Victor VAUTRÉ

[ Dompaire (88) , 10/03/ 1770 – Paris (75) , 16/05/ 1849 ]

général

Biographie vosgienne

1848 — Biographie vosgienne / François Vuillemin

VAUTRÉ Victor.- Baron, général, officier de la Légion d’Honneur, naquit à Dompaire (arrondissement de Mirecourt).

Il servit d’abord dans la garde de Louis XVI, embrassa la cause de la révolution et entra, en qualité de lieutenant, dans le 7e bataillon de volontaires parisiens. Nommé capitaine peu de temps après, il fit les campagnes des armées du Nord et des Ardennes, et se signala au blocus du Quesnoy, en reprenant, sur des forces très supérieures, le fort Ramponeau, où il se maintint, quoique dangereusement blessé.

Il fit ensuite partie de l’armée de la Vendée, où il déploya la plus grande intrépidité. Après la pacification de ce pays, il fut employé à l’armée d’observation du Midi, puis à celle d’Italie, où il mérita, par plusieurs actions d’éclat, le grade de chef de bataillon, qui lui fut conféré en l’an X par Murat. Il prit part à la bataille d’Austerlitz, à la tète d’un bataillon du 18e d’infanterie de ligne, et y fit des prodiges. Il eut un cheval tué sous lui à la suite d’une charge brillante, mais son bataillon perça trois fois les colonnes ennemies, fit un grand nombre de prisonniers, prit cinq drapeaux et treize pièces de canon.

A Heilsberg, il fut également démonté au commencement de l’action, mais il combattit à pied et reçut deux blessures au centre de son bataillon. A la même journée, il enleva à l’ennemi une position très importante, et Napoléon le récompensa des talents militaires dont il avait fait preuve en l’élevant au grade de major.

Au combat de San-Danièle, en 1809, il tourna la ville avec un bataillon de voltigeurs italiens ; jeta les régiments de Reiski et de Bamcats dans des marais ou sur la route de Fagagna, et les contraignit à mettre bas les armes.

Peu de temps après (le 15 mai), il emporta, avec 300 voltigeurs et au cri de vive l’Empereur ! les montagnes de Malborghetto, défendues par plus de 2 000 hommes, tourna le fort et en décida la reddition. Deux mois plus tard, il attaqua des bandes tyroliennes, les mit en déroute et fut atteint de deux coups de feu.

Après cet engagement, il fut créé baron et nommé colonel du 9e régiment d’infanterie de ligne. Il contribua à la gloire de nos armes jusqu’en 1815, époque à laquelle il fut élevé au grade de général de brigade.

1866 — Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien

VAUTRÉ (Victor, baron), général, officier de la Légion d’honneur, naquit à Dompaire.

Il fit ses premières armes dans la garde de Louis XVI, puis dans le 7e bataillon de volontaires parisiens, en qualité de lieutenant. Nommé capitaine, il fit les campagnes du Nord et des Ardennes ; montra la plus grande intrépidité en Vendée ; fut ensuite employé dans l’armée d’observation du Midi, et, en l’an X, après plusieurs actions d’éclat, Murat le nomma chef de bataillon. Il fit des prodiges de valeur à Austerlitz, perça trois fois de suite les colonnes ennemies, fit bon nombre de prisonniers, enleva cinq drapeaux et treize pièces de canon, reçut plusieurs blessures, ainsi qu’à Heilsberg, où son cheval fut tué sous lui.

En 1809, il culbuta les régiments de Reiski et de Bamcats, à la tête d’un bataillon de voltigeurs italiens. Avec 300 hommes, il en repoussa 2 000, qui tenaient une position importante, et prit les montagnes de Malborghetto ; ce coup hardi eut pour effet la reddition du fort. La même année, il mit en déroute des bandes tyroliennes et fut nommé baron et colonel du 9e régiment de ligne. Et en 1815, après avoir vaillamment contribué au succès et à la gloire de nos armes, il fut nommé général de brigade.

1881 — Voyages dans les Vosges / Charles Chapiat

VAUTRÉ Victor.- Dompaire a donné naissance à un homme qui s’est illustré dans les guerres de la République et de l’Empire. Engagé dans la garde de Louis XVI, Victor Vautré embrassa néanmoins la cause de la Révolution, et il entra, comme lieutenant, dans les volontaires parisiens.

