1831 —
Dictionnaire des artistes de l’Ecole française au XIXe siècle
AUGUSTIN (Jean-Baptiste-Jacques), peintre de portraits en miniature, à l’huile et sur émail ; Paris, rue Croix-des-Petits-Champs, 25, né à St-Diez (Vosges) en 1759 ; n’a pas eu de maître. Parmi les nombreux portraits qu’il a exposés aux différons Salons qui se sont succédés depuis 1796, on a remarqué celui de l’auteur, exposé en 1796 ; de M. Lallemand, statuaire, exposé en 1801 ; de Chaudet, statuaire, exposé en 1804 ; de Denon, en émail ; de MM. Nadermann et Frédéric Duvernois ; de Mme la vicomtesse Chaptal, exposé en 1810 ; ceux de Napoléon, de Joséphine, de la reine Hortense, du roi de Hollande, de la reine de Naples, de la princesse de Schwarzemberg, de plusieurs autres souverains, de Mme Récamier ; ceux de Louis XVIII, gravé par Lignon ; des ducs de Berry et d’Orléans, de la duchesse d’Angoulême, gravé par Lignon ; du duc de Richelieu, etc.
M. Augustin a obtenu une médaille de première classe en 1806, et une autre en 1824 ; il a été nommé en 1819, premier peintre en miniature de la chambre et du cabinet du roi ; et en 1821, chevalier de la Légion d’Honneur.
M. Augustin a tenu pendant longtemps une école de dessin et de peinture, dans laquelle se sont formés un grand nombre de nos premiers artistes en ce genre. A exposé en 1830 au Luxembourg un cadre de miniatures parmi lesquelles on remarque celle de l’impératrice Joséphine, sur émail.
AUGUSTIN (Mme), peintre en miniature, femme du précédent ; Paris , rue Croix-des-Petits-Champs, 25 ; élève de son mari. Elle a exposé plusieurs portraits aux salons de 1822, 1824 et 1827, notamment ceux de MM. Abel de Pujol et Blondel, peintres. Elle a obtenu une médaille à l’exposition de 1824.
in Dictionnaire des artistes de l’Ecole française au XIXe siècle : peinture, sculpture, architecture, gravure, dessin, lithographie et composition musicale. Par Ch. GABET, peintre.- Paris : chez Madame Vergne, libraire, 1831.
1838 —
Annuaire administratif et statistique des Vosges 1838 / Charles Charton
AUGUSTIN Jean-Baptiste Jacques.- Né à Saint-Dié en 1759, se passionna de bonne heure pour la peinture, et y consacra tellement son application que, sans la direction d’aucun maître, sans le secours d’aucun conseil, il fit dans cet art des progrès qui lui assignèrent une place parmi les premiers peintres de miniature. Un sentiment plus noble encore que l’amour de la gloire, le dévouement filial stimula ses efforts et en prépara le succès. Unique soutien de sa mère ruinée par l’incendie qui embrasa Saint-Dié en 1758, et qui appela sur cette malheureuse cité les bienfaits de Stanislas [Note], Augustin entreprit de l’abriter contre les rigueurs du besoin, en se servant des seuls moyens que la nature lui avait départis. Il quitta sa ville natale en 1781 et se rendit à Paris. Là, il eut à lutter contre bien des obstacles, à supporter bien des privations pour se créer des ressources et un nom, mais son inébranlable persévérance triompha des difficultés qui semblaient devoir l’arrêter dès ses premiers pas dans la carrière qu’il avait choisie.
