Député des Vosges (1791-1792 et 1798-1799).
1838 —
Annuaire administratif et statistique des Vosges 1838 / Charles Charton
M. DIEUDONNÉ, PRÉFET.- Dieudonné (Christophe) est né au Ménil, près de Senones, en 1757, et mort à Saint-Saulne, près Valenciennes, le 3 ventôse an XIII.
Son père, cultivateur aisé, le destinait aux travaux agricoles et voyait avec indifférence l’aptitude précoce que montrait son fils. Mais sa mère, qui savait mieux l’apprécier, aida en secret au développement de ses heureuses dispositions. Au moyen des économies qu’elle sut faire, elle acheta des livres au jeune Christophe, que ses camarades surnommèrent Christon-le-Savant, et paya les leçons qu’il allait recevoir d’un maître d’école de Senones, tous les jours, malgré les intempéries des saisons, à près d’une lieue de la demeure de sa famille.
D’un caractère sérieux et doux, Dieudonné ne partageait point les jeux bruyants des enfants de son âge ; il se livrait avec ardeur à l’étude et ne la quittait que pour seconder, en fils reconnaissant, sa mère dans les occupations domestiques dont elle était chargée. Ses goûts le portèrent vers la profession d’avocat. Il se fit bientôt remarquer au barreau de Saint-Dié. Environné de 1’estime de ses concitoyens, qu’il devait autant à la loyauté de son caractère qu’à sa haute capacité, il fut appelé, le 10 juillet 1790, par le conseil général aux fonctions d’administrateur du département des Vosges. Peu de temps après, il devint membre de l’assemblée législative, où, s’ils ne furent point brillants, ses travaux eurent le mérite d’une grande utilité.
Dieudonné ne fit point partie de la convention nationale. De retour dans ses foyers, il reprit ses anciennes fonctions qu’il quitta pour remplir celles de président du tribunal criminel du département des Vosges. Le 5 germinal an IV, il fut nommé procureur général syndic, et, le 27 thermidor an V, commissaire central pouvoir exécutif auprès de l’administration de ce département. Il fut élu, en l’an VII, membre du conseil des anciens, où le trouva la fameuse journée du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799). De cette assemblée, il passa au tribunat. Son mérite personnel n’échappa point au premier consul, et un décret du 3 pluviôse an IX l’appela à l’importante préfecture du Nord, en même temps que Lefaucheux à celle des Vosges [Note].
Dans ce nouveau poste, Dieudonné déploya la rare activité dont la nature l’avait doué. On se rappelle qu’il s’était imposé la loi de consacrer au travail quatorze heures par jour, et qu’il regrettait que des circonstances indépendantes de sa volonté l’obligeassent quelquefois de manquer à cette règle.
Son administration fut marquée par de vastes améliorations, qui préparèrent au département du Nord une ère de bonheur et de prospérité. Il s’appliqua à rechercher les besoins de l’intéressante contrée confiée à ses soins et que le fléau de la guerre avait récemment dévastée ; il étudia en même temps les moyens d’y satisfaire et parvint à la faire sortir de l’état déplorable où elle était réduite. Il releva les établissements publics, les hospices surtout, dont le dénuement était presque absolu, et organisa dans toutes les communes des bureaux de bienfaisance, chargés de conserver, d’accroître et d’employer le patrimoine sacré du pauvre. L’instruction secondaire et l’enseignement élémentaire trouvèrent en lui un zélé protecteur. Sa sollicitude s’étendit aussi sur d’autres intérêts : il améliora l’état des routes et des chemins vicinaux, favorisa les progrès de l’industrie manufacturière, et seconda l’essor de l’industrie agricole.
En même temps, Dieudonné encouragea les lettres et les arts, porta son attention sur les monuments érigés à la gloire nationale et fit restaurer la pyramide de Denain, qui atteste à la postérité la victoire remportée auprès de ce village, le 24 juillet 1712, par le maréchal de Villars, sur l’armée des alliés commandés par le prince Eugène. Et, comme si tant d’occupations aussi sérieuses ne lui eussent point suffi, il entreprit l’immense travail de la statistique générale du département du Nord, et dans moins de deux ans, il termina cet ouvrage justement estimé.
