1829 —
Biographie historique et généalogique / Louis Antoine Michel
VIOMÉNIL Charles Joseph Hyacinthe, comte du Houx, marquis de.- Chevalier de Saint-Louis, commandeur de la Légion d’honneur, pair et maréchal de France, né à Ruppe (Lorraine) en 1734.>:p>
D’abord aide de camp de Chevert, fut employé en Corse en 1769, et eut le commandement de la légion de Lorraine en 1771 ; puis le gouvernement de la Martinique et des îles du Vent en 1789. Revenu en France, il émigra au commencement de la révolution, commanda l’avant-garde de l’armée de Condé, en tête de laquelle il a pris part, avec le plus grand éclat, à toutes les actions qui signalèrent les campagnes de 1792, 1793 et 1796.
Le comte de Vioménil fut un des officiers français que l’empereur Paul voulut attacher plus particulièrement à son service, en le nommant lieutenant général de ses armées ; mais il ne voulut point quitter la fortune du prince de Condé, sous les yeux duquel il avait combattu avec une distinction qui lui mérita son estime et son amitié : il le suivit en Angleterre, de là, passa en Portugal en 1801, avec le grade de lieutenant général, et où les occasions seules manquèrent à son courage.
Rentré en France avec le roi en 1814, le comte de Vioménil fut nommé pair du royaume ; il accompagna S.M. à Gand en 1815, et lors du retour du roi, il fut un des premiers a pénétrer dans Paris, décoré de ses ordres et de la cocarde blanche, en bravant tous les périls auxquels une semblable démarche l’exposait. Nommé, presque aussitôt, commandant de la 11e division militaire à Bordeaux, il passa en 1816 au gouvernement de la 13e division à Rennes , et y fit une proclamation, dans laquelle respirent tous les sentiments d’honneur et de fidélité qui n’ont jamais cessé de l’animer.
Cette même année, il reçut des mains du roi le bâton de maréchal de France, et prêta serment en ces termes : C’est bien de toute l’affection de mon âme, que je jure, et S.M. ne doute pas de la sincérité de mon serment. Le comte de Viomènil est mort à Paris en 1827. Il avait fait ses études à Lunéville, dans l’école des Cadets, sous les yeux de Stanislas, le plus bel exemple de bienfaisance et de courage à suivre. Son domicile politique était à Nancy, ville qu’il a longtemps habitée, et dont une des places porte son nom.
1866 —
Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien
VIOMÉNIL (Charles-Joseph-Hyacinthe du Houx de), pair et maréchal de France, né en 1734 à Ruppes, canton de Coussey, fit les guerres de Flandre, et se trouva à la bataille de Lawfeld et au siège de Berg-Op-Zoom.
Il quitta momentanément l’armée après ces premiers essais de valeur, pour aller à Lunéville terminer son éducation dans l’école des Cadets qu’y avait formée Stanislas. Il en sortit pour rentrer dans la carrière des armes, et fit, comme aide de camp de l’illustre Chevert, les campagnes de la guerre de Sept-Ans, où sa valeur et plusieurs actions d’éclat lui méritèrent, dès l’âge de 26 ans, la croix de Saint-Louis. Nommé en 1761, colonel en second des Volontaires du Dauphiné, il servit de nouveau en Allemagne, et y soutint la gloire qu’il avait acquise dans la guerre de Sept-Ans ; il passa de là en Corse, où il commanda l’avant-garde du maréchal de Vaux, qui, dans un rapport au roi, lui rendit ce témoignage que la conquête de la Corse était due à sa valeur.
Le grade de brigadier fut, en 1770, la récompense de ces derniers services. Nommé successivement, de 1771 à 1780, colonel de la légion de Lorraine, colonel du 3e régiment de chasseurs à cheval, et enfin maréchal de camp, il fut employé en cette dernière qualité à l’armée du comte de Rochambeau en Amérique, où il servit avec la plus grande distinction. Le roi lui accorda, à son retour en France, une pension de 5 000 francs, en attendant qu’il le pourvût d’un gouvernement. Il obtint, en 1789, celui de la Martinique et des îles du Vent, où les troubles occasionnés par la révolution française commençaient à se faire sentir, et il y maintint l’ordre par sa fermeté.
