1889 —
Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier
GÉRARDIN (Charles Nicolas François).- Le lieutenant-colonel Gérardin aurait assurément ajouté son nom à la liste des généraux vosgiens, si la mort ne l’avait enlevé avant 50 ans.
Né à l’Étanche, près de Neufchâteau, le 6 décembre 1825, d’un père qui avait été maire de Neufchâteau au moment de l’invasion de 1814, il se destina à l’École polytechnique, comme son frère aîné, et il y entra dans un des premiers rangs, en 1845. Sous-lieutenant du génie, le 1er octobre 1847, il passa deux années à l’École d’application de Metz, fut promu lieutenant, le 1er octobre 1849, et placé au 1er, puis au 3e régiment, où il participa, dans l’Hérault, à la répression des troubles qui suivirent le coup d’État du 2 décembre 1851. Capitaine du génie, le 6 février 1853, il fut employé à Haguenau, ensuite à la direction de Metz, puis devint chef du génie à Verdun. Aide de camp du général Ardant, le 25 juin 1856, il passa, à la mort tragique de celui-ci, à la tète d’une compagnie de sapeurs du 1er régiment, avec laquelle il fit la campagne d’Italie.
Placé après la guerre au dépôt des fortifications, il devint, le 4 août 1861, aide de camp du général de Vauban, passa chef du génie à Soissons en avril 1867, puis alla à Rome commander le parc du génie du corps expéditionnaire. Chef de bataillon le 4 mars 1868, il fut nommé chef du génie à Mascara, d’où il passa à Alger, le 4 août 1870, chef d’état-major du génie de l’Algérie. La guerre le rappela en France où il fut chef d’état-major du génie du 26e corps à l’armée de la Loire. Après la guerre, il devint chef du génie du camp de Toulouse.
Choisi le 1er juillet 1871, comme aide de camp par le général de division P. Ducasse, il fut nommé officier de la Légion d’honneur, le 29 mars 1872. Le 11 décembre suivant, il passait chef d’état-major du génie du 5e corps de l’armée de Versailles, concourait aux travaux destinés à compléter la défense de Paris, et devenait, le 24 janvier 1874, secrétaire de la commission mixte des travaux publics et adjoint au sous-directeur du dépôt des fortifications. Enfin, le 24 avril 1875, il recevait les épaulettes de lieutenant-colonel. Moins de trois mois après, le 10 juillet 1875, il mourait brusquement.
Le lieutenant-colonel Gérardin était en outre chevalier de l’ordre de Pie IX et décoré de la médaille du mérite militaire de Sardaigne.
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
GÉRARDIN (Charles Nicolas François), [frère de Henry Joseph Albert GÉRARDIN], né à L’Étanche le 6 décembre 1825, entre aussi à l’école polytechnique en 1845 et effectue une carrière militaire dans le génie ; il fait la campagne d’Italie en 1856.
Chef de bataillon en 1868, il part en Algérie, revient en 1870 et sert dans divers états-majors.
Promu lieutenant-colonel le 24 avril 1875, il meurt subitement le 10 juillet 1875.
Bibl. : Bouvier.- Biographie générale des Vosges, p. 425-426.
[Albert Ronsin]