1848 —
Biographie vosgienne / François Vuillemin
Sainte MANNE ou MENNE.- Née à Soulosse (arrondissement de Neufchâteau), était, ainsi qu’on l’a vu plus haut, soeur de saint Eucher, de
saint Élophe, de sainte Libaire et de sainte Suzanne. Elle passa ses premières années près d’un ami de son père, saint Mannius, évêque de Châlons, qui la baptisa, et déposa dans son cœur les premiers germes des vertus chrétiennes.
Après avoir vécu cinq années dans un monastère, elle revint au sein de sa famille et bientôt plusieurs nobles sollicitèrent sa main. Ses parents avaient accueilli la demande d’un d’entre eux, quand Manne, instruite de cette résolution prise à son insu, leur déclara qu’elle avait voué sa virginité à Jésus-Christ, et que ce vœu lui était doux à remplir. Nonobstant, ses parents espérant vaincre cette résistance, continuèrent les préparatifs ; le jour de la cérémonie fut fixé, ils reçurent les félicitations de leurs nombreux amis. Les larmes de Manne n’ayant pu fléchir la volonté de ses parents, elle prit la soudaine résolution d’abandonner la maison paternelle. Elle se rendit à Châlons, et supplia celui qui avait dirigé ses premiers pas d’être son protecteur. Saint Mannius ayant obtenu du père de Manne la liberté de réaliser de pieux desseins, elle reçut le voile au milieu de l’assemblée d’un clergé nombreux réuni à Châlons.
Après la mort de son père et de sa mère, le vent de la persécution commençant à souffler en Champagne, elle quitta Châlons et s’achemina, accompagnée d’une seule servante, vers son pays natal. En marchant dans un lieu solitaire des Vosges, elle rencontra une rivière assez large et très profonde ; s’étant armée du signe de la croix, dit l’auteur anonyme de sa vie, elle passa cette rivière à pied sec ! Ce miracle fut suivi d’un autre non moins éclatant : le bâton sur lequel s’appuyait la sainte ayant fait jaillir une source d’eau vive et abondante, à quelque distance de cette rivière, Manne y fixa son séjour.
Ici cesse toute donnée sur sa vie ; on sait seulement qu’après sa mort, elle fut inhumée à Poussay, arrondissement de Mirecourt. Depuis un grand nombre de siècles, ses restes ont été transférés à Toul, où ils sont encore l’objet d’une grande vénération.
1866 —
Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien
MANNE ou MENNE (sainte), née à Soulosse, était sœur de saint Eucher, de saint Elophe, de sainte Libaire et de sainte Suzanne. Elle passa ses premières années près de l’évêque de Châlons qui la baptise. Elle revint chez son père. Plusieurs nobles sollicitèrent sa main ; mais la jeune fille déclara à ses parents qu’elle voulait vivre avec Dieu et pour Dieu.
Elle refusa, mais comme son père persistait à vouloir la donner à un riche seigneur de la contrée, le jour même des cérémonies, cette sainte enfant, voulant tenir sa parole à Jésus-Christ, s’enfuit de la maison paternelle, et retourna à Châlons chez son premier protecteur, le priant de venir à son aide. L’évêque, ayant obtenu du père de Menne la liberté de réaliser ses pieux desseins, elle ne tarda pas de prendre le voile. Après la mort de son père et de sa mère, la jeune cénobite s’achemina à pied, accompagnée d’une servante vers son pays natal.
En son chemin, dans un lieu solitaire des Vosges, elle arriva au bord d’une rivière large et profonde ; s’étant armée du signe de la croix, elle passa cette rivière à pied sec. Ce miracle fut suivi d’un autre non moins éclatant. Avec le bâton que cette sainte fille tenait à la main pour se frayer passage, elle fit jaillir une source d’eau vive et abondante à quelque distance de la rivière. C’est là, près de Mirecourt, entre Poussay et Pusieux, que sainte Menne fixa sa demeure, au milieu des ronces et des épines, dans un lieu, où aujourd’hui, il ne reste plus comme témoin, qu’un arbre isolé dans une plaine fertile.
Sainte Menne fut inhumée à Poussay, ses restes ont été transférés à Toul, à part son chef qui est conservé avec un grand soin chez un particulier de Mirecourt.
