Charlot DE DEUILLY RÉMOVILLE

[ ??, ?? – , 1419 ]

seigneur

Charlot, sire de DEUILLY.

Biographie vosgienne

1866 — Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien

REMOVILLE (Charles de Deuilly, seigneur de), né sur la fin du XVe siècle, se livra au brigandage.

Les évêques de Carcassonne et d’Evreux, ambassadeurs du roi Charles VI au concile de Constance, convoqués par le pape Jean XXIII, pour terminer le schisme de l’Église, tombèrent malheureusement entre les mains de Charles de Deuilly, seigneur de Removille, et de Henri de la Tour, chefs de bandits. Ils les arrêtèrent entre les bourgs de Void et de Foug, à deux lieues de Toul, tuèrent l’aumônier de l’évêque de Carcassonne et blessèrent plusieurs ecclésiastiques de leur suite ; ils dépouillèrent ces deux ambassadeurs et les conduisirent dans le château de Removille.

Henri de Ville, évêque de Toul, irrité de cet attentat commis dans son diocèse, contre des personnes sacrées, tant par leur caractère que par leur emploi, jeta, le 10 juillet 1414, un interdit sur son diocèse et fit cesser partout le service divin, prétendant, par ce moyen, obliger tous les princes et les seigneurs à prendre les armes, pour faire délivrer ces évêques prisonniers. Charles 1er, duc de Lorraine, joignit ses forces à celles des évêques de Metz, Tout et Verdun, et d’autres princes, et toutes ces troupes, sous le commandement du duc Charles, firent le siège du château de Removille, qui se rendit après douze jours d’attaque. Les bandits furent pendus, les biens saisis, la forteresse brûlée, ainsi que toutes les maisons que ces brigands possédaient dans les duchés de Lorraine et de Bar.

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

DEUILLY (Charlot, sire de)

...1404... - + en 1419

Charlot de Deuilly, fils de Perrin, sire de Deuilly, est encore écuyer quand, avec ce dernier, il ravage plusieurs localités du bailliage de Chaumont qui appartiennent à Hue de Bauffremont, sire de Bulgnéville. Il commande une petite troupe et multiplie les coups de mains à partir du château du Châtelet, situé près de Neufchâteau, qui lui sert de base de repli. Il agit pour le compte du duc de Lorraine et dans le cadre de la grande lutte qui, en France, oppose les Annagnacs aux Bourguignons. Un peu plus tard, il attaque à main armée l’abbaye de Flabémont, placée sous la garde du roi de France. L’abbé est enlevé, chargé de chaînes et quand il se décide enfin à résigner son bénéfice, il est mis à mort. Vers la même époque, Charlot de Deuilly et son frère Henri, écuyer, entreprennent plusieurs guerres privées. En 1409, le conflit qui les oppose à Hue de Bauffremont n’est pas terminé. D’un autre côté, ils ont l’intention de venger la mémoire de leur père et de châtier Renaud du Châtelet qui s’est emparé du château de Deuilly. Ils s’emparent de la partie de la forteresse du Châtelet qui lui appartient et notamment d’une forte tour. Ils ne peuvent cependant la détruire, comme ils en ont l’intention, car elle constitue un fief mouvant du duché de Lorraine. Pour apaiser ce conflit, le duc Charles II leur rachète cette conquête en août 1408 et février 1409.

Le 1er août 1412, le Parlement de Paris condamne Charlot et Henri de Deuilly ainsi que les nobles lorrains qu’ils commandent. Cet arrêt n’a aucune conséquence sur leur conduite, puisque leurs possessions sont situées en dehors du royaume. En retour des nombreux services qu’il rend à son souverain, Charlot de Deuilly est nommé maréchal de Lorraine. Il est investi de cet office dès 1415 quand, avec Wainchelin et Henri de La Tour, Jean de Chauffour et une petite troupe, il tend une embuscade à Guillaume de Cantiers, évêque d’Évreux, Géraud du Puy, évêque de Carcassonne, Guillaume de Marie, doyen de Senlis, qui se rendent du Concile de Constance à Paris avec une suite de 80 personnes. Cet attentat est perpétré au passage de la Meuse, entre Void et Foug. Le chapelain de l’un de ces prélats est mis à mort. Le duc de Bar est chargé de châtier les coupables de cet attentat. Il s’empare du château de Sancy qui appartient à Henri de La Tour. La mise en interdit du diocèse de Toul détermine Charlot de Deuilly à relâcher Guillaume de Cantiers et Géraud du Puy avant le 24 juillet 1415. Quelques mois plus tard, il entre au service du duc de Bourgogne dont il devient l’un des principaux capitaines.

Au début de 1417, il commande à Troyes une armée de 2000 hommes, qui reçoit l’ordre de se diriger vers Senlis. Il vient de recevoir l’ordre d’attaquer les troupes royales placées sous le commandement du connétable d’Armagnac qui assiègent cette cité. Un peu plus tard, il tend une embuscade à ce dernier près de Dommartin-en-Goelle. L’arrivée d’un corps d’armée envoyé par le roi Charles VI l’oblige à se replier rapidement vers Paris. Revenu en Lorraine, il figure parmi les plénipotentiaires qui rencontrent à Foug les envoyés du Cardinal de Bar le 20 mars 1419. Il négocie avec eux le mariage de René d’Anjou avec Isabelle de Lorraine, fille du duc Charles II. Il décède quelques semaines plus tard. Il est inhumé auprès de ses ancêtres en l’église de l’abbaye de Flabémont. En avril 1412, Jeanne de Ludres, sa veuve, abandonne à l’abbé de ce monastère une rente pour qu’il célèbre chaque semaine trois messes destinées à assurer le repos de l’âme de son mari, d’Henri de Deuilly, écuyer, son beau-frère et de Simone de Deuilly sa parente.


Bibl. : Poull (G.).- La Maison ducale de Lorraine, cahier IV : Les seigneurs de Deuilly, p. 24 à 35.


[Georges Poull].

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