Cet admirable dévouement lui valut la confiance et l’attachement des habitants du Nord, et les éloges souvent réitérés du conseil général. Dans ses procès-verbaux, cette assemblée consigna l’expression de sa reconnaissance pour le zèle éclairé et constant que Dieudonné montra dans l’exercice de ses fonctions, et l’économie qu’il apporta dans toutes les parties de son administration. Pour prix de ses services, Dieudonné reçut aussi, le 25 prairial an XII, la croix de la légion d’honneur. Mais la tâche laborieuse qu’il voulait remplir et son activité qui ne se ralentissait point usèrent promptement sa vie, et il mourut quatre ans après sa nomination à la préfecture du Nord, où il laissa les plus honorables souvenirs.
Note : Voir la notice de M. Lefaucheux dans l’annuaire de 1835.
1843 —
Biographie universelle, ancienne et moderne
DIEUDONNÉ (Christophe), né en 1757 dans les Vosges, était avocat à Saint-Dié au moment de la Révolution. Il fut alors nommé administrateur du département des Vosges, et bientôt membre de l’assemblée législative.
Après la session, il fut rendu à ses premières fonctions, et, en l’an V, choisi par le Directoire exécutif pour exercer près de l’administration des Vosges les fonctions de commissaire central.
Il siégea au conseil des Cinq-Cents jusqu’au 18 brumaire, fut ensuite membre du tribunal, et, en 1801, préfet du département du Nord.
Dieudonné mourut à Lille le 22 février 1808. Il a publié : Statistique du département du Nord (Douai, 1804, 3 vol. in-8°), fort estimée surtout pour ce qui est relatif aux mines d’Anzin.
[in Biographie universelle, ancienne et moderne ou Dictionnaire de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs talents,leurs vertus ou leurs crimes depuis le commencement du monde jusqu’à ce jour. Ouvrage rédigé par plus de 300 collaborateurs, et entre autres par MM. Arago, Auger, Barante (de), Benjamin Constant, Beuchot, Biot, Bonald (de), Capefigue, Châteaubriand, Clavier, Cousin, Cuvier, Daumont, Delambre, Eyriès, Feletz (de), Gérando (de), Guinguenée, Guizot, Humboldt (de), Klaproth, Laeretelle, Lally-Tollendal, Laplace (de), Malte-Brun, Michaud, Michelet, Naudet, Ch. Nodier, Parisot, Portalist, Raoul-Rochette, Rémusat, Salvandy, Silvestre de Sacy, Simonde de Sismondi, Staël (Mad. de), Stassart, Suard, Tissot, Villemain, Visconti, Walkenaër, Weiss, etc., etc.- Nouvelle édition, revue, corrigée et considérablement augmentée d’articles omis, nouveaux, et de célébrités belges, par une Société de gens de Lettres et de Savants.- Bruxelles : chez H. Ode éditeur, 1843-1847. Tome 5e.].
1845 —
Le Département des Vosges / Henri Lepage, Charles Charton
Christophe DIEUDONNE, né en 1757, mort en l’an XIII.
Il débuta par être avocat à St-Dié, fut appelé, en 1790, par le conseil général, aux fonctions d’administrateur du département des Vosges, devint membre de l’assemblée législative, président du tribunal civil des Vosges, procureur—général syndic, puis commissaire central du pouvoir exécutif auprès de l’administration de ce département ; membre du Conseil des Anciens, du Tribunat, et enfin préfet du département du Nord.
[Tome 2, p. 327].
1848 —
Biographie vosgienne / François Vuillemin
DIEUDONNÉ Christophe.- Préfet, naquit au Ménil, près de Senones, en 1757, d’une famille de cultivateurs. Son père voulait lui faire embrasser sa profession, mais sa mère, qui sut reconnaître en lui d’heureuses dispositions, lui procura les moyens d’étudier. Il embrassa la carrière du barreau, se fit remarquer à Saint-Dié, et fut, en 1790, nommé administrateur du département des Vosges.
Élu à l’assemblée législative, il prit part à tous ses travaux. Pendant la durée de la convention, il revint dans les Vosges, où il exerça, avec un rare talent, les fonctions de président du tribunal criminel du département, de procureur général syndic et de commissaire central du pouvoir exécutif près de l’administration départementale. Appelé au conseil des anciens, il y fit rendre plusieurs décrets d’intérêt général et passa au tribunat, après le coup d’État du 18 brumaire.
