1866 —
Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien
LIÉTARD (Pierre-Simon, comte d’Alsace Hénin), fils de François-Joseph, marquis d’Alsace, chambellan de l’empereur Joseph II, naquit en 1772 à Neufchâteau.
Il débuta de très bonne heure dans la carrière militaire. En 1792, il était capitaine de cavalerie lorsqu’il alla rejoindre Monsieur à Coblentz, où ce prince le nomma colonel dans le corps des hommes d’armes à cheval, qui fut licencié après le siège de Maëstricht. Il revint en France à la rentrée des émigrés. Malgré l’ancienneté de sa noblesse, il devint chambellan de l’empereur Napoléon, et immédiatement après le couronnement, comte de l’empire et chevalier de la Légion d’honneur. Il fut fait aussi pair de France pendant les Cent-Jours en 1815.
Le prince d’Hénin, Charles-Alexandre-Marc-Marcellin d’Alsace Hénin-Liétard, son propre parent, décapité pendant la terreur, l’avait nommé son légataire universel par testament du 24 mars 1784. Mais, en vertu de la loi qui abolit les substitutions, MM. Briquet de Caraman obtinrent les immeubles de la succession, dont cependant les titres restèrent à M. d’Alsace, le testament olographe ayant été reconnu par les tribunaux. Une particularité remarquable de testament, c’est que la célèbre actrice, Mlle Raucourt, qui en était dépositaire, et qui s’y trouvait intéressée pour un legs de deux cent mille francs, le conserva, sous le règne de la terreur, dans un peloton de fil.
Le grand oncle de M. le comte d’Alsace, grand prieur de Malte, qui avait la commanderie de Neufchâteau, sur le bruit des dispositions brillantes qu’annonçait un enfant du pays, prit soin de son éducation ; cet enfant, qui trouva un sûr appui dans la famille d’Alsace, s’est distingué dans la double carrière de la littérature et de la politique : c’est le comte François de Neufchâteau. Nommé lieutenant-général le 1er juillet 1815, puis grand officier de la Légion d’honneur.
Il est mort en novembre 1847.
1889 —
Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier
ALSACE (Pierre Simon, comte d’).- Né à Neufchâteau le 11 janvier 1772, il fut nommé par Napoléon, pair de France, pendant les Cent-Jours, le 2 juin 1815.
A la Restauration, il fut privé de son titre de pair. Le comte d’Alsace mourut au château de Bourlémont, commune de Frébécourt, le 20 janvier 1825.
Sa veuve, née de Croismare, mourut à Paris, le 1er mai 1841.
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
ALSACE HÉNIN-LIÉTARD (Pierre Simon, marquis, puis comte d’)
(Neufchâteau, 21 janvier 1772 - Château de Bourlémont à Frebécourt, 20 janvier 1825)
Fils de Jean François Joseph marquis d’Alsace de Hénin-Liétard et de Marie Anne Françoise Wandewerve de Vorsselaev, Pierre Simon est tout d’abord destiné à l’ordre de Malte. Il est reçu en 1774. Il est promu sous-lieutenant dans le régiment d’Alsace-Infanterie avant le 7 avril 1784. Ses parents lui achètent un peu plus tard un brevet de capitaine de cavalerie. Il émigre en 1791 et prend du service dans l’armée des Princes. Il est promu colonel dans le corps des hommes d’armes à cheval qui sont licenciés après le siège de Maestricht. En 1796, il vit à Munster. Radié de la liste des émigrés, puis amnistié le 13 Prairial de l’An X, il revient habiter le château de Bourlémont. En mai 1804, il épouse Henriette de Croismare, née à Croismare, près de Lunéville le 23 octobre 1786.
Au cours des années qui suivent Pierre Simon d’Alsace fait partie de cette catégorie de la noblesse française qui prend fait et cause pour le régime impérial. Son attachement à Napoléon 1er lui vaut d’être nommé comte d’Empire en août et le 19 septembre 1810. Au cours de la même année, il est nommé Chambellan de l’Empereur. Le 30 août 1811, il est promu membre de la Légion d’honneur. Durant les Cent Jours, il reste fidèle à Napoléon qui lui confère la dignité de Pair de France le 2 juin 1815. Le roi Louis XVIII le prive de ce titre et il est contraint d’abandonner la vie politique. Abandonné par son épouse, qui vit à Paris, il tombe malade et meurt en son château de Bourlémont ; il est inhumé dans la chapelle de cette demeure. Henriette de Croismare décède à Paris le 1er mai 1841.
Bibl. : Poull (G.).- Le Château et les seigneurs de Bourlémont, tome II, pages 139 à 146.
[Georges Poull].