Jean Baptiste VALENTIN DE LA PELOUSE

[ Bruyères (88), 20/07/1777 – Paris (75), 19/02/1858 ]

journaliste

Biographie vosgienne

1866 — Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien

VALENTIN DE LA PELOUSE (Jean-Baptiste), naquit à Bruyères, le 20 juillet 1777.

C’est à l’abbé Georgel qu’il dut son instruction. Appelé à l’école de Mars, il fut un des élèves-instructeurs de haut mérite, mais il ne put suivre la carrière des armes, à cause de sa vue faible. Il entra dans l’administration. La comptabilité de la loterie lui fut confiée. Il appliqua à cette grande affaire la méthode de partie double, alors peu connue, et mal mise en usage. Il étonna tellement tous les chefs des grandes administrations, que le Gouvernement ordonna que la méthode de Valentin serait adoptée pour toutes les affaires de l’État, et la Cour des Comptes elle-même reconnut la supériorité du système de Valentin.

La jalousie vint bientôt se venger de la gloire de Valentin ; pendant les Cent-Jours, ce savant chiffreur perdit sa place. Il était alors capitaine de la garde nationale. Ses grenadiers, en apprenant sa disgrâce, se transportèrent chez lui et lui firent jurer de ne pas donner sa démission ; cependant on voulut lui retirer aussi ses épaulettes, mais en présence de l’opposition de tous les hommes qu’il commandait, le Gouvernement n’insista plus.

Rédacteur du Courrier français, en 1821, il se fit un nom comme écrivain et une réputation comme homme politique. Valentin a subi sous la restauration, au sujet de ce journal, 22 procès particuliers, trois procès de tendance, plusieurs fois la prison et payé plus de 80 000 francs d’amende. Ce fut lui qui le 28 juillet, provoqua le célèbre jugement du tribunal de commerce, qui déclara les ordonnances illégales et attentatoires à la Charte. Ce fut chez lui et par lui que la réorganisation de la garde nationale eut lieu. Il refusa de Lafayette le grade de colonel : Je veux voir, répondit-il. Quelque temps après, il accepta le grade de chef de bataillon, mais en 1832, il se retira quand il vit le pouvoir s’écarter de la ligne qu’il s’était tracée. Valentin avait un caractère antique.

1881 — Voyages dans les Vosges / Charles Chapiat

PELOUZE Valentin DE LA.- [Né à Bruyères]. Publiciste de renom, né en 1777.

1889 — Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier

VALENTIN DE LA PELOUZE (Jean-Baptiste).- Né à Bruyères le 20 juillet 1777, il était fils de François Thomas Valentin, commandant de la garde nationale de Bruyères et secrétaire du district sous la Révolution.

Parti avec la levée en masse en 1793, comme officier de volontaires vosgiens, il fut reçu l’année suivante élève à l’École de Mars, établie dans la plaine des Sablons, à Neuilly. En 1795, il partait comme secrétaire aide de camp du général Férino, dont il devait plus tard devenir le beau-frère. Le 19 juin 1796, il devint chef de bureau au district de Bruyères et secrétaire de l’administration du canton de Docelles, jusqu’en septembre 1797. Il devint alors employé à la trésorerie du payeur général des Vosges jusqu’en mars 1798, et en novembre 1799, il était nommé chef de bureau de la comptabilité à la Loterie, poste qu’il conserva jusqu’à la Restauration.

Garde national de Paris en 1798, il le redevint le 8 janvier 1814, lorsqu’on réorganisa la milice citoyenne et fut nommé sous-lieutenant du 1er bataillon de la 1ère légion le 10 avril 1814, en récompense de sa belle conduite à la défense de Paris, le 30 mars 1814, où il avait ramené des tirailleurs qui battaient en retraite à l’embranchement des routes de Clichy et de la Révolte. Capitaine des chasseurs du 1er bataillon de la 1ère légion, il reçut l’ordre de l’Étoile, spécial à la garde nationale parisienne, et fut aussi nommé chevalier de l’Ordre du lys.