Le premier consul, à qui son mérite n’avait pas échappé, l’appela, par décret du 3 pluviôse an IX, à la préfecture du département du Nord. Un travail de quatorze heures par jour rendit bientôt son administration remarquable. Il s’occupa de tout, pourvut à tout, et les résultats qu’il obtint furent si heureux, que le premier consul, qui était peu prodigue de félicitations, l’en remercia par une lettre autographe qui fut, pour Dieudonné, la récompense la plus précieuse de ses travaux.
La mort vint le surprendre à Saint-Saulne, près de Valenciennes, le 3 ventôse an XIII, quatre ans après sa nomination.
1866 —
Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien
DIEUDONNÉ (Christophe), naquit à Ménil, canton de Senones, en 1757. Destiné par sa famille, à suivre la carrière du barreau, il reçut une éducation distinguée et analogue à cette profession, pour laquelle, dès sa jeunesse, il montra un goût très prononcé. Il était avocat à Saint-Dié, lorsque la révolution éclata.
Son aptitude pour les affaires, sa probité et l’estime générale qui l’environnait, le firent nommer administrateur du département des Vosges, qu’il fut bientôt chargé de représenter à l’assemblée législative, où ses travaux furent plus utiles que brillants.
En l’an VII, il fut nommé membre du conseil des anciens, où il siégeait encore lors de la célèbre journée du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799). Il était membre du Tribunal lorsque le premier consul Bonaparte, à qui il avait été désigné comme l’un des plus dignes de sa confiance, le nomma, le 4 pluviôse an XI préfet du département du Nord.
Dieudonné, jaloux de justifier le choix du premier chef de l’État, et naturellement sage et modéré dans ses opinions et dans sa conduite, s’attacha à ranimer la confiance dans le cœur des citoyens, et à y faire renaître l’espérance ; il recréa les institutions et établissements publics ; rétablit les manufactures, encouragea l’agriculture, enfin fortifia l’esprit public. Il eut le bonheur de réussir dans ses nobles tentatives ; et il reçut une digne récompense de son zèle dans la décoration de la Légion d’honneur, qui lui fut accordée le 25 prairial an XII. Il mourut peu de temps après, le 3 ventôse an XIII, vivement regretté de ses administrés, (à Saint-Saulne, près Valenciennes).
1881 —
Voyages dans les Vosges / Charles Chapiat
DIEUDONNÉ Christophe.- Né au hameau de Ménil en 1757.
Un des hommes qui se sont distingués à notre grande Révolution. Son père, pauvre cultivateur, voulait le mener à la charrue, mais sa mère, qui lui voyait d’heureuses dispositions, parvint à le faire étudier, grâce à la générosité des Bénédictins de Senones : ce fut encore un disciple des moines. Il embrassa la carrière du barreau, se fit remarquer à Saint-Dié par son talent, et fut, en 1790, nommé administrateur du département des Vosges.
Élu à l’Assemblée législative, il prit part à tous ses travaux. Revenu dans les Vosges, pendant la durée de la Convention, il exerça les fonctions de président du tribunal civil d’Épinal, puis de commissaire central du pouvoir exécutif. Appelé au conseil des Anciens, puis au Tribunat, il fut, en l’an IX, nommé préfet du Nord.
Dieudonné se rendit tellement remarquable, à Lille, par ses travaux assidus et sa bonne administration, que le Premier Consul l’en remercia par une lettre autographe : récompense d’autant plus flatteuse que la main de Bonaparte en était moins prodigue. La mort vint surprendre ce grand administrateur au milieu de sa carrière : il mourut près de Valenciennes, en l’an XIII, à l’âge de quarante-neuf ans.
1889 —
Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier
DIEUDONNÉ (Christophe).- Né au Ménil, près de Senones, en 1757, Dieudonné, avocat à Saint-Dié, fut élu en 1790 administrateur du département des Vosges (membre du Conseil général), et membre du Directoire.
Le 1er septembre 1791, il était élu député des Vosges à l’Assemblée Législative, le 4e sur 8, par 240 voix. Il marqua peu à cette Assemblée et ne fut pas élu à la Convention. Réélu administrateur du département en 1792, puis vice-procureur général-syndic, il fut nommé, en novembre 1793, président du tribunal criminel révolutionnaire, séant à Mirecourt, et eut à prononcer plusieurs condamnations capitales. Il redevint ensuite administrateur du département, le 23 octobre 1795.