Après des essais plus ou moins heureux, une grande miniature, haute de neuf pouces et large de onze, qu’Augustin fit paraître en 1796, fonda sa réputation d’artiste. D’autres productions ne tardèrent pas de lui succéder et accrurent la célébrité de leur auteur. Augustin fut alors recherché par les personnages marquants de l’époque, dont il peignit les portraits. Il caractérisa particulièrement ses ouvrages en leur donnant une dimension que la miniature n’avait pas reçue avant lui. Ils se répandirent dans les différentes parties du monde, et il en existe un à Calcutta, qui s’étend sur treize pouces de hauteur et huit de largeur. On cite, comme les portraits les plus remarquables exécutés par ce peintre, ceux de l’impératrice Joséphine, de Louis XVIII et de M. Denon, directeur du musée.
Augustin s’attacha aussi à peindre sur émail et excella dans ce genre de travail ; mais il fut obligé d’y renoncer, parce que sa vue en était trop fatiguée.
Membre de plusieurs sociétés savantes, il fut nommé, en 1819, premier peintre en miniature de la chambre et du cabinet du Roi et chevalier de la légion d’honneur. La mort l’enleva aux arts il y a quelques années.
Note : Le musée des Vosges renferme un tableau de l’incendie de Saint-Dié, peint par Rémond et donné à cet établissement par le gouvernement. L’auteur a choisi le moment où le désastre vient de cesser et où les habitants se précipitent au-devant de Stanislas, de ce prince dont la mémoire sera toujours chère aux Lorrains, pour recevoir ses consolations et ses secours.
1848 —
Biographie vosgienne / François Vuillemin
AUGUSTIN Jean Baptiste Jacques.- Peintre, né à Saint-Dié en 1759, se passionna très jeune pour l’art des Raphaël et des Rubens, et devint, sans maître, un des meilleurs peintres en miniature, genre qu’il a en quelque sorte créé.
Il a fait les portraits d’un grand nombre de personnages célèbres. Les plus estimés, sous le rapport de la finesse du coloris, sont ceux de Napoléon, Joséphine, Louis XVIII, Denon, le duc de Berry, etc. En 1819, il fut nommé premier peintre en miniature de la chambre et du roi, et chevalier de la Légion d’Honneur.
Mme Augustin a exposé aussi, au salon de 1822, plusieurs portraits d’une remarquable beauté ; celui de son époux a surtout été cité comme un chef-d’oeuvre.
Augustin est mort à Paris, peu de temps après la révolution de juillet.
1866 —
Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien
AUGUSTIN (Jean-Baptiste-Jacques), peintre en émail et en miniature, né le 15 août 1759 à Saint-Dié, d’une famille pauvre, se passionna dès son bas âge pour l’imitation de la figure humaine. Ses ressources étaient si bornées, qu’il manquait même du peu d’argent qu’il fallait pour suivre une école ; il prit donc, et bien fut à lui, la nature pour maître, et pour modèles dans l’art, les chefs-d’œuvres de Petitot.
Ainsi replié sous le siècle de Louis le Grand, il résista au faux goût de l’époque, goût qui, sous prétexte de naïveté, d’innocence même, tapissait de ses peintures molles, coquettes, blanches ou roses, et toujours riantes, les boudoirs des courtisanes de Louis XV, temples des amours mignards, dont Boucher avait le sacerdoce, artiste du reste de beaucoup de talent, mais auquel on doit appliquer ces vers si connus:
Ce n’est que jeux de mots, qu’affectation pure,
Et ce n’est point ainsi que parle la nature ?
Ce ne fut qu’en 1781 qu’Augustin se rendit à Paris, où Vieu, premier peintre du roi à Rome, régénérait déjà l’art affadi. Les miniatures du jeune provincial, de l’artiste sans école, furent accueillies, et bientôt leur vigueur de ton, la vérité des chairs, l’expression des yeux et de la bouche, la ressemblance parfaite, le tout, uni à une perfection d’un fini admirable, valurent au peintre une renommée européenne. Les royales familles, les riches banquiers et les négociants, les artistes fameux, les actrices et les courtisanes célèbres, revivaient sous ses pinceaux ; Napoléon, l’impératrice Joséphine, se multiplièrent sous ses doigts. Ses chefs-d’œuvres sont ses grandes miniatures représentant lui tout d’abord, puis le sculpteur Calamare, puis le peintre Girodet, puis Caroline Murat et la duchesse d’Angoulême.