Nommé bientôt capitaine, il fit les campagnes des Ardennes et du Nord, et il se signala au siège de Quesnoy, où il fut dangereusement blessé. En Vendée, il se montra soldat intrépide, et, en Italie, par plusieurs actions d’éclat, il mérita le grade de chef de bataillon. Il prit part à la bataille d’Austerlitz, et y fit des prodiges de valeur : son bataillon perça trois fois les colonnes ennemies, prit cinq drapeaux et treize pièces de canon.

En 1809, il enleva, suivi de trois cents voltigeurs, les montagnes de Malborghetto, défendues par deux mille hommes, tourna le fort et en décida la reddition : il fut alors nommé colonel et baron. Vers la fin de l’Empire, il devint général de brigade. La Restauration, qu’il ne voulut point servir, mit fin à sa carrière militaire.

Son frère Alexandre, lieutenant-colonel, alla mourir en Grèce, victime de son dévouement pour le salut d’un peuple opprimé par la plus ignoble et la plus brutale des tyrannies.

1889 — Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier

VAUTRÉ (Victor, chevalier, puis baron).- Le général Vautré naquit à Dompaire le 10 mai 1770 ; il servit d’abord dans la garde constitutionnelle de Louis XVI puis en 1792 devint lieutenant au 7e bataillon de volontaires de Paris, puis capitaine en 1793.

Il combattit à l’armée du Nord et à celle des Ardennes, puis alla en Vendée concourir à la pacification du pays. A l’armée d’Italie en 1800, il y gagna le grade de chef de bataillon au 18e de ligne en 1802, combattit à Austerlitz, fut deux fois blessé à la bataille d’Heilsberg en 1807, et nommé major. Il servit à l’armée d’Espagne en 1809, puis dans le Tyrol, où il reçut encore deux blessures. Il fut nommé colonel du 9e de ligne en 1809, puis du 2e en 1814 et officier de la Légion d’honneur.

En 1815 il fut mis à la tête de la légion départementale de l’Isère (devenue plus tard le 22e de ligne). Créé baron le 12 mai 1816, il fut promu, la même, année, maréchal de camp (général de brigade) le 17 juillet 1816 et commanda le département de l’Isère, où il se fit remarquer par l’ardeur de ses opinions royalistes ; il fut d’une sévérité implacable contre Didier et les conspirateurs libéraux de 1816 ; il commanda ensuite le département de l’Aveyron et celui de l’Ain, puis devint inspecteur-général de l’infanterie.

Admis à la retraite en 1832, le général baron Vautré est mort à Paris, le 16 mai 1849.

Son frère, Alexandre Vautré, est mort lieutenant-colonel du 27e de ligne pendant la campagne de Morée, le 14 février 1829.

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

VAUTRÉ (baron Victor) , général
Dompaire, 10 mars 1770 – Paris, 16 mai 1849


Il est soldat dans la garde de Louis XVI en 1789 avant d’être élu lieutenant au 7e bataillon des volontaires de Paris en 1791. Incarcéré à la prison de la Force en 1792, il n’échappe au massacre du 2 septembre qu’à cause de sa jeunesse.

La tourmente révolutionnaire éloignée, il se retrouve capitaine et prend part aux campagnes des armées du Nord et des Ardennes. Il est chef de bataillon de l’armée d’Italie en 1800 puis au 18e de ligne en 1802. Il combat à Austerlitz et reçoit deux blessures en 1807 à la bataille de Heilsberg. Il est promu major au 84e de ligne en 1808 et colonel deux ans plus tard.

Il prend part à la plupart des campagnes de l’Empire ; il est en Espagne en 1809 et se distingue à la Moskova en 1812 où il reçoit de l’empereur la promesse d’être fait baron. Prisonnier au passage de la Bérézina, il rentre en 1814 et sert en Corse.

Il est incarcéré au fort du Barreau (Isère) en 1815 pour avoir refusé de se rallier à l’Empereur pendant les Cent-Jours. Après Waterloo, il commande la légion de l’Isère et Louis XVIII le fait baron le 12 mai 1816. Général de brigade le 17 juillet 1816, il dirige ensuite les troupes de l’Aveyron, puis de l’Ain. Il termine sa carrière comme inspecteur général de l’infanterie avant de tomber en disgrâce en 1830 et de prendre sa retraite sous la Monarchie de Juillet en 1832.


Bibl. : Georgel (A.).- Armorial de Lorraine.
Bouvier.- Biographie générale vosgienne, p. 525.
Larose (A.).- Le général Vautré (1770-1849), in La Révolution dans les Vosges, tome XXI, 1932-1933, p. 33-34.


[ Pierre Heili ]

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