1889 —
Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier
GANIER (Henry).- Né à Lunéville le 27 juillet 1845, M. Ganier, après avoir été avocat, est devenu juge d’instruction au tribunal d’Épinal. Il est surtout connu comme un littérateur et un dessinateur de talent.
Artiste des plus distingués, il a illustré de nombreux et remarquables dessins : L’Histoire des milices d’Alsace et de Lorraine, dont il a fait le texte et les illustrations, en 1882 ; Récits et Légendes d’Alsace, en 1884, également texte et dessins ; Hatzhawerfavel, contes alsaciens, en 1885 ; La Chasse en Alsace, en 1887.
Il prépare actuellement la publication des Châteaux historiques des Vosges, dont il écrit le texte et qu’il illustre avec son talent accoutumé.
Il est officier d’Académie. Le 5 janvier 1889, il a été nommé juge au tribunal de Nancy.
Il a collaboré au présent ouvrage [Le Département des Vosges / Léon Louis] pour l’Archéologie préhistorique.
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
GANIER (Henry Marie), pseudonyme Tanconville, magistrat, écrivain, peintre
Lunéville, 27 juillet 1845 - Baume-les-Dames (Doubs), 20 septembre 1936
A l’issue de ses études de droit, Henry Ganier devient avocat au barreau de Colmar en 1868. Après la guerre de 1870, qu’il fait comme lieutenant au 2° bataillon des Mobiles du Haut-Rhin, il entre dans la magistrature : il est juge à Vouziers en 1873, puis à Toul et, en 1877, à Briey. Il est nommé juge d’instruction à Épinal le 15 mai 1879 et y demeure dix ans, avant d’être transféré au siège de Nancy où il exerce de 1889 à 1894. Il abandonne la magistrature, s’installe à Strasbourg et se consacre à l’écriture et au dessin qu’il signe Tanconville, nom du lieu d’une petite propriété qu’il possède dans la campagne de Lunéville. Il quitte Strasbourg en 1914 pour échapper à l’occupation allemande et s’établit à Genève, puis à Baume-les-Dames où il finira ses jours, après un nouveau séjour à Strasbourg en 1921-1922.
Il a publié de très nombreux ouvrages régionalistes et militaires toujours appréciés : Les Garnisons d’Alsace, costumes des régiments et des milices recrutés dans les anciennes provinces d’Alsace et de la Sarre... et Le Duché de Lorraine pendant les XVII° et XVIlI° siècles (Épinal, 1882), Les Alsaciens dans la garde impériale et dans les corps d’élite (Strasbourg, 1914).
Membre du comité du Passepoil, il y donne des articles illustrés sur l’uniformologie à partir de 1920. Il est aussi l’auteur de Chansons populaires alsaciennes, Récits et légendes d’Alsace (1884), Voyage aux châteaux historiques des Vosges (1889), Le Donon et ses vallées (1894). Il collabore également pendant 40 ans au Messager boiteux de Strasbourg.
Dessinateur de talent, il réalise des fresques pour les églises, illustre des cartes postales, illustre des affiches pour les compagnies de chemin de fer, des calendriers.
C’est à lui que l’on doit la reprise de la tradition des petits soldats de Strasbourg en figurines.
Ses deux fils furent officiers ; l’un fut tué en 1917, l’autre colonel d’artillerie.
Bibl. : Bouvier.- Biographie générale des Vosges, p. 418.
Dictionnaire de biographie française, publié sous la dir. de M. Prévot, Roman d’Amat, H. Tribout de Morambert, Paris : Letouzey (lettres A-H parues de 1928 à 1989), tome XV, col. 344-345.
Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, p. 1111.
[Albert Ronsin]