Commissaire du Directoire près l’Administration centrale des Vosges en 1797, fonction équivalente à celle de préfet, il fut élu en 1799 membre du Conseil des Anciens, se montra favorable au 18 brumaire et devint, en 1800, membre du Tribunat.
Préfet du Nord le 23 janvier 1803, Dieudonné mourut deux ans après à Saint-Saulne, près de Valenciennes, le 21 février 1805.
1959 —
La Liberté de l’Est
Christophe Dieudonné, juge et préfet,
présida le tribunal criminel révolutionnaire des Vosges
et mourut avec la réputation d’un grand philanthrope
Curieuse figure de républicains du temps passé, que celle de Christophe Dieudonné, qui a laissé les plus durables souvenirs ailleurs que dans les Vosges, où pourtant il passa presque toute sa vie.
Né au Ménil, près de Senones, en 1757, il était avocat à Saint-Dié quand éclata la Révolution à laquelle il se dévoua corps et âme.
Dès 1790, il était membre du Directoire du département des Vosges, et l’année suivante, il était député à la Législative. Il redevint administrateur du département en 1792, et en 1793 président du Tribunal criminel révolutionnaire, séant à Mirecourt.
La guillotine à Mirecourt
C’est lui qui préside le tribunal qui condamna à mort à mort Anne Dosson, de Docelles, qui étant allée au pèlerinage de Notre-Dame des Ermites, resta 13 mois en Suisse et revint sans savoir qu’elle était coupable d’émigration. On ne saurait pourtant incriminer Dieudonné, comme l’a écrit M. Schwab, Anne Dosson n’ayant à faire valoir en sa faveur aucune des exceptions prévues par la loi pour les Français convaincus du crime d’émigration, le tribunal ne pouvait que la condamner à la peine de mort par application de la loi du 28 mars 1793.
Il en est de même pour l’abbé Didelot, vicaire à Remiremont, l’abbé Rivat, et les deux servantes de Madame de Ferrette, chanoinesse de Remiremont, Anne Petitjean et Jeanne-Marie Durupt, qui furent guillotinés à Mirecourt. Mais comme on l’a fait remarquer, le tribunal criminel vota toujours pour l’acquittement toutes les fois que des constatations précises ne rendaient pas la peine inéluctable.
Dieudonné redevint ensuite administrateur, puis fit son apprentissage dans ce qui allait être plus tard la carrière préfectorale en devenant en 1797 commissaire du Directoire près l’administration centrale du département des Vosges.
Il revint au Parlement comme membre du Conseil des Anciens et membre du Tribunat, et comme il s’était montré favorable à Bonaparte, il fut nommé préfet du Nord le 23 janvier 1803. Il devait cette nomination à son compatriote et ami François de Neufchâteau, et, lui-même, en beau Lorrain, pris pour secrétaire général de la préfecture, un compatriote, S. Bottin, natif de Grémonviller, et qui plus tard devait fonder le recueil auquel son nom est resté attaché : le Bottin.
Dans ses nouvelles fonctions, Dieudonné montra que s’il avait été un juge austère, son caractère était cependant foncièrement doux et bienfaisant.
Une œuvre exemplaire
Un archéologue du Nord, le baron de Warenghien, a dit de Dieudonné : Il n’entre pas, dans le cadre de mon travail, de citer des preuves de l’activité, du dévouement, de la haute capacité administrative que le préfet Dieudonné consacra à l’accomplissement d’une mission, alors si ardue et si difficile. Il s’agissait de rétablir l’ordre et la sécurité dans le département, d’en restaurer les finances, de lui rendre sa prospérité d’autrefois, de faire disparaître les tristes traces des ruines partout amoncelées, et d’édifier sur ce sol dévasté par les orages de la Révolution quelque chose de solide et de durable.
Et notre baron de citer un autre de ses confrères en érudition : Il n’est point de sorte de bien auquel il n’ait songer, pas un point du département où l’on ne puisse afficher cette devise : tout le bien qu’il a pu faire, il l’a réalisé.
De cette activité, il est resté un ouvrage en trois volumes, la Statistique du département du Nord, qui est un tableau fidèle de ce département à l’époque de Dieudonné.
