1889 —
Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier
FOREL (Carlos Pierre Louis Joseph).- Né à Nancy le 27 octobre 1795, neveu du maréchal Lobau, Carlos Forel devint, en 1825, gendre de Nicolas Koechlin, le grand industriel mulhousien, dont il fut ensuite l’associé ; il fut adjoint au maire de Mulhouse.
Il fonda dans les Vosges d’importants établissements industriels et, fidèle aux doctrines libérales, il se présenta, en 1846, dans l’arrondissement de Remiremont, comme candidat de l’opposition et échoua. Représentant du peuple des Vosges à l’Assemblée Constituante, le 23 avril 1848, le troisième sur 11, par 69 616 voix, il vota avec le parti républicain modéré. Réélu représentant du peuple des Vosges à l’Assemblée Législative, le 13 mai 1849, le neuvième sur 9, par 18 435 voix, il fut proscrit au 2 décembre 1851 et rentra dès lors dans la vie privée.
Carlos Forel est mort à Rupt en octobre 1871.
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
FOREL (Carlos Pierre Louis Joseph), ingénieur et homme politique
Nancy, 26 octobre 1795 - Paris, 28 janvier 1872
Carlos Forel est le fils de Joseph Forel, négociant et de Catherine Mouton. Il est aussi le neveu de Georges Mouton, comte de Lobau, général de brigade, aide de camp de Napoléon Ier, puis maréchal et pair de France. A l’issue de ses études, il est inquiété en raison de ses opinions politiques en 1820. Pour se faire oublier, il entreprend un long voyage aux Indes et dans divers autres pays. Cinq ans plus tard, à Mulhouse, il épouse la fille d’un grand industriel alsacien, Nicolas Koechlin, dont il devient l’associé. L’établissement de la première ligne de chemin de fer de l’est de la France, Mulhouse-Thann, inaugurée en 1838 et la construction d’une autre voie ferrée en Angleterre figurent parmi les grands travaux qu’ils ont entrepris en commun.
Quand il juge son avenir assuré, Carlos Forel se lance dans la politique. Il devient conseiller municipal de Mulhouse, puis maire-adjoint de cette ville dès 1830. Il est tout d’abord battu quand il se présente à la députation comme candidat de l’opposition dans l’arrondissement de Remiremont où réside maintenant sa famille, en 1846. Au cours de l’année suivante, il est l’un des promoteurs du fameux banquet réformiste de Colmar. Le 23 avril 1848, il est enfin élu représentant du peuple dans la circonscription de Remiremont avec 69.432 voix. Il siège naturellement à gauche et il fait partie du Comité du travail. Il vote habituellement avec les Républicains modérés. Il est réélu à l’Assemblée législative dans le même arrondissement le 13 mai 1849. Il prend place cette fois parmi les membres de la minorité démocratique qui combat la politique de l’Élysée. Quand Jules Grévy s’oppose violemment au projet de loi tendant à désigner le président de la République au suffrage universel, il est l’un des premiers à le soutenir en déclarant que le chef de l’État élu de cette manière serait plus puissant qu’un roi et pourrait aspirer à la dictature.
Le journal de gauche Le Peuple vosgien nous a conservé le souvenir des manifestations de sympathie dont il est l’objet de la part de ses électeurs le dimanche 18 août 1850. Venant de Plombières où il est allé rendre visite à sa mère, il est ovationné par les républicains de Remiremont dès son arrivée dans cette ville. La musique de la Garde Nationale se réunit spontanément pour lui donner une aubade ; bientôt les acclamations de la foule sont couvertes par les accents de la Marseillaise et du Chant du départ. De jeunes ouvriers de Remiremont viennent présenter à leur député un magnifique bouquet. Celui-ci les remercie et leur fait entendre de bonnes et encourageantes paroles, auxquelles ils répondent par les cris de Vive la France.
Carlos Forel est proscrit après le Coup d’État du 2 décembre 1851. Il se réfugie en Belgique. Rentré en France après le vote de la loi d’amnistie, il partage son temps entre Mulhouse, Rupt et Remiremont. Il a épousé en premières noces le 23 février 1825, Laure Koechlin, qui disparaît sans avoir eu d’enfant. Le 25 novembre 1834, il se remarie à Remiremont avec Eugénie Noël, originaire de cette ville, qui lui donne un fils et une fille.
Bibl. : Poull (G.).- Georges Napoléon Forel, sa famille et sa descendance, in Le Pays de Remiremont, N°4, 1961, page 22.
[Georges Poull].