1866 —
Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien
GRANGÉ (Jean-Joseph), garçon de ferme, né à Harol, près de Darney, est l’inventeur d’une charrue (dite charrue Grangé) qui a été accueillie avec empressement et qui est toujours appréciée.
Cette invention a valu à Grangé bon nombre de récompenses ; et le roi Louis-Philippe lui a accordé la décoration de la Légion d’honneur. Grangé, quoique pauvre, a voulu que son invention fût du domaine public ; en cela, il a droit doublement à la reconnaissance publique. Cet homme utile est mort pauvre.
1889 —
Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier
GRANGÉ (Jean-Joseph).- Né à Harol, ce simple garçon de ferme a inventé une charrue perfectionnée.
Son invention lui a valu la croix de chevalier de la Légion d’honneur.
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
GRANGÉ (Jean-Joseph), agronome et bienfaiteur de l’agriculture
Harol, 1804 - Rennes (Ille-et-Vilaine), 1867
Aîné d’une modeste famille rurale de sept enfants, il entra, comme ouvrier agricole, au service d’un grand propriétaire d’Harol, Mr. de Razey ; la dureté des travaux des champs et du maniement de la charrue lui fit imaginer un système de chaînes et de leviers qui, adapté à une charrue classique, devait imprimer une direction et une pression constantes sur le sol, en faisant désormais du labour un jeu d’enfant.
Dès 1832, son invention fut connue et diffusée dans toute la France et l’appui de nombreuses sociétés d’agriculture le porta au faîte de la célébrité, d’autant que sa modestie et son refus de vendre le brevet de son invention avaient enthousiasmé bien des notables de l’époque.
En 1834, Louis-Philippe le fit chevalier de la Légion d’honneur ; la même année, il s’installa à Monthureux-sur-Saône comme exploitant et les encouragements de protecteurs célèbres, le général de Pange et le baron Fain entre autres, le poussèrent à aller de l’avant : grâce à un petit pécule constitué par la vente de ses charrues améliorées, il entreprit la construction d’une ferme modèle sur ses terres, l’actuelle ferme du Bigneuvre.
Des déboires financiers et la mort du baron Fain brisèrent l’ascension et la réussite de Grangé : en 1843, il revendit sa ferme, puis quitta Monthureux et les Vosges ; il s’installa dans la région de Rennes, où sa passion pour l’agriculture lui fit encore concevoir un système perfectionné pour défricher les landes.
Il ne rétablit toutefois jamais sa position des années fastes (1832-1835), et mourut dans la misère en 1867. Une souscription publique permit à sa veuve de faire des obsèques décentes à l’un des hommes les plus méritants de son temps.
Bibl. : Michel (M.-F. et J.-F.).- Monthureux-sur-Saône 1789-1914 entre la terre et la fabrique, 1981.
[Jean-François Michel]