1879 —
Biographie alsacienne-lorraine / A. Cerfberr de Médelsheim
MIRECOURT Eugène JACQUOT, dit de.- Publiciste, né à Mirecourt le 19 novembre 1812 ; après avoir fait ses études au petit séminaire, il s’établit maître de pension à Chartres, puis embrassa la carrière d’homme de lettres où il se fit laborieusement un nom retentissant par sa Biographie des Contemporains, oeuvre souvent mordante, quelquefois indiscrète, toujours curieuse et intéressante, qui lui attira maint procès et de nombreuses inimitiés ; on se rappelle à ce sujet les noms d’Alexandre Dumas, de Mirès, etc.
M. de Mirecourt a fourni, en outre, à la librairie, aux journaux, aux théâtres, avec ou sans collaborateurs, une foule de travaux variés qui accusent une grande fécondité ainsi qu’une vie agitée.
1889 —
Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier
MIRECOURT (Eugène JACQUOT, dit Eugène de).- Né à Mirecourt le 19 novembre 1812, il se destina à l’état ecclésiastique, puis y renonça et se fit maître de pension à Chartres.
En 1838, il abandonna cette profession et se fit homme de lettres ; il a publié alors un certain nombre de romans et de nouvelles. Citons seulement La Lorraine, 3 volumes parus à Nancy en 1839, en collaboration avec F. S. Leloup de Charroy, dit Leupol. On peut encore signaler Les Confessions de Marion Delorme, 4 volumes en 1848, et les Mémoires de Ninon de Lenclos, en 1852.
Mais il s’est surtout fait connaître par une série de petites biographies contemporaines, sous ce titre : Silhouettes contemporaines, où sa plume souvent indiscrète, parfois agressive, souleva de très vives réclamations. Retiré dans un couvent, à Haïti, il s’y fit recevoir prêtre.
Il y est mort, le 13 février 1880.
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
JACQUOT (Charles Jean Baptiste) dit Mirecourt (Eugène de), homme de lettres
Mirecourt, 19 novembre 1812 - Paris ?, 13 février 1880
Né au sein d’une famille d’artisans de père en fils : maréchal-ferrant pour l’arrière-grand-père, aubergiste pour le grand-père et boulanger pour le père, Charles Jacquot a une mère au coeur royaliste et fidèle qui le destine à la prêtrise. Après ses études au séminaire, il ne supporte pas cette perspective et, parti pour rejoindre le monastère de La Trappe, il s’installe en fait à Paris mais ses insuccès littéraires le poussent à prendre, à Cherbourg, une place de précepteur, qu’il quitte vite pour s’établir maître de pension à Chartres en 1838 où il épouse une fille du garde national Tabourier.
Grand lecteur de Hugo, il revend bientôt son institution pour revenir à Paris lors de la publication de son premier ouvrage Sortir d’un rêve (2 vol.) qui paraît sous le pseudonyme d’Eugène de Mirecourt. Mais le succès n’est pas là et c’est à Nancy qu’il vient s’installer et fonde avec Leloup de Charroy, alias Leupol, le journal La Lorraine, 1839-1840, 3 volumes, dans lequel il donne des notices sur les antiquités, les légendes, des descriptions de sites et des histoires des hommes célèbres. De retour à Paris en 1840, il publie La Famille d’Arthenay, en 1841 Le Lieutenant de la Minerve et bientôt ses romans paraissent en feuilletons dans Le Globe, Le Commerce, La Patrie, et retiennent l’attention des critiques.
Il fait circuler deux textes contre la méthode de fabrication des romans d’Alexandre Dumas en 1845, ce qui le fit condamner à 15 jours de prison. En 1847, le Théâtre Français joue Mme de Tencin et les Variétés, en 1853, donne La Table tournante, expérience de magnétisme. Il écrit aussi pour les journaux des romans à thème historique : La Fille de Cromwell, Les Confessions de Marion Delorme (1849), Les Mémoires de Ninon de Lenclos (1854).
Il doit son succès à la série Les Contemporains, 100 volumes publiés de 1854 à 1858, qui sont autant de biographies satiriques des célébrités de la politique, de la littérature et des arts. Les portraits sont simplement piquants lorsqu’il s’agit de personnalités conservatrices et ultras, et très féroces pour celles qui ont des tendances libérales. Cette série connaît plusieurs rééditions, dont la dernière de 1867 à 1872.
Elle constitue une peinture de moeurs du Second Empire et lui vaut souvent de grandes inimitiés et des procès qui le contraignent à quitter Paris pour Mirecourt où il publie Avant, pendant et après la Terreur (1865 ), nettement réactionnaire.
Il est sous-lieutenant de la garde nationale à Mirecourt durant la guerre de 1870.
Il retrouve la vocation refusée pendant l’adolescence. Déjà auteur en 1865 d’un Dictionnaire des sciences catholiques, il se fait prêtre en 1872 et se fixe à Haïti.
De retour en 1877, il publie sous le pseudonyme d’Ed. Armel de Kervant 1789 et son histoire et Voltaire, ses hontes, ses crimes, ses oeuvres et leurs conséquences sociales.
Il meurt à Paris ou, selon certains biographes, à Ploërmel (Morbihan).
Bibl. : Jacquot (Michel J.).- Un centenaire oublié, Eugène de Mirecourt, homme de lettres, in Bulletin de la Société Philomatique Vosgienne, 1981, vol. 84, p. 143-147.
Cordier (Marcel).- Eugène de Mirecourt, in Cahiers Vosgiens, N° 42, 1980.
Bouvier.- Biographie générale vosgienne, p. 476.
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Albert Ronsin
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