Toutefois marchait l’école de David, de ce peintre sévère anatomiste, qui ne vous faisait pas grâce d’une fibre, d’une veine, dans ses académies vivantes et superbes ; alors, insensiblement la miniature vit l’huile succéder à ses couleurs fines et douces, que le goût du moment trouva trop énervées.
Augustin, qui vieillissait et voyait décliner, non sa réputation, mais sa vogue, en ressentit quelque chagrin, que cependant adoucit l’honneur assurément mérité de sa nominations en 1819, au titre de premier peintre en miniature du cabinet du roi, et, en 1820, de chevalier de la Légion d’honneur. Sa femme, d’abord son élève, n’était point étrangère à ses travaux. Augustin finissait avec un soin précieux. Un jour, un émail qui lui avait coûté un temps et une application indicibles, échappa de sa main dans le fourneau à cuire cette pâte ; désespéré, il y enfonça la main, qu’il ne retira qu’avec son chef-d’œuvre, mais dépouillée de son épiderme.
Malgré son économie sévère, ce peintre n’avait pas une fortune proportionnée à ses longs travaux et à son immense talent, tant il dépensait de jours et de mois à un portrait. Dès l’âge de 30 ans, il vécut avec un ennemi intime, la goutte, qui lui laissait peu de repos. L’horrible fléau qui planait sur l’Europe l’emporta la 13 avril 1832.
1881 —
Voyages dans les Vosges / Charles Chapiat
AUGUSTIN J.-B. Jacques.- Né en 1759. Il se passionna pour l’art des Raphaël et des Rubens, et devint, sans maître, un des meilleurs peintres en miniature.
Il excella dans les portraits : on en cite de lui de magnifiques, sous le rapport de la finesse et du coloris, ceux de Napoléon et de Joséphine, de Louis XVIII et du duc de Berry. En 1819, il fut nommé peintre en miniature des Chambres et du Roi. Il excella aussi dans la peinture sur émail. Cet artiste mourut à Paris, peu de temps après la révolution de Juillet.
Mme Augustin, sa femme, a fait, elle aussi, de beaux portraits, et celui de son mari a été considéré comme un chef-d’oeuvre.
1889 —
Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier
AUGUSTIN (Jean-Baptiste Jacques).- Au temps où l’art charmant de la miniature était dans toute sa vogue, il n’y a pas eu d’artiste plus éminent, plus exquis qu’Augustin, le premier des miniaturistes par le talent et aussi par son ancienneté dans un genre qu’il avait popularisé.
Né à Saint-Dié, le 15 août 1759, il se forma presque seul, ne pouvant faire les frais de son éducation artistique. Néanmoins lorsqu’il arriva à Paris en 1781, ses premières peintures sur émail, ses miniatures si soignées, si délicates, d’un si riche coloris, lui valurent le succès. La Révolution n’arrêta pas son essor. Mais ce fut surtout pendant la période impériale qu’il atteignit sa plus grande renommée.
Pas une illustration de l’époque, pas une puissance de l’art ou de la banque ne lui échappèrent ; il en fixa les traits avec ce fini d’exécution, cette science de la couleur qui distinguent ses productions. On formerait un musée de souverains ou une galerie de la beauté, rien qu’en groupant les principales oeuvres d’Augustin. Le catalogue de ses portraits ferait un gros volume. Bien qu’il eut peint Napoléon et l’impératrice Joséphine, ce ne fut cependant qu’en 1819, sous Louis XVIII, qu’il reçut le titre de premier peintre en miniature du cabinet du Roi, et ce n’est qu’en 1820 qu’il fut nommé Chevalier de la Légion d’honneur.