1881 —
Voyages dans les Vosges / Charles Chapiat
Sainte MENNE.- Née probablement, ou du moins élevée à Solimariaca, ville gallo-romaine, dont les ruines ont formé le village de Soulosse, Menne appartenait à une illustre famille qui vivait au milieu du IVe siècle, et qui fut une pépinière de martyrs : elle était soeur de l’archidiacre, saint Elophe, de l’évêque saint Eucaire, et de la vierge sainte Libaire, qui donnèrent tous les trois leur sang pour Jésus-Christ.
Dès ses tendres années, elle montra les qualités du coeur qui annoncent la sainteté future. Son père, Baccius, employé romain, ami de l’évêque de Châlons, l’envoya dans cette ville, qu’il avait quittée pour Solimariaca, et l’enfant y fut éduquée, sous les yeux du pieux évêque, dans les principes divins de la religion chrétienne. Revenue vers ses parents, elle retourna bientôt vers le prélat, qu’elle chérissait comme un père, et fut par lui confiée à des vierges consacrées au Seigneur. Elle se plut tellement au milieu d’elles, leur genre de vie lui alla si bien au coeur, qu’elle résolut de vouer aussi à Dieu sa virginité.
Rappelée dans sa famille, Menne eut à lutter, fortement et longuement, pour arriver à l’accomplissement de son pieux dessein ; on essaya par tous les moyens de l’en détourner ; chaque jour amenait une épreuve nouvelle, et chaque épreuve était l’occasion d’une victoire. Cette jeune fille conserva sa fidélité au divin fiancé de son âme, et un jour, suivie d’une servante dévouée, elle sortit de la maison paternelle, s’enfuit à Châlons, vers l’évêque confident de ses voeux, et, tombant à ses pieds, le supplia de l’admettre au nombre des vierges de l’Agneau sans tache, et de lui en imposer le voile. Ses larmes et ses prières déterminèrent le prélat, qui connaissait le coeur du père, et il accéda aux désirs de cet ange d’ici-bas.
La jeune vierge, au comble de ses souhaits, obtint en effet de son père, dans les environs de Toul, une petite terre où elle se retira et où elle vécut, accompagnée d’une suivante, dans l’obscurité et dans la pénitence, occupée uniquement des choses de l’éternité. Douce et humble, pure et simple, elle consacrait son temps au travail, au jeûne et à la prière : la pensée de Dieu, le désir de lui plaire, occupait son âme le jour et la nuit.
Cependant la persécution qui fit des martyrs de ses frères et de sa soeur, devait la forcer à quitter sa paisible retraite, et à s’enfoncer, du côté des Vosges, en des pays secrets et moins accessibles. Elle se réfugia dans un lieu désert, appelé Fontenet, entre Poussay et Pusieux ; elle y vécut saintement, avec la servante qui l’avait suivie, et y mourut vers l’an 380, pleine de mérites et d’oeuvres saintes.
Une modeste chapelle s’éleva sur le lieu de son tombeau : le curé actuel de Juvaincourt, abbé Didier, dont Pusieux est l’annexe, a entrepris d’en élever une autre, qui sera un petit monument digne de sa patronne, dont les reliques sauvées à la révolution qui renversa le couvent de Poussay, et reconnues par l’Ordinaire du diocèse, d’après un beau travail de M. l’abbé Deblaye, reviendront y prendre leur place, au-dessus de leur tombeau.
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
MENNE (Sainte), vierge
IVème siècle
Née au pays de Soulosse, Menne encore enfant est confiée à saint Memmie, évêque de Châlons-sur-Marne. C’est dans cette localité que sa vocation érémitique se précise et qu’elle reçoit le voile des mains de l’évêque. D’après l’hisoriographe du XIIème siècle qui nous la fait connaître, elle passe toute son existence dans la solitude, en Champagne d’abord, en Lorraine ensuite.
Lors de la persécution des saints martyrs de Grand, Elophe et Libaire, elle trouve un asile dans le Saintois, en un lieu appelé Fontenet, à mi-chemin entre Poussay et Puzieux. C’est là qu’elle meurt, un 3 octobre, vers la fin du IVème siècle.
Son culte se développa au point que le futur pape Léon IX, alors évêque de Toul, procéda, en 1036, au transfert des reliques à l’abbaye de Poussay, fondation qui fut placée sous son patronage, de même que les églises de La Chapelle, Deycimont, Jeuxey, Madecourt, et jadis Valleroy-le-Sec. Quant à ses reliques, elles sont encore conservées à Puzieux et à Mirecourt.
Bibl. : L’Hôte (Abbé).- Vie des saints..., tome I, pages 107-117.
Laurent (Chanoine).- Saints de chez nous..., pages 224-228.
[Pierre Heili]