1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
GÉLIOT (Nicolas), manufacturier et homme politique
Selongey, 24 mai 1805 - Plainfaing, 5 août 1873

Nicolas Géliot est encore très jeune quand il vient résider à Saint-Dié avec ses frères. Il fait ses études au collège de cette ville. Ses professeurs remarquent son intelligence et son esprit ouvert, pénétrant et curieux. Ses goûts le portent vers la mécanique. Il complète ses connaissances dans le domaine en travaillant dans les ateliers de la maison Stehelin, de Bitschwiller-les-Thann.
Quand il revient dans les Vosges, la fabrication des métiers à tisser mécaniques et des multiples machines textiles produites par cette entreprise n’a plus de secret pour lui. Il décide donc de devenir manufacturier. En 1835, il fait construire à Habeaurupt, section de Plainfaing, une filature actionnée par une roue hydraulique dont le diamètre atteint 11,80 mètres. Quelques années plus tard, il crée une autre usine semblable à l’emplacement de la papeterie de Plainfaing. La filature qu’il fonde à Fraize à partir de 1857 est plus importante. Pendant ce temps, trois tissages sont édifiés suivant ses directives à Plainfaing. Quand tous ces travaux sont terminés, il est devenu l’un des principaux manufacturiers des Vosges. En 1860, ses usines renferment 32.000 broches et 684 métiers à tisser.
En 1848, Nicolas Géliot devient commandant de la Garde nationale, puis maire de Plainfaing. Au début du Second Empire, le préfet des Vosges note que l’on peut lui faire confiance. Il s’est donc rallié à Napoléon III. En 1855, il est élu conseiller général du canton de Fraize. Il conserve ce mandat jusqu’en 1870. A la suite de la disparition du baron de Ravinel, il est choisi comme candidat officiel pour le remplacer. Il est facilement élu député au Corps législatif dans la troisième circonscription des Vosges contre Charles de Ravinel, fils de son prédécesseur. Il est réélu député des Vosges les 23 et 24 mai 1869. Son mandat se termine le 4 septembre 1870.
A cette époque, en compagnie de Nicolas Claude et Edgar Aimé Seilllère, il milite pour que le gouvernement impérial abolisse le régime des importations temporaires qui entravent le fonctionnement des usines textiles vosgiennes. Il préside d’autre part le Comice agricole de l’arrondissement de Saint-Dié de mai 1868 à juin 1871. Les désastres occasionnés par la guerre de 1870-1871 le marquent cruellement. Sa santé s’altère et il est frappé d’apoplexie dans la nuit du 1er au 2 août 1873.
Marie-Rose Deparis, son épouse, lui donne les enfants suivants :
- Henri Géliot (juillet 1842 - janvier 1899), directeur des Établissements Flageollet à Vagney-Zainvillers, puis fondateur d’un important groupe textile à Saint-Étienne-lès-Remiremont,
- Adrien Géliot,
- Louis Géliot,
- Marie Berthe Géliot, épouse d’Émile Gillotin, capitaine du génie, puis directeur général des Établissements
N. Géliot et fils à Plainfaing.
Bibl. : Poull (G.).-
L’Industrie textile vosgienne 1765-1981, p. 329, 330, 379 et 380.