1838 —
Annuaire administratif et statistique des Vosges 1838 / Charles Charton
M. DROUOT DE LAMARCHE, Lieutenant Général.- Né à Wisches, le 14 juillet 1733, M. Drouot de Lamarche (Joseph) est mort le 18 mai 1814, à Sarrebourg (Meurthe) où il s’était retiré.
Il est peu de militaires qui aient parcouru une aussi longue carrière, et qui, comme Drouot de Lamarche, aient pu compter près de 64 ans de services.
Dès l’âge de 18 ans, Drouot de Lamarche entra comme simple dragon au régiment de Frise ; lieutenant dans Camp-Fort-Dragons le 1er janvier 1760, et capitaine le 13 septembre 1761, il quitta ce corps pour passer dans le régiment de colonel général des hussards, où il fut promu au grade de lieutenant-colonel le 25 juillet 1791. Une année après, le 10 octobre 1792, il fut nommé maréchal de camp, et, le 8 mars 1793, lieutenant général des armées de la république.
Appelé au commandement de l’avant-garde de l’armée des Ardennes, le général Drouot de Lamarche déploya les plus grands talents militaires, et obtint d’importants succès dans de nombreux combats. Animé du plus noble patriotisme, on le vit, quoique malade, rejoindre cette armée au moment de la trahison du général Dumouriez, raviver le courage des soldats et prendre la direction des opérations militaires. Le 14 avril 1793, il marcha sur Valenciennes et attaqua le camp de Famars auquel il fit éprouver des pertes considérables. Il essuya ensuite quelques revers, et le comité de salut public, qui ne pouvait pardonner à ses généraux les caprices de la fortune et le suspendit injustement le 30 juillet 1793.
Le général Drouot de Lamarche supporta avec résignation, en attendant des temps meilleurs, cette disgrâce non méritée. Il resta sans emploi jusqu’en l’an VIII ; et, quoique âgé de près de 70 ans, il voulut encore être utile à sa patrie, et accepta à cette époque le commandement que le premier consul lui offrit de la deuxième demi-brigade de vétérans en activité.
Chevalier de la légion d’honneur en l’an XII, et commandant de la même légion le 26 prairial de la même année, le général Drouot de Lamarche quitta définitivement le service le 7 août 1807.
Cet officier général a laissé un fils, M. le chevalier Drouot de Lamarche, qui, digne héritier de ses vertus guerrières, a servi pendant quarante-deux ans son pays. Couvert de blessures honorables, il vit aujourd’hui retiré à Strasbourg, après avoir acquis le grade de colonel de cavalerie el celui d’officier de la légion d’honneur, et rempli jusqu’en 1814 les fonctions d’inspecteur des eaux et forêts du grand duché de Toscane.
1848 —
Biographie vosgienne / François Vuillemin
DROUOT DE LAMARCHE Joseph.- Lieutenant-général, né à Isches, arrondissement de Neufchâteau, le 14 juillet 1733, mort à Sarrebourg, le 18 mai 1814, s’engagea, en 1751, dans le régiment de dragons de Frize, et était parvenu au grade de capitaine à l’époque de la révolution. Son ancienneté de services et ses talents militaires lui valurent un avancement rapide. Colonel en 1791, maréchal de camp en 1792, il fut élevé, en 1793, au grade de lieutenant-général, et reçut un commandement à l’armée des Ardennes.
Son courage et sa loyauté le firent remarquer en maintes occasions. Les généraux Valence et Dumouriez le signalèrent à la convention nationale avec de grands éloges. Après leur défection, il aida le général Dampierre, qui l’appelait son brave et loyal ami, à ranimer le patriotisme des soldats, et marcha contre l’ennemi, à qui il fit éprouver plusieurs pertes, notamment à l’attaque du camp de Famars. Après la mort du général Dampierre, les représentants Lequinio et Cochon lui confièrent, comme au plus capable, le commandement en chef de l’armée, mais il ne voulut l’accepter que provisoirement, déclarant qu’une si lourde tâche était au-dessus de ses forces. Pendant son commandement, le prince de Cobourg lui ayant adressé une longue lettre, pleine d’amers reproches, il y répondit d’une manière aussi digne que laconique, et l’énergie toute française de sa réponse fut vivement applaudie par la convention nationale [Note].
