1889 —
Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier
VALENTIN DE LA PELOUZE (Jean-Baptiste).- Né à Bruyères le 20 juillet 1777, il était fils de François Thomas Valentin, commandant de la garde nationale de Bruyères et secrétaire du district sous la Révolution.
Parti avec la levée en masse en 1793, comme officier de volontaires vosgiens, il fut reçu l’année suivante élève à l’École de Mars, établie dans la plaine des Sablons, à Neuilly. En 1795, il partait comme secrétaire aide de camp du général Férino, dont il devait plus tard devenir le beau-frère. Le 19 juin 1796, il devint chef de bureau au district de Bruyères et secrétaire de l’administration du canton de Docelles, jusqu’en septembre 1797. Il devint alors employé à la trésorerie du payeur général des Vosges jusqu’en mars 1798, et en novembre 1799, il était nommé chef de bureau de la comptabilité à la Loterie, poste qu’il conserva jusqu’à la Restauration.
Garde national de Paris en 1798, il le redevint le 8 janvier 1814, lorsqu’on réorganisa la milice citoyenne et fut nommé sous-lieutenant du 1er bataillon de la 1ère légion le 10 avril 1814, en récompense de sa belle conduite à la défense de Paris, le 30 mars 1814, où il avait ramené des tirailleurs qui battaient en retraite à l’embranchement des routes de Clichy et de la Révolte. Capitaine des chasseurs du 1er bataillon de la 1ère légion, il reçut l’ordre de l’Étoile, spécial à la garde nationale parisienne, et fut aussi nommé chevalier de l’Ordre du lys.
Gérant du
Courrier Français, le plus important journal libéral de la Restauration, il s’y fit remarquer et encourut de nombreuses condamnations. Ce fut lui qui, en juillet 1830, prit l’initiative de la fameuse protestation des journalistes que signèrent Thiers, Armand Carrel, Guizot, Rémusat, et qui amena la Révolution de Juillet 1830. Il reprit le commandement de sa compagnie de chasseurs de la garde nationale dissoute depuis le 29 avril 1827 et réorganisa activement la légion. Le 4 juin 1831 il fut nommé chef du 1er bataillon de la 1ère légion, mais il donna sa démission en 1832 pour ne pas paraître approuver certains actes du gouvernement de Louis-Philippe.
Il mourut à Paris le 19 février 1858.
Sa fille unique a épousé M.
Reynaud de Barbarin, conseiller-maître à la cour des comptes, mort le 19 juin 1871.
Son petit-fils est M.
Arsène Denis Olivier Reynaud de Barbarin, né à Paris le 2 juin 1833, capitaine de vaisseau le 19 août 1877, prématurément admis à la retraite, et officier de la Légion d’honneur.
M.
Félix Bouvier est son petit-neveu.
Les deux autres frères de Valentin de la Pelouze sont
Valentin (Louis Hippolyte), né à Bruyères, directeur de l’Enregistrement, mort à Bruyères, le 2 avril 1848, et
Valentin (Augustin), né aussi à Bruyères, le 9 novembre 1781, percepteur de Remiremont du 12 mars 1831 à sa mort, en 1851.