Paul Charles François Adrien Henri THIÉBAUT

[ Berlin (Allemagne), 14/12/1769 – Paris (75), 31/10/1846 ]

général de division

Biographie vosgienne

1866 — Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien

THIÉBAULT (Paul-Charles-François-Adrien-Henri-Dieudonné, baron), fils du précédent [Dieudonné THIÉBAUT], est né à Berlin, le 14 décembre 1769. Il vint en France avec son père, quitta la Prusse, et son premier soin fut de visiter le clocher du village de sa famille. Il voulut être Français, il l’était de cœur et d’âme ; dans tous ses actes, il se flattait d’être Vosgien. Grenadier de la garde parisienne en 1789, il sauva la vie à huit gardes du corps ; le 10 août, il sauva plusieurs personnes de la fureur du peuple. Le 16 novembre, il fut nommé sergent. A partir de cette époque il gagna tous ses grades sur le champ de bataille, jusqu’à celui de général de division.

Thiébault n’était encore que chef de bataillon, lors de l’attaque de Capoue, où il demeura 54 heures sous le feu continuel de l’ennemi. En le voyant debout, tout noir de poudre et de boue, la tête nue et les cheveux en désordre, le pistolet au poing et la moitié de son épée à la main, le général Duham lui dit, en l’embrassant : Voilà la porte par laquelle on arrive aux grades élevés.

En 1779, après le terrible et sanglant combat de Viarreggio, Masséna alla droit à Thiébault, dont l’uniforme était en désordre, et lui dit en lui serrant la main : La mort n’a donc pas voulu de nous ?

C’est à la prise du fort de Guezzi que Thiébault fut nommé général de division. En 1805, il fit partie de la Grande-Armée ; c’est sous ses ordres que 3 500 Français soutinrent la lutte acharnée, pendant sept heures contre 20 000 ennemis et qu’ils enlevèrent à la baïonnette le village de Prutzen, prirent 42 pièces de canon et coupèrent l’armée autrichienne. Au dire du chef de l’état-major autrichien, ce haut fait d’armes fut cause de la défaite de l’armée et de la victoire des Français. Il fut nommé gouverneur du pays de Felde, les habitants lui offrirent un sabre d’honneur. Il passa ensuite en Portugal avec Junot. Napoléon l’appela, et après une audience particulière, Thiébault partit pour l’Espagne, où il fut nommé général de division.

Gouverneur de la Biscaye et de la Vieille Castille, il devint le bienfaiteur dé la contrée ; il embellit Salamanque et délivra tout ce pays des guérillas et de l’anarchie. Avec 3 000 fantassins et 1 500 cavaliers, il repoussa l’arrière-garde de Wellington, forte de 15 000 hommes. Il ne manqua pas une seule bataille, un seul combat jusqu’en 1814, où il fut mis en non activité. Il fut rappelé en 1815 et commanda plusieurs départements, où il se fit admirer comme administrateur. Le baron Thiébault cultivait les sciences et les arts, et c’est à lui que l’on doit la découverte de la mine de sel gemme de Vic.

Thiébault, dans toutes les circonstances de la vie, a été à la hauteur de toutes les hautes positions que son talent et sa valeur lui ont méritées. Il est mort en 1846.

1889 — Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier

THIÉBAULT (Paul Charles François Adrien Henri Dieudonné, baron).- Fils du précédent [Dieudonné THIÉBAUT], le général Thiébault naquit à Berlin le 14 décembre 1769 ; il revint dans les Vosges avec son père.

Grenadier de la garde nationale parisienne en 1789, il part comme sergent dans un bataillon de volontaires de Paris et conquit tous ses grades en combattant. Chef de bataillon à Capoue en 1798, il excita l’admiration de l’armée par sa vaillance ; il se distingua encore en 1799 au combat de Viareggio.

Général de brigade le 30 avril 1800, il joua un rôle décisif à la bataille d’Austerlitz ; il fut en récompense nommé gouverneur de Fulda, puis devint général de division le 17 novembre 1808. Il combattit ensuite en Portugal avec Junot, et en Espagne, où il fut gouverneur de la Biscaye et de la Vieille-Castille.

Retraité en 1815, le général Thiébault est mort à Paris, le 31 octobre 1846.

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

THIÉBAUT (Paul, Charles François Adrien Henri Dieudonné, baron), général de division
Berlin, 14 décembre 1769 – Paris, 31 octobre 1846


Fils du Vosgien Dieudonné Thiébaut (voir à ce nom), il naît à Berlin pendant que son père y exerce les fonctions de professeur de français. Adolescent, il arrive dans les Vosges quand son père prend une place d’enseignant au collège d’Épinal. En 1789, il s’engage dans les grenadiers de la garde parisienne et passe sergent. En 1792, il est employé de ministère. Il s’engage à nouveau comme volontaire au bataillon de la butte des Moulins, est nommé sous-officier en novembre puis renvoyé pour raisons de santé.

L’année suivante, il est dans le régiment de Tournai et obtient en un mois les grades de lieutenant et de capitaine. Accusé d’être complice de Dumouriez, il est incarcéré en avril et mai 1793. Libéré, il rejoint le 24e bataillon d’infanterie et participe avec lui au combat des armées du Rhin et du Nord en 1793 et 1794. Il passe à l’Armée de l’Intérieur en 1795, puis à celle d’Italie comme adjoint aux adjudants généraux. Il est à la bataille de Rivoli en 1797. Nommé chef de bataillon en novembre 1797, il se distingue à l’attaque de Naples et devient adjudant général en 1799, général de brigade en 1801.

Rappelé en France, il exerce divers commandements jusqu’à son affectation à la Grande armée en 1805. Il est blessé à Austerlitz, devient chef d’état-major de Junot au Portugal en 1808 et passe général de division. Puis, en Espagne, il exerce les fonctions de gouverneur de province ou de chef d’état-major d’armée jusqu’en 1812. Après son congé, il sert à Mayence puis commande des divisions d’infanterie durant la campagne d’Allemagne. En non activité le 1er septembre 1814, il est rappelé en 1815 pour la défense de Paris, puis à Dijon durant les Cent Jours. À nouveau en activité en octobre 1815, il est rappelé à l’état-major en 1818. Retraité le 1er janvier 1825, il est réintégré dans le cadre de réserve en 1831 et mis en retraite définitive le 11 octobre 1834 et rédige ses Mémoires.

Il est nommé grand officier de la Légion d’honneur le 24 avril 1843. Son nom est inscrit sur l’Arc de Triomphe de l’Étoile.


Bibl. : Bouvier.- Biographie générale vosgienne, p. 517.
Six.- Dictionnaire biographique des généraux, p. 493-494.


[Albert Ronsin]

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