Augustin mourut à Paris le 13 avril 1832, emporté par une attaque de choléra ; sa tombe se voit au cimetière du Père-Lachaise, à deux pas de celle du général Foy.
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
AUGUSTIN (Jean Baptiste Jacques), peintre miniaturiste
(Saint-Dié, 15 août 1759 - Paris, 13 avril 1832)

Fils aîné du maître vitrier de la Grande Rue, à Saint-Dié, Denis Augustin, et de Marie Françoise Guillaume, dont la famille comptera trois enfants, il travaille chez un peintre en bâtiment et s’exerce à dessiner d’après nature et d’après les gravures. Remarqué par l’intendant de l’évêque Chalot de Saint-Marc, il est envoyé à Nancy puis à Dijon pour se perfectionner, puis il gagne Paris vers 1782 et travaille chez un peintre en émail et miniature, Gatien Phlipon, où il rencontre Guibal, fils du sculpteur nancéien. La qualité de son travail, le rendu des physionomies lui attirent une clientèle importante et il forme des élèves. Il se rend à Brest pour exécuter des commandes en 1789, revient à Paris et la Révolution n’interrompt pas son activité.
Il débute au salon en 1791, est remarqué pour une miniature d’après Greuze en 1793 et expose en 1796 son propre portrait en miniature de grand format. A partir de 1802, il est le peintre officiel de la cour impériale (portrait de Napoléon, 1806). Il effectue des voyages en Allemagne et en Autriche. Lors de la Restauration, il continue à travailler pour la noblesse. Le 15 septembre 1814, il est nommé peintre ordinaire du Roi et en 1819 peintre en miniature du cabinet du Roi. En 1820, il effectue un voyage en Angleterre et au retour exécute le portrait de son ami Duvernoy, joueur de cornet à pistons ; cette oeuvre est considérée comme le sommet de sa carrière. Il est élu membre de l’Académie de peinture.
Parmi ses nombreux élèves, il forme Lisinka Rüe, qui supplante Augustin dans l’esprit du Roi Louis XVIII et dans les préférences de la cour. Ses travaux sont moins appréciés et il est atteint par la maladie - la goutte en particulier. Il est emporté par l’épidémie de choléra de 1832. Il est inhumé au Père Lachaise ; sa tombe est ornée d’un médaillon de David d’Angers.
Il était chevalier de la Légion d’honneur depuis 1820.
Il avait épousé, le 8 juillet 1800, Madeleine Pauline Ducruet, âgée de 19 ans et l’une de ses élèves, qui connaît un succès de miniaturiste au cours de plusieurs salons et collabora à l’oeuvre de Jacques Augustin.
Le musée de Saint-Dié possède plusieurs miniatures de l’artiste, son nécessaire de peintre et un album de dessins exécutés lors de ses voyages. Son nom a été donné à un lycée professionnel de sa ville natale. L’essentiel de son oeuvre a été acquis par Pierpond Morgan et est conservé à New York. Une autre partie est en possession d’une de ses descendantes, la baronne de Saint-Palais.
Jacques Augustin avait un frère cadet,
Joseph Ange Augustin, qui exécuta quelques peintures sur toiles à Saint-Dié et dans la région.
Bibl. : Fleuriot de Langle et Schlumberger.-
Augustin, in
Connaissance des Arts, N° 69. sept. 1957.
Roujon (H.).-
La Miniature, in
L’Illustration, Noël 1912.
D.B.F., tome IV, col. 571-572.
Michaud.-
Biographie universelle, tome II, p. 451.
Save (G.).-
Jacques Augustin, in
B.S.P.V., tome VI, pages 91-102 ; tome VII, pages 103-111, tome IX, page 253 ; tome XXII, pages 366-371.
Peccatte (Ch.).-
Jean Baptiste Jacques Augustin, in
B.S.P.V., tome XXXIX, pages 61-88. pl.
Bouchot (H.).-
La Miniature française de 1750 à 1825.
[Albert Ronsin].