1866 —
Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien
ROUYER (le baron Marie-François), frère puîné de François-Firmin et de Nicolas-François, lieutenant général, commandeur de la Légion d’honneur, chevalier de Saint-Louis et de la Couronne-de-Fer, est né comme ses frères, à Vouxey, canton de Châtenois, le 2 mars 1765.
Il était entré fort jeune au service de l’empereur d’Autriche. Lorsque la révolution française éclata, il était premier lieutenant de dragons au régiment de Joseph-Toscane ; il avait fait la campagne d’hiver de 1784, en Transylvanie, et celles de 1787-88-89 contre les Turcs. La guerre s’étant déclarée entre l’Allemagne et la France, Rouyer s’empressa de rentrer dans sa patrie, malgré les instances qui lui furent faites par l’Autriche. Il prit du service dans l’armée du Nord, et fut employé, pendant 1792 et 93, en qualité de capitaine dans le régiment d’Auxerrois, et ensuite adjoint aux adjudants-généraux. Au premier blocus de Charleroi, Rouyer, à la tête d’un peloton de dragons, trouva dans un village un régiment entier hollandais qu’il fit prisonnier, par suite d’un coup de main hardi et secondé par la fortune, sans même tirer un seul coup de fusil.
Il se distingua par un nouveau trait de courage à la bataille de Fleurus et dans nombre d’autres circonstances. Il fut continuellement employé depuis dans les armées de Sambre-et-Meuse, d’Allemagne, de Mayence et du Rhin, et après avoir mérité, par de nombreux exploits, les grades intermédiaires, il s’éleva à celui de général de brigade. Longtemps sous les ordres du général Marceau, il en fut l’ami particulier. Il commanda la 17e division de la Grande-Armée dans la campagne de 1805.
Devenu général de division, à la suite de la bataille d’Austerlitz, il fit des prodiges de valeur dans les campagnes de 1806 et 1807. Il servait en Espagne, sous le général Dupont, lorsque celui-ci fit la capitulation du mois de juillet 1808, que Rouyer refusa de signer. De retour en France, il fut envoyé dans le Tyrol en 1809, sous les ordres du maréchal Lefebvre, qu’il seconda puissamment dans toutes ses opérations. Il reçut du roi, en 1814, la croix de Saint-Louis. En 1815, il fut mis à la retraite, et en jouit paisiblement à Neufchâteau, où il se retira près de ses deux frères, avec son épouse et ses enfants, dont l’un est officier de cavalerie. Quoique le général Rouyer ait eu plusieurs chevaux tués sous lui dans les différentes affaires où il s’est trouvé, il n’a jamais été blessé dangereusement.
1881 —
Voyages dans les Vosges / Charles Chapiat
ROUYER.- Vouxey [est la] patrie des trois frères ROUYER :
- François Firmin, avocat, député, commandant des corps francs des Vosges ;
- Nicolas François, chevalier de Malte, secrétaire d’ambassade, né tous deux en 1760 ;
- Marie François, baron, général de division, né en 1765.
1889 —
Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier
ROUYER (Marie François, baron).- Frère des précédents [
François Firmin et
Nicolas François ROUYER], né à Vouxey le 2 mars 1765.
Il entra d’abord, comme beaucoup de Lorrains, au service de l’empereur d’Autriche et servit dans la cavalerie où il combattit contre les Turcs. Il refusa de marcher contre la France et prit même rang dans l’armée du Nord. Capitaine d’infanterie, puis adjoint aux adjudants-généraux, il se distingua par de nombreux traits de courage et de sang-froid. Colonel du 23e de cavalerie (cuirassiers), le 18 février 1794, puis adjudant-général (colonel d’état-major) en juillet suivant, il fut promu général de brigade, le 30 juillet 1799, et général de division, le 24 décembre 1805.
En 1805, il commandait à Austerlitz la 17e division d’infanterie, il figura aussi dans les campagnes de 1806 et de 1807, puis en Espagne en 1808, où il refusa d’adhérer à la capitulation du général Dupont à Baylen. En 1809, il combattit dans le Tyrol. Admis à la retraite en 1815, il se fixa à Neufchâteau.
Commandeur de la Légion d’honneur, il était aussi chevalier de Saint-Louis et de la Couronne de fer.
Le lieutenant-général baron Rouyer est mort à Harchéchamp le 10 août 1824.
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
ROUYER (Marie-François), général de division
Vouxey, 2 mars 1765 – Château de Harchéchamp, 10 août 1824
Frère [de François Firmin Rouyer]. Cadet volontaire dans les troupes impériales en 1783, il devient sous-lieutenant au régiment Joseph-Toscane-Dragons en 1786 et lieutenant en 1787. Il fait les campagnes contre les Turcs de 1784 à 1789. Dès que la Révolution éclate, il refuse de lier sa cause à celle des émigrés et rentre en France en qualité de capitaine au 12ème régiment d’infanterie.
Il fait les campagnes du Nord et de Belgique et reçoit le grade d’adjudant-général, chef de brigade le 12 avril 1794, et de général de brigade le 30 juillet 1799. Il est nommé général de division le 24 décembre 1805 après avoir, quelques jours auparavant, commandé la 17ème division d’infanterie à Austerlitz. Il figure aussi dans les campagnes de 1806 et 1807. En 1808, il est envoyé en Espagne et refuse d’adhérer à la capitulation du général Dupont à Baylen. En 1809, il combat dans le Tyrol. Le 15 mars 1814, il est fait baron d’Empire, mais son titre ne fut pas régularisé. En 1815 il est à la tête de la division de gardes nationales à l’armée de la Moselle.
Retraité en 1815, il se retire à Neufchâteau avec sa femme et ses enfants.
Il était chevalier de Saint Louis et de la Couronne de fer et commandeur de la Légion d’honneur. Son nom figure sur l’Arc de triomphe à Paris.
Bibl. : Six (G.).– Dictionnaire biographique des généraux, tome II, p. 403.
Le Vosgien.– Le général Humbert, notices biographiques, p. 508-509.
Bouvier.– Biographie générale vosgienne, p. 506-507.
[Pierre Heili]