Jean-Louis DUMAS

[ Paris ? (75), 1727 – Clisson (44), 22/09/1793 ]

général de brigade

Biographie vosgienne

1889 — Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier

DUMAS (Jean-Louis).- Le général Dumas n’est pas Vosgien, mais il a été tué à la tête d’un bataillon des Vosges dont il était le chef.

Il était né à Paris en 1727 et avait d’abord servi aux chevau-légers d’Artois de 1745 à 1763, puis il était passé dans la gendarmerie et se retira simple gendarme en 1782, après 33 ans de services. Le 29 août 1791, bien qu’il eut dépassé la soixantaine, il s’engagea comme volontaire et fut élu lieutenant-colonel en second du 3e bataillon de volontaires des Vosges que commandait Haxo. Il prit part au siège de Mayence, fut nommé lieutenant-colonel en second du 3e bataillon, le 29 juin 1793, et le conduisit en Vendée.

Le 22 septembre 1793, au combat de Clisson, le convoi de blessés qu’il escortait fut attaqué avec vigueur par les Vendéens ; Dumas résista intrépidement et fut tué glorieusement les armes à la main. La Convention, pour récompenser sa mort héroïque, lui décerna comme hommage posthume, le titre de général de brigade.

1973 — La Liberté de l’Est

Châtel-sur-Moselle

Notre général Dumas
qui n’était de nulle part
et passa général après sa mort


Il y avait à Châtel à l’époque de la Révolution un vieil officier retraité du nom de Jean-Louis Dumas. Où était-il né et à quelle date ? Il déclarait lui-même ne rien savoir. La plupart des biographes le disent né dans les troupes.

Des 1745, il était soldat aux Chevau-légers d’Artois. Il fit les campagnes de Flandre (1745 à 1748), d’Allemagne (1757 à 1762), passa fourrier en 1759, porte-étendard en 1761, sous-brigadier en 1762 avec rang de lieutenant de cavalerie. Son régiment ayant été réformé à la fin de la guerre, il s’enrôla dans les Gendarmes bourguignons, y devint brigadier avec rang de capitaine, puis maréchal des logis, et se retira en 1782 avec la croix de Saint-Louis qui récompensait les vieux braves, et une pension de 800 livres.

Quand fut levé, en 1791, le troisième bataillon de volontaires des Vosges, il en fut élu lieutenant-colonel en second, à l’âge de 64 ans, aux côtés du lieutenant-colonel Haxo, d’Etival, qui mourut général et auquel la Convention décerna les honneurs du Panthéon.

Ce bataillon comprenait huit compagnies formées de volontaires des districts de Rambervillers, Saint-Dié et Bruyères. Les capitaines et lieutenants de ces compagnies étaient soit de vieux soldats, tel Herbz, d’Épinal ; Guillet, de Rambervillers ; Henri, de Saint-Dié, soit des jeunes gens imberbes, tel le lieutenant Haxo fils, âgé de 16 ans ; Krantz, de Docelles, 21 ans ; Pierson, de Moyenmoutier, 22 ans…

Rassemblés à Rambervillers le 28 août 1791, les 569 volontaires des trois districts furent organisés en bataillon le lendemain et passé en revue le 30 par le maréchal de camp de Franc d’Anglure, vieil aristocrate patriote dont la noblesse remontait aux croisades. Le 4 octobre, on était en route pour Obernai et en décembre le bataillon était à l’armée du Rhin.

Jean-Louis Dumas participa avec les Vosgiens à la défense de Mayence. Nos soldats furent de toutes les sorties de la garnison assiégée jusqu’à la capitulation du 23 juillet, date à laquelle Dumas était, depuis le 29 juin, lieutenant-colonel en premier.

Le troisième bataillon fut alors dirigé sur Nancy, de là à Tours, enfin à Nantes où il établit son dépôt. Il entra en campagne contre les Vendéens avec l’armée de l’Ouest.

