1877 —
Notice historique et biographique sur la ville de Mirecourt / Charles Laprévôte
PILLIERS Des.- La famille Des Pilliers, qui vint s’établir en Lorraine dans le XIVe siècle, sous le règne du duc Jean 1er, était une des plus considérables de la ville de Mirecourt, où plusieurs de ses membres ont exercé des fonctions importantes.
Elle devait être d’une ancienne noblesse, au dire de Dom Pelletier, qui base cette opinion sur les belles alliances que l’on rencontre dans l’histoire de cette maison dès son arrivée dans cette contrée ; le premier de ses membres que l’on connaisse, Jean des Pilliers, fut capitaine prévôt de Mirecourt en 1386 ; il avait épousé Jeannette ne Valfroicourt.
Son fils, Jean des Pilliers, 2e du nom, Capitaine de Mirecourt, fonda, en 1426, avec sa femme, Pierrette de Neufchâtel, la chapelle de Saint-Nicolas, dans l’église du cimetière.
C’est lui qui obtint, en 1430, du duc René 1er, des lettres d’anoblissement, fort rares à cette époque, et dans lesquelles ses armes sont ainsi blasonnées : de gueules à trois piliers d’argent posés deux et un.
Il eut deux fils ; le premier, Jean-Louis, épousa Nicole de Jeandelaincourt, dont il laissa Claude des Pilliers, écuyer, seigneur de Jeandelaincourt et Hadigny, qui devint capitaine de Châtel et d’Arches, puis bailli d’Épinal, et chef des députés envoyés par le duc Antoine à Nuremberg pour y discuter le traité conclu en 1542 : il fut aussi gouverneur du prince Nicolas de Lorraine, évêque de Metz, et mourut en 1549. Il laissa plusieurs enfants, dont les descendants quittèrent sans doute la contrée ; il est inutile de s’en occuper ici.
Le second fils de Jean II, Jean-Wary des Pilliers, fut lieutenant du bailli de Vosges ; c’est lui qui fit construire, en 1451, une maison forte ou château, auquel il donna le nom du Joly, qu’il porta ensuite lui-même, ainsi que ses descendants. Il mourut en 1476, laissant un fils, Nicolas, qui prit la qualification d’écuyer, et succéda à son père dans sa charge de lieutenant de bailli de Vosges, qu’il transmit lors de sa mort, en 1502, à son fils aîné, Jean 3e du nom, qui mourut en 1518. On ne voit pas que le fils de ce dernier, Nicolas 2e du nom, lui ait succédé dans ses fonctions : celui-ci ne laissa que deux filles, dont l’une fut mariée à Antoine du Pasquier, et l’autre à Michel Dumont, écuyer, et ensuite à Jean du Montelz : mais le nom de seigneur du Joly fut repris par d’autres membres de la famille qui avaient formé une branche dite de Fontet, laquelle eut pour tige : Thierry ou Thirion des Pilliers, écuyer, deuxième fils de Nicolas, et dont l’un des enfants, Jean IV, demeurait à Bettoncourt, et laissa, de Claudine de Mitry, Thierry des Pilliers, 2e du nom, seigneur de Meselay ; le fils de ce dernier, Louis, devint gentilhomme de l’évêque de Verdun et gouverneur de la ville de Bar ; il fut père de Théodore des Pilliers, seigneur de St-Mard, Meselay, Marainville, qui fut colonel au service de Charles IV et gouverneur de Longwy, en 1666. C’est chez la femme de Théodore que le duc Charles IV vint demander un asile, lors de son passage à Mirecourt, après sa fuite de Nancy, le 26 août 1670.
Nicolas des Pilliers, fils de Théodore et de Marie Du Bois, resta de même constamment dévoué à ses princes, et, après la mort de Charles IV, il prit, sous les ordres de Charles V, du service dans les armées de l’empereur avec le grade de colonel.
Son fils, Théodore François, comte des Pilliers, abandonna la Lorraine pour aller remplacer son père, et devint colonel du régiment de Mercy, puis général-major dans l’armée de l’empereur qui le nomma, en 1723, commandant de Seghedin, en Hongrie. Après le traité de Ryswick en 1697, Léopold, à sa rentrée dans ses États, l’avait honoré du titre de chambellan, et, sur sa demande, ce prince lui accorda, à la date du 14 août 1722, des lettres d’érection de la baronnie de Fontet [Note], en récompense de ses services personnels et de ceux de ses ancêtres.
Le fils de Théodore François était : Léopold, comte des Pilliers, baron de Fontet, seigneur haut, moyen et bas justicier de Racécourt, mairie de Velotte et autres lieux, chevalier de l’ordre de Saint-Louis, capitaine des grenadiers au régiment royal de Lorraine au service de S.M. Louis XV. Il épousa Isabelle Peregrini, avec laquelle il revint habiter Mirecourt, où une de leurs filles, nommée Charlotte, mourut le 9 mai 1747, et fut inhumée dans la chapelle de Saint-Nicolas fondée par l’ancien prévôt de Mirecourt.
Note : Cette baronnie comprenait, outre le château et la terre de Fontet, situés sur le territoire de Tatignécourt, Rozerotte, Racécourt, Hagécourt, Maroncourt, Vroville, Ahéville, Avillers, ainsi que le ban de Bouzemont et la mairie de Velotte. Le château de Fontet, ainsi qu’une partie des autres propriétés, appartenait en propre au nouveau baron ; le reste lui avait été accordé par Léopold à titre d’acensement perpétuel.
Les lettres d’érection, qui ont été imprimées en 1722, à Nancy, par J.-B. Cusson, contenaient permission d’établir une prévôté, composée d’un prévôt, chef de police et gruyer, un procureur d’office, un greffier, deux tabellions et un certain nombre de sergents.
Au dire de Durival, il existait une source minérale près du château de Fontet.