Gérant du Courrier Français, le plus important journal libéral de la Restauration, il s’y fit remarquer et encourut de nombreuses condamnations. Ce fut lui qui, en juillet 1830, prit l’initiative de la fameuse protestation des journalistes que signèrent Thiers, Armand Carrel, Guizot, Rémusat, et qui amena la Révolution de Juillet 1830. Il reprit le commandement de sa compagnie de chasseurs de la garde nationale dissoute depuis le 29 avril 1827 et réorganisa activement la légion. Le 4 juin 1831 il fut nommé chef du 1er bataillon de la 1ère légion, mais il donna sa démission en 1832 pour ne pas paraître approuver certains actes du gouvernement de Louis-Philippe.

Il mourut à Paris le 19 février 1858.

Sa fille unique a épousé M. Reynaud de Barbarin, conseiller-maître à la cour des comptes, mort le 19 juin 1871.

Son petit-fils est M. Arsène Denis Olivier Reynaud de Barbarin, né à Paris le 2 juin 1833, capitaine de vaisseau le 19 août 1877, prématurément admis à la retraite, et officier de la Légion d’honneur.

M. Félix Bouvier est son petit-neveu.

Les deux autres frères de Valentin de la Pelouze sont Valentin (Louis Hippolyte), né à Bruyères, directeur de l’Enregistrement, mort à Bruyères, le 2 avril 1848, et Valentin (Augustin), né aussi à Bruyères, le 9 novembre 1781, percepteur de Remiremont du 12 mars 1831 à sa mort, en 1851.

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

VALENTIN DE LA PELOUSE (Jean-Baptiste) , journaliste
Bruyères, 20 juillet 1777 – Paris, 19 février 1858


Il est le fils de François Thomas Valentin, commandant de la Garde nationale du district et secrétaire du district de Bruyères durant la période révolutionnaire. Jean-Baptiste s’engage à l’âge de 16 ans en 1793 lors de la levée en masse, à l’imitation de son frère aîné Nicolas François (né en 1769), lieutenant à la 7ème compagnie de volontaires vosgiens, puis capitaine à la 173e demi brigade en 1794. Reçu en 1794 élève à l’École de Mars, à Neuilly, Jean-Baptiste part en campagne en 1795 comme secrétaire du général Férino, mais doit renoncer à l’armée à cause de sa vue trop faible.

Le 19 juin 1796, il est de retour à Bruyères, devient chef du bureau du district et secrétaire du canton de Docelles jusqu’en 1797. Il est alors employé à la trésorerie générale des Vosges jusqu’en mars 1798, puis est nommé à Paris chef du bureau de la comptabilité de la loterie en novembre 1799, emploi qu’il conserve jusqu’à la Restauration en 1814. Il y a introduit la comptabilité en partie double, inconnue dans les administrations.

Garde national de Paris en 1798-1799, il le redevient en 1814 et est promu sous-lieutenant au 1er bataillon de la 1ère légion en raison de sa conduite lors de la défense de Paris le 30 mars 1814. Il est ensuite nommé capitaine des chasseurs dans la même unité jusqu’à sa dissolution en 1827.

Il entre ensuite dans la presse en devenant rédacteur en 1821, puis gérant du Courrier français, le principal journal libéral de la Restauration, ce qui lui vaut 25 procès et plusieurs condamnations, dont trois à la prison pour délit d’opinion. Il est à l’origine, le 28 juillet 1830, de la protestation des journalistes signés par Thiers, Armand Carrel, Guizot et Remusat, contre les ordonnances de Charles X, qui amène la Révolution de juillet.

Jean-Baptiste Valentin de La Pelouse, qui réorganise la garde nationale supprimée en 1827, reprend le commandement de sa compagnie reconstituée et le 4 juin 1831, est promu chef du 1er bataillon de la 1ère légion. Il démissionne en 1832, en désaccord avec la politique de Louis-Philippe.

De son mariage, il a une fille qui épousera Reynaud de Barbarin, conseiller maître à la Cour des Comptes. Leur fils sera officier de marine.

Quant à ses frères, Lainé, l’officier Nicolas François, devient administrateur du district de Bruyères en 1795, Louis Hippolyte sera directeur de l’enregistrement (décédé en 1848), Augustin (1781-1851) sera percepteur à Remiremont.


Bibl. : Bouvier.- Biographie générale vosgienne, p. 522-523. Le Vosgien.- Le Général Humbert, Notices biographiques, p. 529-530.


[Albert Ronsin]

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