Nos Vosgiens étaient au plus fort de la bataille. Le Conseil de guerre vendéen, prétendant que les défenseurs de Mayence violaient les termes de la capitulation (1) en continuant à combattre, avait décidé qu’on ne ferait pas de prisonniers. C’était la guerre totale. Le 9 septembre, le 3e bataillon est à l’affaire du camp d’Arragon, le 12 à l’attaque du Palais, près de Nantes et le 22 au combat de Clisson. Cette position était occupée par les républicains, mais le général Canclaux fut obligé de l’évacuer sous le harcèlement des forces adverses. Au cours de la bataille, les Vendéens surprirent les ambulances de l’armée de Mayence et égorgèrent tout le monde, conducteurs et blessés. Pendant le combat, le 3e bataillon des Vosges perdit 66 hommes, un officier et son lieutenant-colonel (2).

Le brave Dumas était mort, mais la Convention n’en savait rien, et elle le nomma général de brigade, par décret du conseil provisoire exécutif, le 29 octobre 1793.

Jean-Louis Dumas, qui ne savait pas le lieu de sa naissance, mourut donc sans savoir qu’il allait devenir général.

Jean Bossu.

(1) L’article 2 de la capitulation donnait les honneurs de la guerre à la garnison et des vivres pour la route à condition qu’elle ne s’engage à ne point servir durant un an contre les armées des puissances alliées. C’est pourquoi l’armée de Mayence combattit, non les alliés, mais les insurgés de Vendée.

(2) La 1ère compagnie, commandée par Brault, de Sainte-Hélène, et la 3e, par Souhait, de Saint-Dié, n’ayant pas été à Mayence, ne faisaient pas encore partie de l’armée de l’Ouest et ne combattirent pas à Clisson.


[La Liberté de l’Est, janvier 19]

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

DUMAS (Jean-Louis), général de brigade

? - Clisson, 22 septembre 1793

Le futur général Dumas ne savait pas lui-même où il était né. Ses biographes indiquent qu’il a vu le jour dans les troupes. Dès 1745, il sert dans les chevau-légers d’Artois. Jusqu’en 1748, il combat dans les Flandres. Il effectue la campagne d’Allemagne de 1757 à 1762. Fourrier en 1759, puis porte-étendard en 1761, il est nommé sous-brigadier avec rang de lieutenant de cavalerie en 1762. Quand son régiment est réformé à la fin de la guerre, il s’engage dans les Gendarmes bourguignons, il est promu capitaine, puis maréchal des logis. Il quitte le service en 1782, après avoir obtenu la croix de Sain-Louis et une pension de 800 livres.
Quand le 3° bataillon des volontaires des Vosges est levé en 1791, il reprend du service avec le grade de lieutenant-colonel en second. Il est placé sous les ordres du Lieutenant-colonel Haxo, d’Étival. Ce bataillon comprend huit compagnies formées avec les volontaires des districts de Rambervillers, Saint-Dié et Bruyères. Rassemblés dans la première de ces villes le 28 août 1791, ils sont passés en revue le 30 par M. de Franc d’Anglure, maréchal de camp. En décembre, ces 569 volontaires rejoignent l’Armée du Rhin.
Au cours des semaines qui suivent, le 3° bataillon est dirigé sur Nancy ; il rejoint ensuite Tours, puis Nantes où il établit son dépôt. Il entre bientôt en campagne contre les Vendéens avec l’Armée de l’Ouest. Le 9 septembre, il participe à l’affaire du camp d’Arragon, le 12 à l’attaque du Palais, près de Nantes, et le 22 au combat de Clisson. C’est la guerre totale, car le Conseil de guerre vendéen, prétendant que les défenseurs de Mayence violaient les termes de la capitulation en continuant à combattre, avaient décidé qu’on ne ferait pas de prisonniers. Au cours de cette dernière bataille, les ambulances de l’armée de Mayence sont surprises par les troupes vendéennes qui égorgent tout le monde, conducteurs et blessés. Le 3° bataillon des Vosges perd ainsi 66 hommes, un officier et Jean-Louis Dumas, son lieutenant-colonel. La Convention est informée tardivement de sa disparition. Le 29 octobre 1793, elle le nomme général de brigade par décret de son Conseil provisoire exécutif.


Bibl. : Six (G).- Généraux de la Révolution... , tome I, p. 392.
Renseignements recueillis auprès de M. Jean Bossu, historien d’Épinal, en 1956.


[Georges Poull].

Nouvelle recherche