François Florentin BRUNET

[ Vittel (88) , 1731 – Paris (75) , 15/09/ 1806 ]

ecclésiastique

Biographie vosgienne

1848 — Biographie vosgienne / François Vuillemin

BRUNET François Florentin.- Lazariste, né à Vittel vers 1770, embrassa la vie religieuse et fut chargé de l’enseignement de la théologie au séminaire de Toul et à celui de Châlons-sur-Marne. À l’époque de la révolution, il se retira en Italie et ne rentra en France qu’en 1804.

Brunet a publié :
1°- Du Zèle de la foi dans les femmes, et des heureux effets qu’il peut produire dans l’Église ; in-12. Cet ouvrage a été traduit en italien.
2°- Lettres sur la manière d’étudier la théologie.
3°- Traité des devoirs des pénitents et des confesseurs ; Metz, 1788.
4°- Elementa theologioe ad omnium scholarum catholicarum usum, ordine novo aptatoe ; Rome, 1804, in-4°.
5°- Parallèle des religions ; Paris, 1792 ; 5 vol. in-4°. Ce livre, un des plus savants écrits sur la matière, est divisé en quatre parties : le paganisme, le mahométisme, le judaïsme et le christianisme. Il a été d’une grande utilité à plusieurs auteurs, qui y ont fait de larges emprunts sans se donner la peine de le citer.

Brunet est mort le 15 septembre 1806.


1866 — Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien

BRUNET (François-Florentin), religieux lazariste, naquit à Vittel, arrondissement de Mirecourt, en 1770.

Fort jeune, il entra dans la congrégation de la Mission, et fut choisi pour enseigner la théologie au séminaire de Toul, d’où il passa à celui de Châlons-sur-Marne. Cayla de la Garde, dernier supérieur de la Mission, fuyant les persécutions révolutionnaires, l’emmena avec lui à Rome. Il était alors assistant général de son ordre ; il le désigna en mourant pour son vicaire général, et lorsque les Missions revinrent en France, en 1804, Brunet se rendit à Paris, où il mourut, le 15 septembre 1806.

Son principal ouvrage est intitulé : Parallèle des religions, Paris , 1792, 3 tomes, en 5 volumes in-4°.

1881 — Voyages dans les Vosges / Charles Chapiat

BRUNET François Florentin.- [Vittel] a vu sortir de ses murs plusieurs personnages de distinction, dont le plus remarquable est l’abbé François Florentin Brunet, né en 1731, d’une famille bourgeoise des plus honorables.

Il fut confié pour ses études aux Récollets de Bulgnéville, pays de sa mère, et les bons pères aidèrent avec un grand soin au développement de ses heureuses dispositions et de ses vertus naissantes. Au sortir de leurs mains, il entra dans la congrégation de Saint-Lazare, où ses rares talents furent bientôt appréciés, et il s’y engagea en 1749. Professeur de philosophie au séminaire de Toul, de théologie à celui de Châlons-sur-Marne, puis supérieur de ce dernier en 1775, et de celui de Poitiers en 1787, il fut, l’année suivante, choisi pour second assistant de la congrégation, et il dut retourner près du général, à Paris, où l’attendaient de rudes épreuves.

La Révolution allait éclater. La scélératesse des meneurs inventait et répandait dans le peuple les choses les plus calomnieuses contre la noblesse et le clergé. Une disette eut lieu : on les accusa d’en être la cause, en accaparant les grains, pour affamer les populations et s’en rendre plus aisément les maîtres. Cette absurde imputation trouva créance, et l’on put ameuter le peuple de Paris contre les fils de Saint-Vincent-de-Paul. Le 13 juillet 1789, les émeutiers tombèrent sur la maison des Lazaristes et y causèrent le plus affreux désastre. Saisi par la populace en furie, l’abbé Brunet fut traîné à la halle aux blés, menacé d’y être pendu ; il dut son salut à un officier de garde, qui le fit secrètement évader. L’intrépide religieux rentra dans sa maison dévastée, et il y demeura jusqu’à la suppression de son ordre, en 1792.

Quittant Paris alors, le P. Brunet erra, comme un pauvre proscrit, en divers lieux, rejoignit son général, du Cayla, en 1794, à Mannheim et le suivit à Rome. Avant de mourir, en 1800, ce général le désigna comme supérieur de la congrégation. En 1804, par l’influence du cardinal Fesch, oncle de Bonaparte, il put rétablir son ordre en France : le premier Consul avait cédé devant le nom de Vincent de Paul.

Le nouveau supérieur général vainquit avec une rare prudence les immenses difficultés d’un temps de recomposition sociale et religieuse, et, en gouvernant son ordre, il s’attira l’estime et la vénération de tous les membres, des religieuses comme des religieux. Autorisé par le souverain Pontife à désigner son successeur, il nomma le P. Placiard, un peu avant de mourir, en 1806.

Le savant P. Brunet a composé des ouvrages remarquables, dont le principal est intitulé : Parallèle des religions, en 5 vol. in-4°. Ce grand ouvrage, publié en 1792, est écrit avec une grande lucidité, une rare pureté de style, et présente un vrai modèle de méthode et de modération. Il n’existe rien de plus utile et d’aussi complet sur la matière ; on l’a beaucoup copié, sans même daigner citer son nom.

Le P. Brunet a aussi publié des Elementa Theologioe, en 5 vol., Rome, 1804. C’est encore un grand ouvrage, très estimé à Rome et en Italie.

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

BRUNET (François Florentin), religieux lazariste
(Vittel, 1731 - Paris, 15 septembre 1806)

Il fait ses études chez les Récollets de Bulgnéville avant de s’engager, en 1749, dans la Congrégation de Saint-Lazare. Professeur de philosophie au séminaire de Toul et de théologie à celui de Châlons-sur-Marne, il en devient supérieur en 1775.

Douze ans plus tard, il est placé à la tête du séminaire de Poitiers. En 1788, il est second assistant de la congrégation et adjoint du général de la Congrégation à Paris.

Le 13 juillet 1789, la population parisienne qui accusait les Lazaristes d’accaparer les grains, attaque leur maison. L’abbé Brunet est capturé, traîné à la Halle aux blés et menacé d’y être pendu. Il doit son salut à un officier qui le fait évader ; la fureur populaire calmée, il rentre dans sa maison dévastée et y demeure jusqu’à la suppression de son ordre.

En 1792, il quitte Paris et rejoint son général, Du Caila, à Mannheim, puis le suit à Rome. Il est nommé supérieur de la Congrégation des Lazaristes en 1800 et revient en France où il la réinstalle en 1804 grâce à l’appui du cardinal Fesch, oncle de Bonaparte.

L’abbé Brunet est l’auteur d’un Parallèle des religions en 5 volumes (1792) et d’Elementa theologia (Rome, 1804, 5 vol.).


Bibl. : Chapiat (Abbé).- Voyage dans les Vosges, p. 3-5.


[Pierre Heili].

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