HYDULPHE

[ Ratisbonne (Allemagne), 612 – Moyenmoutier (88), 11/07/707 ]

saint

Fondateur de l’abbaye de Moyenmoutier.

Biographie vosgienne

1848 — Biographie vosgienne / François Vuillemin

Saint HYDULPHE.- Originaire de l’illustre maison de Bavière, naquit à Ratisbonne. Aussitôt que son éducation fut terminée, il se rendit à Trèves, où il embrassa la vie religieuse. Sa profonde piété, ses vertus évangéliques le signalèrent à l’attention des habitants de cette ville, et à la mort de leur archevêque, ils le désignèrent pour occuper cette haute dignité. Hydulphe résista longtemps à leurs prières, et il ne fallut rien moins qu’un ordre du roi pour vaincre d’honorables scrupules. Après plusieurs années d’épiscopat, il manifesta le désir de se retirer dans la solitude ; le peuple s’opposa longtemps à l’exécution de cette pensée ; mais, enfin, il dut céder devant l’invincible persévérance du prélat. Il se retira dans une vallée des Vosges, entre Senones et Étival, et y bâtit une église qu’il appela Moyenmoutier.

Des religieux vinrent de tous côtés peupler cette solitude, et deux nouvelles églises ne tardèrent pas à s’y élever. Trois soldats de Jésus-Christ, saint Spinule, saint Jean et saint Bening, vinrent demander asile à Hyduplhe et l’aidèrent à enseigner la religion catholique. Saint Érard, son frère, évêque de Ratisbonne, vint aussi passer plusieurs années dans sa retraite. Pendant son séjour à Moyenmoutier, une famille alsacienne amena à Hydulphe une jeune fille aveugle de naissance, en le suppliant de la baptiser. Saint Érard voulut être son parrain et la nomma Odile. Les deux saints ayant ensuite réuni leurs prières pour demander à Dieu la guérison de cette jeune fille, les légendes rapportent que ce miracle s’accomplit.

La réputation de sainteté d’Hydulphe grandissait chaque jour et lui attirait sans cesse de nouveaux disciples. Il en réunit jusqu’à trois cents. Un des plus puissants seigneurs de la cour de France, Théodoald, vint le visiter avec son fils Albo. Ils furent si émerveillés de sa parole, qu’ils prirent l’un et l’autre l’habit dans son monastère ; saint Hydulphe mourut le 11 juillet 707, après avoir vécu 36 ans à Moyenmoutier. Ses restes furent déposés dans l’église Saint-Grégoire, qu’il avait bâtie.

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

HYDULPHE (saint), fondateur de l’abbaye de Moyenmoutier
Bavière, vers 612 - Moyenmoutier, 11 juillet 707


Saint Hydulphe - Image de Pierre-Dié Mallet. Selon l’hagiographie, Hydulphe (ou Hidulphe ou Idulphe) est né en Bavière, de parents illustres, dans la première moitié du VII° siècle.

Il fait ses études au monastère de Saint-Emmeran à Ratisbonne. Moine au monastère de Saint-Maximin de Trèves, il est remarqué par l’archevêque Numérien qui l’associe à l’administration diocésaine. A la mort de Numérien, il devient archevêque de Trèves.

Connaissant Déodat depuis 654, il lui fait visite et décide de venir à son tour se retirer en un oratoire dans le bassin de la Meurthe, entre les monastères existants de Senones, d’Étival, de Saint-Dié et de Bonmoutier. En 671, il choisit la vallée du Rabodeau et bientôt des disciples se rassemblent auprès de lui et, sous son autorité, élèvent un monastère. Trois églises sont érigées à son initiative en l’honneur de la Vierge, du Prince des Apôtres, de Saint-Jean Baptiste et un oratoire entouré d’un cimetière, sous le vocable de Saint-Grégoire le Grand.

Avec son frère Erhard, il baptise sainte Odile qui recouvre la vue. En 679, il préside aux funérailles de son ami Déodat, qu’il avait pris l’habitude de rencontrer sur les hauteurs de la Voivre, et il prend la charge de la direction de l’abbaye de Saint-Dié.

Durant son gouvernement, l’abbaye s’accroît d’un grand nombre de possessions dont Raon-l’Étape et, en Alsace, Bergheim. Les moines, trop nombreux à Moyenmoutier, sont envoyés créer des colonies dans tout le territoire appartenant au monastère.

Il meurt en 707. Après son décès, il accomplit de nombreux miracles.

Les historiens ne retiennent des différents récits légendaires que les faits suivants : vers la fin du VII° siècle, dans la vallée du Rabodeau, alors que les autres monastères existaient déjà, Hydulphe, originaire de la région de Ratisbonne, moine à Saint-Maximin de Trèves, revêtu de la dignité de chorévèque, vient vivre en anachorète. Il reçoit la visite de son frère Erhard. Ses disciples créent autour de l’abbaye des prieurés qui sont à l’origine de six villages.

Il meurt peut-être en 707 et est inhumé dans l’oratoire de Saint-Grégoire, où reposent ses premiers disciples : Spinule, Jean et Bénigne.


Bibl. : Jérôme (abbé L.).- L’Abbaye de Moyenmoutier, étude historique, in Bulletin de la Société Philomatique vosgienne, tome XXIII, 1897-1898, p. 117-223.
Chapelier (abbé Ch.).- L’Ancienne abbaye de Moyenmoutier, in Bulletin de la Société Philomatique vosgienne, tome XIII, 1887-1888, p. 221-252.
L’hôte (J.-B. E).- La Vie des saints du diocèse de Saint-Dié, tome II, p. 5-27.


[Albert Ronsin]

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