Juge au tribunal révolutionnaire de Paris.
1848 —
Biographie vosgienne / François Vuillemin
RENAUDIN Louis.- Né à Saint-Rémy (arrondissement de Saint-Dié) en 1748, fixa son domicile à Paris, quelque temps avant la révolution dont il embrassa les principes avec chaleur.
Il devint juré au tribunal révolutionnaire, et exerça, sur le club des jacobins, une influence considérable. Il y demanda le prompt jugement de Brissot, fit la proposition de se rendre en masse à la Convention, attaqua le célèbre Monge avec une grande énergie, et arrêta lui-même le girondin Isnard. On lui reproche d’avoir voté, au tribunal révolutionnaire, la mort d’une jeune fille nommée Bois-Marie, âgée de 17 ans, contre laquelle il venait de déposer comme témoin.
Quand, Camille Desmoulins parut devant ce redoutable tribunal, il le récusa comme juré.
Renaudin était intimement lié avec Robespierre, et on prétend que quand celui-ci fut menacé d’un décret d’accusation, il veilla à sa sûreté, armé de pistolets et de poignards. Accusé de complicité avec Fouquier-Tainville, après la chute de la montagne, il fut condamné à mort et exécuté le 17 mai 1795.
1866 —
Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien
RENAUDIN (Louis), né vers 1750, à Saint-Remy, canton de Raon-l’Étape, remplit les fonctions de juge au tribunal révolutionnaire de Paris, sous la direction de Fouquier-Tainville.
Après la révolution du 9 thermidor, il comparut devant ce même tribunal, où il avait prononcé tant d’arrêts de mort et fut condamné et exécuté, le 17 mai 1795, comme complice de l’ancien accusateur public. Il était âgé de 46 ans.
On l’accusa surtout d’avoir, dans le procès d’une jeune fille de 17 ans, nommée Bois-Marie, quitté son siége de juge pour aller déposer contre elle en qualité de témoin, et d’avoir ensuite opiné à la mort comme juré. Il était l’ami intime de Robespierre ; il le suivait partout, et lorsqu’il le voyait en danger, il veillait à sa conservation, armé de pistolets et de poignard ; il était aussi du nombre de ces jurés qu’on appelait solides.
1889 —
Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier
RENAUDIN (Louis).- Né à Saint Remy, près d’Etival, en 1748, il s’établit luthier à Paris, rue Saint-Honoré.
Dès le commencement de la Révolution, il se jeta avec ardeur, dans le mouvement révolutionnaire et fut un des membres influents du club des Jacobins.
Ami et compagnon de Robespierre, il fut désigné comme juré au tribunal révolutionnaire et siégea dans un très grand nombre des procès criminels de cette terrible époque.
Impliqué dans le procès de Fouquier-Tinville, ainsi que d’autres juges du tribunal révolutionnaire, il fut condamné à mort et exécuté à Paris, le 17 mai 1795.
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
RENAUDIN (Léopold), luthier, juge au tribunal révolutionnaire de Paris
Saint-Rémy, 11 mars 1749 – Paris, 8 mai 1795
Sixième enfant de Gaspard Renaudin, cordonnier à Mirecourt, et de son épouse Marie-Anne Miquel, Léopold Renaudin est né à Saint-Rémy près de Raon-l’Etape durant la période pendant laquelle ses parents y sont installés entre 1745 et 1756, avant de regagner Mirecourt. C’est dans cette ville que Léopold et son jeune frère Christophe apprennent le métier de luthier.
Vers 1764, Léopold gagne Paris où il continue son apprentissage avant de s’y installer comme fabricant d’instruments, après son mariage avec Anne Chalesin. Il devient luthier de l’Académie royale de musique rue Saint-Honoré et il est apprécié pour ses violoncelles et ses contrebasses.
Dès 1789, il est l’un des adeptes de la Révolution et il devient officier municipal après le 10 août 1792. Partisan de Robespierre, il est nommé juré au tribunal révolutionnaire en septembre 1793. Dans ces fonctions, il fait preuve de la plus grande sévérité envers les accusés lors des procès. Il siège lors des procès de la reine Marie-Antoinette, des Hébertistes, des Dantonistes et de Mme Elisabeth, qui sont presque tous condamnés à mort.
Incarcéré à la suite de l’arrêté du Comité de sûreté générale le 27 juillet 1794, après de multiples démarches de son épouse, il est remis en liberté en janvier 1795 et traduit devant le tribunal révolutionnaire en même temps que Fouquier. Les 24 inculpés sont condamnés à mort le 5 mai 1795. Il est guillotiné trois jours plus tard.
Bibl. : Vincienne (Olivier).– Un luthier vosgien, Léopold Renaudin, juré au tribunal révolutionnaire, in Le Pays Lorrain, 1984, p. 142-144.
Vuillemin.– Biographie vosgienne, p. 253-254.
Le Vosgien.- Le Général Humbert, notices biographiques, p. 502.
Hoefer/Didot.– Nouvelle biographie générale, col. 992-993.
Bouvier.– Biographie générale vosgienne, p. 499-500.
[Albert Ronsin]