Christophe DENIS

[ Domèvre-sur-Durbion (88), 24/04/1742 – Épinal (88), 27/09/1813 ]

géomètre, notaire

Maire d’Épinal (1800-1802).

Biographie vosgienne

1889 — Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier

DENIS (Christophe).- Il était notaire royal et procureur à Épinal, depuis 1770, au moment de la Révolution.

Il fut choisi pour secrétaire-général, le 1er juillet 1790, lors de la constitution du département des Vosges et exerça ces fonctions pendant toute la Révolution.

Il devint ensuite président de l’administration municipale d’Épinal.

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

DENIS (Christophe) , secrétaire général du département, maire d’Épinal

Domèvre-sur-Durbion, 24 avril 1742 - Épinal, 27 septembre 1813

Il aide son père Joseph, régent d’école, pendant quelques années comme sous-maître, puis devient commis-greffier de la maîtrise des Eaux-et-Forêts d’Épinal. Le 15 décembre 1768, il est nommé procureur au bailliage d’Épinal. En 1771, il devient géomètre au bailliage. De 1774 à 1776, il dresse le plan de la ville d’Épinal. Toujours en 1771, il est reçu notaire, fonction qu’il exerce jusqu’en 1805. En 1789, il participe, comme représentant de la corporation des procureurs, à la rédaction du cahier de doléances du Tiers-État de la ville d’Épinal et fait partie de la délégation qui le porte au bailliage. Au même moment, il entre dans la nouvelle municipalité comme notable.

Cet administrateur né, devient, le 10 juillet 1790, secrétaire du département. Mais le 4 floréal an II (1794), il doit choisir entre sa fonction de secrétaire du département et sa charge de notaire. Il opte pour cette dernière, tandis que son fils Fauste Denis lui succède à la tête de l’administration départementale. Il reporte alors toute son activité sur la Société des Amis de la Constitution, créée en avril 1791 et qui se prolonge jusqu’en 1795. Dans cette filiale spinalienne du Club des Jacobins, il est tour à tour président, membre et secrétaire et n’en manque jamais une séance. Il est également membre du "Comité révolutionnaire".

S’il adhère ainsi pleinement au mouvement révolutionnaire, il se garde bien par ailleurs d’en suivre les excès, montrant toujours une attitude débonnaire et modérée. Il joue un rôle important au Comité d’instruction publique du club, puis au Comité de bienfaisance et d’instruction. Il fait envoyer à toutes les communes du district d’Épinal une circulaire rappelant l’obligation (en fait bien théorique) d’envoyer aux écoles primaires les enfants des deux sexes. Les questions sociales le préoccupent beaucoup : il renonce à l’organisation d’un banquet populaire pour ne pas insulter à la misère du peuple et réclame l’achat de grains pour secourir les indigents. S’il achète quelques biens nationaux c’est pour se constituer un petit patrimoine et se mettre à l’abri de la dépréciation des assignats. Ses interventions en faveur des particuliers menacés par l’exécution des lois révolutionnaires sont multiples et lui valent une réelle popularité.

Le 25 brumaire an IV (1796), il entre dans l’administration municipale et devient maire d’Épinal de 1797 à 1803. En tant que tel, il lui revient l’honneur d’accueillir la citoyenne Bonaparte, lors du voyage que Joséphine effectue aux eaux de Plombières en 1798. Sous l’Empire, il se retire de la vie publique mais son penchant irréversible pour les contacts humains ramène à se faire recevoir franc-maçon. Il devient orateur de la loge La Parfaite Union en 1802. En 1925, le conseil municipal d’Épinal donnait son nom à une rue de la ville en souvenir de celui qui en fut le premier maire moderne.


Bibl. : Bossu (Jean).- Chronique des rues d’Épinal, tome 1, p. 50-53.


[Pierre Heili].

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