1866 —
Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien
SALM (Barbe de), abbesse de Remiremont. En 1751, la princesse Charlotte de Lorraine, abbesse de Remiremont, ayant voulu faire bâtir un nouvel hôtel abbatial, on trouva dans un caveau, un tombeau de plomb, dans lequel était le corps de Barbe de Salm, abbesse de Remiremont ; sur sa poitrine était une croix de plomb, sur laquelle étaient gravés le Pater, l’Ave Maria et le Credo.
Son épitaphe, gravée sur une lame de cuivre, portait :
Trois comtes ont été mes trois frères germains,
Dont l’un a gouverné la Lorraine province.
J’ai vu mon sang mêlé à la race d’un prince,
Et mes saumons se joindre aux trois oiseaux lorrains,
J’ai par vingt-deux ans en ce couvent abbesse
Fait sentir à mes sœurs l’odeur de charité.
Mais le ciel bienheurant pour jamais ma noblesse
M’a tiré par la mort en sa sainte cité
Le dernier mai 1602.
Beati qui in Domino moriuntur.
Elle était fille de Jean VIII, comte de Salm, et sœur de Jean IX, qui fut maréchal de Lorraine et gouverneur de Nancy ; Christine de Salm, sa cousine, épousa François II, duc de Lorraine, père de Charles IV.
On a trouvé dans le même tombeau le corps d’Agnès de Salm, abbesse de Remiremont, morte le 18 des Calendes de février l279.
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
SALM (Barbe de) , abbesse de Remiremont
? 1538 – Remiremont, 31 mai 1602
Fille de Jean VIII, comte de Salm, et de Louise de Stainville, elle fut d’abord pourvue de l’abbaye royale Notre-Dame du Lys à Dammarie (Seine-et-Marne) ; elle est ensuite choisie comme abbesse en 1580 par les chanoinesses de Remiremont en remplacement de René de Dinteville, décédée.
Imposée par son frère Jean IX, comte de Salm, maréchal de Lorraine, conseiller et ami écouté du duc de Lorraine Charles III, elle fait profiter son abbaye de cette haute protection. Son abbatiat coïncide avec le passage de l’abbaye de Remiremont sous l’influence directe du pouvoir ducal. Il marque aussi l’abandon des derniers vestiges de régularité par la suppression, après l’intitulé officiel de chapitre noble, de la mention d’appartenance à l’ordre de Saint-Benoît. Entre 1580 et 1586, elle partage son temps entre ces deux abbayes avant de résilier celle du Lys. Elle réside alors presque constamment à Remiremont.
Elle fait préparer de nouvelles châsses plus riches pour abriter les reliques des saints fondateurs, promulgue de nouvelles ordonnances de police pour la ville de Remiremont et fait appel à Sébastien Valdenaire, prieur d’Hérival, pour écrire l’histoire de son abbaye. Par son administration, elle protège la ville de la peste en 1588 et des invasions étrangères du baron de Lanques (1595) et du seigneur de Tremblecourt (1595) lors des guerres de religion. Elle désigne successivement comme coadjutrices Marguerite de Ludres, Humberte de Chastenet et Élisabeth Ringraff, sa nièce. Si elle ne put ou ne voulut s’opposer à l’extension des abus dans son abbaye, elle montra tout au moins par sa conduite personnelle l’exemple des vertus religieuses.
Avant sa mort, elle légua à son monastère un ostensoir, un calice en vermeil et 1000 écus. Inhumée dans la chapelle des Abbesses, sa sépulture fut retrouvée, mais malheureusement détruite, lors de la construction du nouveau palais abbatial de Remiremont en 1752.
[Pierre Heili]