Les gens du Nord furent enthousiasmés par ce préfet de grande classe. Un peintre de talent, Hilaire Le Dru, fit son portrait. Nous ne sachons pas qu’on en ait fait autant dans ses Vosges natales.
Il y apparaît avec un visage énergique, aux yeux vifs, au menton volontaire, où une certaine rudesse est tempérée par un très petit soupçon de sourire.
Dieudonné s’intéressa également aux Lettres et aux Arts. Il encouragea de tous ses moyens la Société libre d’amateurs de Sciences et Arts. Il lui procura même un local. Quand il ne pouvait venir aux réunions, il s’en excusait avec le ton d’un érudit tout à fait désolé de ne pouvoir suivre une réunion qui lui est chère. Il signait de son paraphe tarabiscoté à la mode du temps.
Vous me demandez comment je sais tout cela ? C’est que la Société d’Agriculture, Sciences et Arts de Douai, lorsqu’elle fait à son centenaire en publiant son histoire, ne manqua pas de rendre un tribut de reconnaissance sacrant par la plume du baron de Warenghien des lignes élogieuses, et en reproduisant son portrait et même ses autographes : à l’inverse de ce qui se produit trop souvent, écrivait le président de cette docte Société, la reconnaissance de la vie longue, car elle dure encore aujourd’hui après plus d’un siècle. La société tient à l’honneur d’en attester la continuité….
N’est-il pas piquant de voir que les plus beaux éloges de Dieudonné ont été écrits par des gens du Nord, alors qu’il n’a pourtant vécu que deux ans parmi eux.
Il repose au cimetière de Valenciennes, où sa pierre tombale porte ces simples mots : A Dieudonné, Préfet, la reconnaissance.
Jean Bossu.
[La Liberté de l’Est, 22 avril 1959].
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
DIEUDONNÉ (Christophe) , avocat, législateur et préfet
Ménil-de-Senones, 12 octobre 1757 - Saint-Saulve, 21 février 1805

Avocat au Parlement, il est nommé, le 31 mars 1784, procureur postulant au bailliage de Saint-Dié. Le 10 juin 1790, il est élu au Conseil général du département par 272 voix et entre au Directoire de ce même conseil le 8 juillet 1790. Le 1er septembre 1791, il est élu par l’assemblée électorale du département député des Vosges à la Législative par 240 voix sur 410 votants. A la dissolution de cette assemblée, il retourne dans les Vosges pour se faire élire de nouveau (13 novembre 1792) membre du Directoire départemental et le 10 décembre de la même année, il est désigné pour remplir en cas d’absence du procureur-général-syndic, les fonctions de vice-procureur-général-syndic.
Le 7 décembre 1793, il est nommé, par le Comité de surveillance de Mirecourt, président du Tribunal criminel du département siégeant à Mirecourt en remplacement de Sébastien Lepaige destitué. Dans cette fonction, il justifia complètement l’attente des patriotes et c’est sous sa direction que furent prononcées les dix condamnations à mort suivies d’exécution relevées dans les Vosges sous la Terreur de novembre 1793 à juin 1794.
Destitué après thermidor, il redevient le 24 décembre 1794 administrateur du département par arrêté du représentant Bailly, puis procureur-général-syndic sur décision du Comité de législation en date du 23 avril 1795. Commissaire du Directoire près l’Administration centrale des Vosges en 1797 (fonction équivalente à celle de préfet), il remplace à ce poste François de Neufchâteau nommé ministre de l’Intérieur. Au printemps 1799, il est élu député au Conseil des Anciens.
Il adhère à Bonaparte après le coup d’état de brumaire ce qui lui vaut d’être nommé membre du Tribunat à la création de ce corps. Nommé préfet du Nord par Bonaparte le 23 janvier 1803, il déploie dans cette fonction une grande activité qu’une mort prématurée, à l’âge de 48 ans, interrompt deux ans plus tard.
Bibl. : Robinet, Robert et Le Chapelain.-
Dictionnaire historique et biographique de la Révolution et de l’Empire, Paris, 1898, 2 vol.
Bouvier (Félix).-
Biographie générale vosgienne, p. 399.
Mathieu (A).-
Annuaire des Vosges, 1838.
Bossu (J.).-
Christophe Dieudonné, juge et préfet, in
La Liberté de l’Est, 22 avril 1959.
[Pierre Heili].