1866 —
Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien
JACQUES. Le baron de Saint-Jacques, né à Châtel-sur-Moselle, était secrétaire du duc d’Enghien.
Logé dans une maison voisine de celle qu’habitait ce prince à Ettenheim, en 1804 ; ne consultant ni son âge, ni ses forces affaiblies par la maladie, il sortit à demi-vêtu de chez lui, à la première nouvelle qu’il reçut que la maison de ce prince était envahie par une troupe armée. Ne pouvant pas seul venir à son secours, il envoya son domestique à l’église pour sonner le tocsin ; mais celui-ci en fut empêché par un piquet qui l’occupait, et qui le repoussa en le maltraitant. N’ayant pu mettre le prince à l’abri de ce coup de main, Jacques voulut du moins partager son sort et l’accompagner ; cette faveur lui fut d’abord refusée, mais ses instances réitérées la lui firent enfin obtenir, et il suivit le prince à Strasbourg, et de cette ville à Paris. Là, il fut séparé et mis en prison, où il resta plusieurs années après.
Enfin, après une longue captivité, il trouva le prix de son dévouement par l’accueil affectueux qu’il reçut des parents de ce prince infortuné. Les titres de baron et de chevalier de Saint-Louis lui furent conférés par le roi.
Il resta attaché à la maison de Condé jusqu’à la mort du dernier prince de ce nom, qui mourut en 1832.
1889 —
Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier
SAINT-JACQUES (Dominique de).- Né à Châtel-sur-Moselle le 16 janvier 1761, il fut l’aide de camp et l’ami du jeune duc d’Enghien et n’échappa que par hasard à l’arrestation de l’infortuné jeune homme à Ettenheim, en 1804.
A la Restauration, il fut nommé, à la demande du prince de Condé, colonel d’état-major. Mis en non-activité en août 1830, il fut admis à la retraite le 24 juillet 1835.
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
SAINT-JACQUES (Dominique, baron de), aide de camp du duc d’Enghien, colonel
Châtel-sur-Moselle, 16 janvier 1761 – Paris, ?
Fils de Jean-Baptiste Jacques, propriétaire à Châtel, et de son épouse Jeanne Parisot, Dominique Jacques émigre en novembre 1790 en compagnie de nobles lorrains et champenois. Maréchal des logis, puis sous-lieutenant dans la légion de Mirabeau dans l’armée du prince de Condé en 1792, il est nommé capitaine en 1801 après avoir été blessé deux fois, en 1793 et 1796.
Lors du licenciement de cette armée, il reste en Allemagne, vivant d’une pension servie par l’Angleterre ; il devient secrétaire des commandements du duc d’Enghien, fils du prince de Condé, et réside à Ettenheim au pays de Bade. Lors de l’arrestation du duc d’Enghien, le 15 mars 1804, il est du contingent des 24 personnes retenues par la gendarmerie. Transféré à Paris, il est emprisonné huit mois au Temple puis libéré sans avoir été poursuivi ni jugé. Il séjourne alors en Allemagne.
En 1814, il rentre en France dans la suite du comte d’Artois, qui le nomme chevalier de Saint-Louis le 25 mars 1814. Il est ensuite mis à la disposition du duc de Bourbon et nommé chef d’escadron le 25 juillet 1814 lorsqu’il entre en campagne avec lui en Vendée puis en Espagne. Commissionné aide de camp du duc le 22 février 1815, il est promu colonel de cavalerie le 1er juillet 1815.
Nommé aide de camp titulaire du duc de Bourbon le 9 juin 1817, il est autorisé à prendre le titre de baron de Saint-Jacques par lettre patente du 11 juin 1817.
Admis en congé avec solde le 22 octobre 1830, il est mis à la retraite le 23 juillet 1835 et réside à Paris. La date de son décès n’est pas connue.
Bibl. : Bouvier.- Biographie générale vosgienne, p. 509.
Dossier S.H.A.T. Vincennes.
Welschinger (H.).- Le Duc d’Enghien, p. 232-238.
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Albert Ronsin
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