il participa à Epinal à la fameuse campagne des banquets qui prépara la chute de Louis-Philippe.
Sous-préfet de Neufchâteau en 1848 (on disait alors le sous-commissaire), le citoyen Najean fut triomphalement élu député des Vosges le 23 avril 1848 par 61 941 voix.
Il fut aussi un des fondateurs du Propagateur républicain de Neufchâteau, qui ne dura que quelques mois, en 1848.
Non réélu par la suite, il se cantonna dans ses fonctions d’avocat et mourut à Neufchâteau le 27 mai 1874.
... Et Najean, jeune...
A l’époque, le nom du bâtonnier Najean était inséparable de celui du jeune Najean, autre brillant avocat vosgien.
Désiré-Dieudonné Najean, né à Neufchâteau en 1827, était le neveu de Véridique ; son père, Me Najean, avoué, fut maire de Neufchâteau sous Louis-Philippe. Désiré, par contre, avait des idées beaucoup plus radicales.
En 1853, le Préfet des Vosges signalait avec émotion que Najean, connu par ses opinions socialistes exaltées, venait d’être reçu dans la loge maçonnique de Nancy. Il n’en fallait pas plus pour rendre toute cette loge suspecte à la police. Il en alla de même pour la loge de Neufchâteau quand Me Najean en devint vénérable.
Ces tracasseries du Second Empire devaient donner à Me Najean un brevet de républicanisme après 1870. Dès lors sa carrière fut rapide. Successivement sous-préfet de Mirecourt, puis de Paimboeuf, Clémecy, Béthune, Boulogne-sur-Mer, Reims, il devait devenir préfet de la Drôme, puis Conseiller à la Cour d’appel de Nancy.
Najean... Un nom prédestiné dans le Barreau vosgien. Je dois dire cependant que cette famille de Najean n’a pas de lien de parenté connu avec celle de M. le bâtonnier Najean, notre contemporain, dont les conférences à la Société d’Emulation, tout comme les plaidoiries, sont prisées de tout le grand public.
[Jean Bossu, La Liberté de l’Est, 11 mars 1959]
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
NAJEAN (Désiré Dieudonné), magistrat, militant socialiste
Neufchâteau, 4 octobre 1827 - ?
Neveu de Véridique Najean [voir ce nom], il est le fils de Nicolas Najean avoué, maire de Neufchâteau sous Louis-Philippe ; il est lui-même reçu avocat à Neufchâteau. Membre de la loge Saint-Jean-de-Jérusalem de Nancy depuis le 3 novembre 1853, il est connu par le préfet des Vosges pour des opinions socialistes exaltées.
En septembre 1870, il est nommé sous-préfet de Mirecourt, puis en 1871 préfet de la Drôme. A la fin du siècle, il est conseiller à la Cour d’Appel de Nancy.
Bibl. : Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, publié sous la dir. de Jean Maitron, Paris : les Éditions ouvrières (30 vol. parus de 1964 à 1989), 1789-1864, tome III, p. 144.
[Albert Ronsin]