1848 —
Biographie vosgienne / François Vuillemin
DESCHARRIÈRES Jean Joseph Claude.- Prêtre, né aux Granges-de-la-Croix, commune du Val-d’Ajol, dans le dix-huitième siècle, est auteur d’une histoire manuscrite de la Paroisse et commune du Val-d’Ajol. Cet ouvrage, bien qu’écrit avec peu d’ordre, contient des renseignements historiques très importants, non seulement sur le Val-d’Ajol, mais encore sur un grand nombre d’autres localités du département des Vosges et même des départements limitrophes.
Dans sa préface, Descharrières annonce qu’il est auteur d’autres ouvrages historiques qui ont été appréciés du public. Je n’ai pu me procurer la liste de ces ouvrages, et j’incline à penser qu’ils sont demeurés manuscrits ou qu’ils ont été publiés sans nom d’auteur.
1866 —
Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien
CLAUDE (Jean-Joseph), successivement aumônier d’un régiment d’artillerie, curé constitutionnel de Saint-Loup (Haute-Saône), professeur à l’école secondaire de Belfort, enfin aumônier du lycée de Strasbourg, né le 20 juin 1744, au hameau de Charrières, commune du Val-d’Ajol, canton de Plombières.
L’abbé Claude a laissé à sa mort, arrivée en 1829, une Histoire du Val-d’Ajol et villages circonvoisins, qui annonce de grandes et consciencieuses recherches, manuscrit in-folio, qu’il dédia à son respectable ami M. Gérard, curé de cette paroisse.
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
CLAUDE (Jean Joseph), dit Des Charrières (abbé), historien
(Le Val d’Ajol, 20 juin 1744 - Strasbourg, 8 mai 1831)
Issu d’une famille de cultivateurs aisés installée au hameau des Charrières dont il prit le nom, Jean-Joseph Claude fait son noviciat chez les Jésuites de Nancy de 1759 à 1762 puis au collège d’Avignon où il enseigne les Belles-Lettres.
A la suppression de la Compagnie de Jésus, en 1773, il entre au grand séminaire de Besançon où il fait sa théologie et obtient la prêtrise. Vicaire à Sainte-Marie-Madeleine de Besançon, puis à Belfort, il s’occupe plus particulièrement du secteur rural et de la vie religieuse de la garnison. Ses loisirs sont consacrés aux recherches historiques dans les archives de la ville alors intactes. En 1782, il est nommé curé de Saint-Loup-sur-Semouse (Haute-Saône) où la Révolution le trouve.
En 1789, il se signale en organisant avec ses paroissiens, la défense du presbytère contre une bande de patriotes qui voulaient le piller. Réfractaire à la constitution civile du clergé, il s’expatrie à Augsbourg. Après la chute de Robespierre, il rentre en France et exerce un ministère clandestin aux environs de Saint-Loup. Mais la persécution qui se déchaîne à nouveau après le 18 fructidor l’oblige à quitter le pays pour Altorff en Suisse où il donne des leçons. L’invasion de la Suisse par les Français le repousse en Allemagne, puis à Vienne où il se voit confier l’éducation des Jeunes princes Galitzin.
Il est de retour à Belfort en 1806 ; il est nommé à l’école secondaire de la ville et reprend ses études d’histoire locale qui aboutissent en 1808 à la publication d’une Histoire littéraire de Belfort et du voisinage, premier ouvrage historique qui ait paru sur Belfort et son arrondissement.
Claude des Charrières est nommé en 1810 aumônier du lycée de Strasbourg, fonction qu’il occupe pendant 10 ans. Les dernières années de sa vie sont encore consacrées à une activité pastorale dans le cadre de la paroisse Saint-Jean et à des travaux d’érudition.
C’est dans cette période strasbourgeoise qu’il écrit le plus. Il termine en 1826 une Histoire générale et particulière de la ville et du comté de Belfort restée manuscrite, et donne la même année une Vie de M. François-Félix Pierron, chanoine-curé de Belfort. En 1825, il avait mis la dernière main à son Histoire de la paroisse et commune du Val d’Ajol, Hérival et communes voisines... dont le manuscrit original déposé à la mairie du Val d’Ajol a donné lieu à un certain nombre de copies.
L’abbé Claude des Charrières entreprit également des recherches sur le clergé victime de la Révolution et envoya des notices à l’abbé Carron pour ses Confesseurs de la Foi dans l’église gallicane à la fin du XVIIIe siècle (1820) ; on lui doit enfin plusieurs manuscrits ayant trait à des matières religieuses et des ouvrages aussi divers que des Conseils aux Suisses sur leur artillerie (1794) et des Observations sur les anciennes fortifications de Strasbourg (1818) qui témoignent de l’intérêt que le savant ecclésiastique porta durant toute sa vie à l’art militaire.
Bibl. : Bardy (H.).- Le Premier historien de Belfort, J.-J. C. Descharrières, sa vie et ses oeuvres, in La Revue d’Alsace, 1903, p. 68-88.
[Pierre Heili].