1889 —
Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier
MAUD’HEUX (François Félix).- Né à Épinal le 4 février 1800, d’une ancienne famille spinalienne ; son père exerçait les fonctions de greffier en chef du tribunal civil.
Élève des collèges de Remiremont et d’Épinal, puis étudiant en droit à Strasbourg, il fut reçu avocat en 1819 et se fit inscrire au barreau d’Épinal, où plaidait déjà son compatriote le poète Pellet. Il y exerça sa profession d’avocat pendant plus de quarante ans, sans autre interruption que quelques années passées comme greffier du tribunal ; il fut plusieurs fois bâtonnier de son ordre. Conseiller général des Vosges pour le canton d’Épinal, de 1848 à 1851, il fut président du Conseil général en 1849.
Maire d’Épinal de juin 1862 à décembre 1866, il dota la ville de plusieurs embellissements. Membre de la Société d’Émulation depuis 1836, il en fut plusieurs fois le président et l’était même encore au moment de sa mort. Il a publié de nombreuses études littéraires on historiques, et a été nommé chevalier de la Légion d’honneur et officier d’académie. Maud’heux est mort à Épinal, le 13 août 1874.
Son fils, M. Félix Maud’heux est avocat à Épinal ; plusieurs fois bâtonnier ; président du comice agricole de l’arrondissement d’Épinal depuis 23 ans, officier d’Académie et chevalier du Mérite agricole ; il a été candidat, non élu, au Conseil général avant 1870.
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
MAUDHEUX (François Félix), avocat et érudit
Epinal, 4 février 1800 - Epinal, 13 août 1874
François Félix Maudheux est le fils d’un greffier en chef du tribunal civil d’Epinal. Il effectue ses études dans les collèges de cette ville et de Remiremont, puis il se rend à Strasbourg pour y faire son droit. Il obtient sa licence le 8 septembre 1819. Sa thèse se rapporte à la preuve littérale des obligations et de leur paiement. Il s’inscrit au barreau d’Epinal et fait cause commune avec la jeunesse estudiantine de l’époque en conspirant plus ou moins contre la Restauration et le régime de droit divin du roi Charles X. Il devient le correspondant d’un journal dirigé contre les ultramontains et le parti prêtre. La Révolution de 1830 comble ses voeux. Neuf ans plus tard, il n’hésite pas à faire le voyage de Paris pour défendre devant le tribunal correctionnel son compatriote et collègue, l’avocat Mathieu d’Epinal, accusé de détention de bombes, de propagande communiste et d’actes terroristes.
En 1825, il achète pour 24 000 francs la charge de greffier en chef détenue par son père. Au fil des années, il devient aussi bâtonnier de son Ordre, Président du Conseil Général en 1843, conseiller municipal, membre de la Commission des hospices, conseiller d’arrondissement, officier rapporteur du conseil de discipline de la garde nationale. Après le Coup d’Etat du 2 décembre 1851, il se porte candidat aux élections législatives. En qualité de maire d’Epinal de 1862 à 1866, il contribue à l’embellissement de cette cité. Il est encore l’un des animateurs dévoués de la Société d’Emulation des Vosges dont il assure la présidence. Il est l’auteur de plusieurs études publiées dans les Annales de cette société savante. La valeur de ses communications est d’autant plus grande que durant sa jeunesse il a étudié la langue latine et la paléographie des chartes du moyen âge. Il a épousé en 1823 Clarisse Bombard qui lui a donné deux enfants. L’un d’entre eux a été comme lui bâtonnier du barreau d’Epinal.
Bibl. : Bossu (Jean).- Maître Maudheux, bon administrateur, érudit et charmant causeur, journal La Liberté de l’Est.
[
Georges Poull
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