1848 —
Biographie vosgienne / François Vuillemin
BENIT Anne François.- Né à Mirecourt, en 1796, se destina d’abord à l’état militaire et était parvenu au grade d’officier, lorsqu’il renonça à cette carrière. Il fit connaître les motifs qui l’avaient dirigé, dans une brochure de 66 pages, intitulée : Idée d’un jeune officier sur l’état militaire ; in-8°, décembre 1820. C’est un coup d’œil sévère, mais qui ne manque pas d’avoir quelque fondement sur l’organisation des armées en Europe.
Benit se livra ensuite, avec une grande assiduité, à l’étude de la physiologie, sous la direction de M. Geoffroy-Saint-Hilaire, et de la médecine, sous la direction du célèbre Broussais. Un mémoire publié par lui dans le troisième volume des Annales de la médecine physiologique, pages 1401-64, exposant, avec un rare talent, le système de physiologie anatomique de M. Geoffroy-Saint-Hilaire, semblait lui présager un grand succès pour l’avenir ; malheureusement, une circonstance puérile en elle-même, mais qui eut les plus déplorables résultats, vint briser cet avenir.
Une boulette de mie de pain, qu’il lança par inadvertance dans un restaurant, à la figure d’un des convives, l’obligea à se battre en duel. Son adversaire, atteint dans les reins, incapable de réflexion, tira son pistolet, presque à bout portant, sur le témoin de Benit, qui accourait à son secours et qui tomba roide mort ! Benit, son adversaire et le témoin de ce dernier, furent traduits, à la suite de ce duel, devant la cour d’assises de la Seine. Ils furent acquittés ; mais l’imagination de Benit fut tellement frappée par ce cruel événement, qu’il quitta la France au commencement de 1823.
A dater de ce moment, on n’a rien su de certain sur sa vie. On croit qu’il passa en Espagne, où il se réunit aux Français, qui, à cette époque, s’étaient ralliés autour d’un drapeau tricolore ; on dit, de plus, qu’il fut tué dès l’ouverture de la campagne.
1866 —
Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien
BENIT (Anne-François), né à Mirecourt, en 1796, embrassa d’abord l’état militaire, mais ses méditations et les sentiments que cette profession réveilla en lui, l’en dégoûtèrent bientôt. En la quittant spontanément, il crut devoir instruire le public des motifs de sa détermination qu’il consigna dans une brochure intitulée : Idées d’un jeune officier sur l’état militaire, in-8°, de 66 pages, décembre 1820. L’organisation des armées européennes de l’époque s’y trouve jugée avec une sévérité qui n’est pas dépourvue de fondement.
Benit ne s’occupa plus ensuite que de sciences physiologiques et médicales. Il n’est pas permis de douter que Benit n’eût obtenu des succès dans la nouvelle carrière qu’il venait d’embrasser ; mais l’infortuné jeune homme n’était pas né pour être heureux ; ayant lancé, par inadvertance, chez un restaurateur, des boulettes de mie de pain à la figure d’un des convives, il fut obligé de se battre en duel. L’adversaire de Benit reçut son feu à quinze pas ; la balle l’atteignit dans les reins ; il se crut mort, il tira son coup sur le témoin de Benit, qui accourait à son secours. Celui-ci tomba raide mort, tandis que celui qui l’avait frappé guérit. Benit, son adversaire, et le témoin de ce dernier furent traduits devant la cour d’assises de la Seine, sous la prévention de meurtre. Ils furent tous trois acquittés par le jury ; mais cet affreux événement ne s’effaça jamais de l’esprit de Benit.
Au commencement de 1823, il disparut inopinément de Paris ; on croit qu’il passa en Espagne, pour aller se joindre aux Français, rassemblés à cette époque autour d’un drapeau tricolore. On ajoute qu’il fut tué à l’ouverture de la campagne.