ENGIBALD

[ Remiremont (88), ?? – Remiremont (88), 07/08/1122 ]

ermite

Fondateur du monastère d’Hérival.

Biographie vosgienne

1848 — Biographie vosgienne / François Vuillemin

ENGIBALDE ou INGIBALDE et VICHARD.- Prêtres, fondateurs d’Hérival, étaient frères et natifs d’Épinal, selon dom Calmet, et de Remiremont, suivant Hugo. Vichard habita d’abord le prieuré de Bonneval, puis le monastère de Remiremont avec Engibalde, son frère.

Après la dispersion des moines, vers 1070 ou 1075, les deux frères vinrent chercher une retraite au Val-d’Ajol, encore inhabité, et jetèrent les fondements d’un prieuré en un lieu appelé Hérival ; toutefois, il n’y avait pas, entre les deux fondateurs, harmonie parfaite d’idées. Engibalde était, dit Descharrières [Note], outré dans ses opinions, et ne voulait ni chapelle, ni oratoire, ni chant des psaumes, ni office public, ni même la communion sacramentelle, prétendant que la spirituelle suffisait.

Son frère, plus éclairé, ne pouvant le changer, se sépara de lui ; mais l’évêque de Toul, Ricuin, fut plus heureux ; en sorte qu’après d’itératives remontrances, Engibalde revint à de meilleurs sentiments, communia à Remiremont et mourut peu après. Il fut enterré dans cette ville, où, de nos jours, on a trouvé, dans le cimetière du Chapitre, une tuile qui portait son nom
.

Après la mort d’Engibalde, Vichard revint au Val-d’Ajol, fit terminer le prieuré et mourut en 1145. Engibalde était mort vers 1100 ; on a écrit sur lui les deux vers suivants :

Le pauvre Engibaldus, comme un vray pélican,
Rend Hérivalx pour l’ame au désert vigilant.


 

Note : Histoire du Val-d’Ajol.- Manuscrit appartenant à la fabrique de l’église de cette commune.

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

ENGIBALD, ermite, fondateur du monastère d’Hérival

XI° siècle


Site d’Hérival près du Val d’Ajol où vécut l’ermite Engibald.
 
Né à Remiremont, d’une famille riche, peut-être noble, il fait partie des prêtres hebdomadiers ou chanoines attachés à l’abbaye. Des revers de fortune, l’exemple des ermites du Saint-Mont (Anthénor, Sehère...), le désir, fréquent à cette époque, de sauver son âme en fuyant le monde, l’amènent à demander vers 1082 un coin de forêt à une lieue de Remiremont à l’abbesse Gisla pour s’y retirer et y vivre seul sous le regard de Dieu.

Ainsi naît sous la forme d’un simple ermitage à l’endroit dit des Vieilles Abbayes ce qui deviendra le monastère d’Hérival. La réputation de sainteté d’Engibald attire vers lui des visiteurs venus solliciter ses conseils. Certains décident d’imiter son exemple et choisissent de mener la vie érémitique. Parmi eux se trouve son frère Wichard. Engibald donne à ses ermites un ensemble d’usages qui assure le partage de la journée entre la prière et le travail sans se référer à une règle précise. Ainsi se créait une observance originale appelée à survivre lorsqu’elle sera, au siècle suivant, codifiée dans les Statuts du prieur Constantin.

Non content de vivre dans un dépouillement total, le fondateur se met à prêcher une doctrine contraire à l’orthodoxie religieuse et recommande l’abstinence des sacrements. Jugeant tout homme indigne de les recevoir, il ne fait construire aucune église où les moines puissent seulement prier. C’est la raison d’une scission dans la jeune communauté. Sous la conduite de Wichard, certains cherchent un nouvel asile et fondent Bonneval en forêt de Darney. Engibald voit le vide se faire autour de lui. Ricuin de Commercy, nouvel évêque de Toul depuis 1107, intervient comme l’avait fait son prédécesseur Pibon, afin de faire comprendre au prêtre obstiné que sa doctrine avait un relent d’hérésie.

Cependant, peu avant sa mort, il se rend à Remiremont, y abjure ses erreurs et reçoit la communion, avant de mourir dans sa ville natale, le 7 août 1122. Son corps est enseveli près de la porte sud de l’église, dans la chapelle Saint-André, où il sera retrouvé en 1752, lors de la démolition de celle-ci pour la reconstruction du Palais abbatial. Une croix de plomb dans le cercueil de pierre permit l’identification.


Bibl. : Galli (dom A.).- Hérival et son héritage, p. 4-53.


[Pierre Heili].

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

WICHARD, religieux
Mort à Hérival, vers 1145


Originaire de Remiremont, frère d’Engibald, le fondateur d’Hérival, il est attiré par ce dernier ainsi que par d’autres ermites dans la solitude du Val de Combeauté. D’un caractère réfléchi, moins excessif que son frère, il acquiert une grande influence sur la majorité des solitaires.

Engibald ayant sombré dans l’hérésie, il entraîne un certain nombre d’ermites qui quittent Hérival pour s’établir sur les terres du sire de Saint-Baslemont en forêt de Darney et fonde ainsi le monastère de Bonneval autour de l’an 1100. Lorsque le groupe devient plus nombreux, Wichard fonde, à proximité de Bonneval, l’ermitage de Chèvreroche. Il fait construire une chapelle dans chacun des deux centres, il établit la psalmodie chorale et y introduit l’observance d’Hérival.

En 1122, à la mort de son frère, Wichard est rappelé par les religieux d’Hérival dont il devient le prieur. Il procède alors à l’union entre les deux établissements. Tout de suite, il se met à l’œuvre et sur le site des vieilles abbayes, il fait construire un oratoire et un réfectoire et contribue avec Constantin, qui lui succédera, à l’élaboration de la règle monastique dite règle d’Hérival.

Le recrutement du nouvel ordre se fit assez abondant pour déterminer la fondation d’un troisième centre, implanté à Aubiey, près de Nomexy. Les listes des prieurs d’Hérival font mourir Wichard en 1145. Plus qu’Engibald, c’est lui qui donna à l’ordre d’Hérival son essor décisif.


Bibl. : Galli (dom).- Hérival et son héritage, p. 55-60.


[Pierre Heili]

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