1866 —
Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien
AUBRY-FEBVREL.- Le 30 mai 1766.- L’année où la Lorraine est devenue française, par-devant les Juges-Consuls de Nancy, savoir : MM. Aubry, lieutenant, Rollin, sous-lieutenant, Belfoy, échevin, Chrétien, greffier, le sieur Nicolas-François Aubry
après avoir justifié qu’il est de la religion catholique, apostolique et romaine, de bonne vie et mœurs et sans reproches, était hanté, reçu et agréé maître-marchand à Mircourt, et en cette qualité il lui a été permis, conformément aux chartes et privilèges du lieu, de tenir boutique ouverte, etc.
M. Aubry, dont nous venons de produire en substance le curieux acte de réception dans le corps des marchands de Mirecourt, fut le chef d’une nombreuse famille. Sa femme, Élisabeth Marchand, de Mattaincourt, ne lui donna pas moins de 22 enfants.
Un d’eux, M. François-Victor-Fourrier Aubry, frère du précédent [Joseph Thomas AUBRY], né le 20 juillet 1774, partit très jeune en 1791 comme volontaire avec le 4e bataillon vosgien ; il faisait partie du corps d’armée bloqué à Mayence, fut dirigé ensuite sur la Vendée comme sous-lieutenant des chasseurs francs de Mayence, et obtint son congé le 23 prairial an IV (11 juin 1796).
Rentré dans sa famille, à Mirecourt, M. F.-V.-Fourrier Aubry s’occupa du commerce de dentelles de son père ; en 1803 il devint associé de sa mère, puis bientôt l’un des principaux chefs de la maison Aubry frères.
Cette maison active et énergique eut l’honneur de transformer la petite fabrication toute locale des dentelles de Mirecourt, soit en lui créant de nouveaux débouchés dans les pays lointains, soit en appelant de l’étranger, et notamment de Suisse, des dessinateurs et des ouvrières, soit en créant de nouveaux types et en introduisant dans nos campagnes vosgiennes les méthodes perfectionnées de fabrications similaires.
Depuis lors une ère nouvelle s’ouvrit pour l’industrie dentellière ; le département des Vosges profita largement de l’augmentation des prix qui furent le fruit de cette féconde initiative, et si aujourd’hui l’industrie dentellière de Mirecourt est sans rivale pour la création des nouveautés, l’habileté des ouvrières, la régularité de ses progrès, l’heureuse organisation des ateliers, l’importance des approvisionnements, il est juste d’en reporter le mérite à la pépinière de négociants indigènes qui s’est formée dans la maison Aubry frères, ou à l’exemple de ses principaux chefs.
M. F.-V.-F. Aubry épousa en 1811 la fille d’un magistrat de Saint-Dié, ami du poète Delille et du peintre Augustin, mademoiselle Emélie-Élisabeth Febvrel qui fut de son vivant, jusqu’en 1840, un modèle de grâces et de vertus. La ville de Mirecourt en a conservé le souvenir ; madame Aubry sut élever une nombreuse famille à travers les épreuves d’une vie commerciale très agitée, car pendant qu’elle avait repris le commerce de dentelles avec ses fils aînés, son mari, M. Aubry-Febvrel, faisait le commerce de banque depuis la Restauration, et dans les nombreuses crises que notre pays traversa de 1815 à 1848, M. Aubry resta constamment en possession de son crédit et de sa considération.
Aussi la sympathie publique ne lui fit pas défaut ; et comme il fut toujours absolument dépourvu d’ambition pour les honneurs de la vie publique, il remplit avec une grande indépendance les diverses fonctions qui lui furent confiées, soit dans les administrations municipales, soit au tribunal de commerce dont il fut nommé trois fois président dans l’espace de dix années.
Après une carrière bien remplie, M. Aubry-Febvrel mourut à Mirecourt, entouré de ses huit enfants, le 13 juillet 1853, à l’âge de 79 ans.
1879 —
Biographie alsacienne-lorraine / A. Cerfberr de Médelsheim
AUBRY frères.- Manufacturiers, nés à Mirecourt, ont dirigé dans cette ville une vaste exploitation de l’industrie des dentelles, qu’ils ont transportée à Paris en 1850.
Ils ont brillé à toutes les expositions depuis 1849, et à la suite de celle de 1855 ils ont obtenu une médaille de première classe.
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
AUBRY (François-Victor-Fourier), frère du précédent
(Mirecourt, 20 juillet 1714 - Paris, 25 juillet 1853)
Il s’engage très jeune, en 1791, comme volontaire dans le 4e bataillon des Vosges en même temps que son cousin Joseph-Emmanuel Aubry. Il participe aux combats sur le Rhin, au siège de Mayence et aux guerres de pacification de la Vendée, avant d’obtenir un congé définitif en 1796.
Rentré à Mirecourt, il reprend l’affaire paternelle et épouse en 1811 Émilie-Félix Febvrel, fille d’un magistrat de Saint-Dié. Il cherche de nouveaux débouchés en dehors de la province, fait venir des dessinateurs et des ouvrières de Suisse et perfectionne les fabrications au point de faire de Mirecourt une capitale incontestée de l’art de la dentelle.
Sous la Restauration, il fonde une banque qui, en dépit des aléas financiers de cette époque, résistera jusqu’en 1848. Il devient à trois reprises président de la Chambre de Commerce locale. De ses 9 enfants tous nés à Mirecourt, il convient de citer :
- Félix AUBRY (1813-1890) qui suit ;
- Fourier AUBRY (1814-1886) sera commerçant en dentelles, maire de Mirecourt et vice-président de la Chambre de Commerce des Vosges ;
- Louis AUBRY (1816-1904) est également fabricant de dentelles et président de la caisse d’Épargne de Mirecourt ;
- François AUBRY (1817-1903) devient banquier au Havre,
- et Maurice AUBRY qui suit.
Bibl. : Le Vosgien, Célébrités vosgiennes, p. 286-288
Marande (G.).- Tablettes généalogiques de la région de Saint-Dié, famille Febvrel, in B.S.P.V., 1967, p. 153-160.
[Pierre Heili].