Le général Drouot de Lamarche ayant essuyé quelques revers, le comité de salut public, qui ne comprit pas assez que des victoires étaient impossibles avec une armée affaiblie et démoralisée, le mit en disponibilité le 30 juillet 1793.
En l’an VIII, le premier consul lui ayant de nouveau offert un commandement, il rentra dans l’activité, fut nommé, en l’an XII, commandant de la Légion d’honneur, et ne se retira définitivement que le 7 août 1807. Il était âgé de 74 ans et comptait 64 années de services.
Note : Voici cette lettre : Monsieur, je ne suis point orateur, je suis soldat ; je ne ferai point de phrases, je tiendrai fidèlement les engagements que je contracterai avec les généraux ennemis, parce que je suis d’une nation qui aime à les tenir.
La lettre que vous a adressée le ministre Lebrun avait un motif juste : la réclamation du capitaine Lecointre, du lieutenant-colonel Pille et des cinq autres victimes qui vous ont été livrées, mais que le moindre principe d’équité des droits de la guerre aurait dû vous empêcher de recevoir. Doit-on, en effet, connaître d’autres prisonniers que ceux faits au champ de l’honneur et les armes à la main ; et peut-on considérer comme tels des hommes qui vous ont été livrés par un Dumouriez, un traître, que loin d’accueillir près de vous, vous eussiez dû mépriser et chasser en l’abandonnant aux remords qui l’attendent.
Habitué, d’après les principes de la nation française, à ne faire la guerre que loyalement, je vois avec indignation que vous tolérez les incendies portés par vos troupes chez les malheureux habitants des campagnes, dont vous devriez respecter la situation déplorable. Je vous envoie le lieutenant hollandais Nawe, et le sergent des grenadiers Vallons ; j’espère que de votre côté vous renverrez les six personnes détenues à Maëstricht.
1866 —
Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien
DROUOT (Joseph), de Lamarche. Lieutenant commandant de la Légion d’honneur, est né à Visches le 14 juillet 1733, mort à Sarrebourg le 14 juillet 1814 ; il ne quitta le service qu’en 1807, avec le surnom de brave et loyal ami que lui donna le général Dampierre.
1881 —
Voyages dans les Vosges / Charles Chapiat
DROUOT, dit de Lamarche.- Isches a aussi donné naissance au général DROUOT, dit de Lamarche. Né en 1733, il s’était engagé à dix-huit ans, dans un régiment de dragons, et il était parvenu au grade de capitaine, quand éclata la Révolution. Ses talents militaires lui valurent alors un avancement rapide.
Colonel en 1791, maréchal de camp en 1792, lieutenant général en 1793, il avait reçu un grand commandement dans l’armée des Ardennes, et le général en chef Dumouriez le signala, pour son courage et sa loyauté, avec de grands éloges.
Après la défection de Dumouriez, il aida puissamment le général Dampierre, qui l’appelait son brave et loyal ami, à ranimer le patriotisme de l’armée, et à repousser les ennemis de la France. A la mort de Dampierre, on lui offrit le commandement en chef de l’armée ; mais il ne voulut l’accepter que provisoirement, déclarant, dans sa modestie, cette tâche au-dessus de ses forces. Ce brave général, ayant essuyé quelques revers, fut mis en disponibilité par le Comité de salut public.
En l’an VIII, le Premier Consul lui offrit un commandement ; il rentra en activité à soixante-huit ans, et montra toute la valeur de l’âge mûr. Il obtint la récompense de chevalier, d’officier, de commandant de la Légion d’honneur, et se retira en 1807, après soixante-quatre ans de service. Il mourut en 1814.
Le général Drouot de Lamarche a laissé un fils, qui est devenu colonel de cavalerie.
1889 —
Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier
DROUOT DE LAMARCHE (François Joseph).- Le général Drouot de Lamarche, né à Wisch (commune annexée) le 14 juillet 1733, s’engagea en 1751 comme dragon et conquit tous ses grades jusqu’à celui de capitaine de cavalerie.
Colonel du 5e hussards le 15 septembre 1791, il fut promu maréchal de camp (général de brigade) le 3 février 1793, et lieutenant-général le 8 mars 1793 ; il commanda une division à l’armée des Ardennes. Il quitta le service en 1807.
Le général Drouot de Lamarche est mort à Sarrebourg (Meurthe), le 18 mai 1814.