Rappelé vers la fin de 1790, et trouvant tout changé dans sa patrie, il se rendit à l’armée de Condé, y fit de la manière la plus brillante les campagnes de 1792 et 93, en qualité de commandant et d’inspecteur de l’avant-garde, et reçut de la main des princes, frères de Louis XVI, le grand cordon de Saint-Louis. Après le licenciement de l’armée de Condé, il passa en Russie, où Paul 1er lui donna le grade de lieutenant-général, puis celui de général de cavalerie.
Disgracié un instant pour les égards qu’il témoigna au roi de Pologne détrôné, Paul 1er l’en dédommagea bientôt en le chargeant de commander et d’inspecter l’armée de Samogitie, forte de 42 000 hommes, et enfin le corps de 17 000 hommes, stationné aux îles de Jersey et de Guernesey. Mais ce corps ayant été rappelé en Russie, Vioménil offrit ses services au Portugal : cette offre fut acceptée avec empressement, et le roi Jean VI le nomma son maréchal-général, le chargeant de l’organisation de son armée. Vioménil conserva cet emploi important jusqu’à l’invasion des Français, en 1808, et fut chercher un asile en Angleterre, où il reçut du prince de Condé des témoignages multipliés d’estime et de considération.
Il revint en France en 1814 avec le roi, et fut appelé à la Chambre des pairs le 4 juin de la même adnée. Au 20 mars 1815, il fut chargé d’organiser les Volontaires royaux que l’on formait à Vincennes et montra dans cette opération,, malgré son grand âge, une grande énergie. Il resta le dernier au poste que le roi lui avait confié, et ce fut un vieillard octogénaire qui donna l’exemple du courage dans une circonstance où tant d’autres en manquèrent. Il suivit Louis XVIII dans les Pays-Bas, et revint avec ce monarque. Nommé presque aussitôt commandant de la 22e division militaire, il contribua à préserver le Béarn de l’invasion des Espagnols. Il passa, le 10 janvier 1816, au gouvernement de la 13e division militaire, fut créé maréchal de France le 3 juillet de la même année, et décoré de la croix de commandeur de l’ordre du Saint-Esprit le 30 septembre 1820.
Il mourut à Paris, en mars 1827. Connu longtemps sous le titre de chevalier, puis sous celui de comte, il avait été créé marquis en 1817.
1881 —
Voyages dans les Vosges / Charles Chapiat
VIOMÉNIL.- Sur le versant de la colline de Ménamont, où la Saône prend sa source, [Vioménil] a donné son nom au maréchal marquis de Vioménil, et au général son frère, de la famille du Houx, nés, le premier à Ruppes, 1734-1827, et le second à Fauconcourt, près de Rambervillers, 1718-1791.
1889 —
Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier
VIOMÉNIL (Charles Joseph Hyacinthe du Houx, comte, puis marquis de).- Maréchal de France. Né à Ruppes le 22 août 1734, d’une famille militaire, il fut très jeune officier, prit part aux guerres de Flandre et combattit à Lawfeld, au siège de Berg-op-Zoom ; il entra ensuite à Lunéville à l’École des Cadets, fondée par Stanislas, pour compléter son instruction.
Aide de camp de Chevert, il fit avec lui la guerre de Sept-Ans et y mérita, à 26 ans, la croix de Saint-Louis. Colonel en second des volontaires du Dauphiné, en 1761, il servit en Allemagne, puis contribua puissamment, en 1768, à la conquête de la Corse. Brigadier d’infanterie en 1770, il devint, en 1771, colonel de la légion de Lorraine et en 1772, colonel du 3e régiment de chasseurs à cheval.
Maréchal de camp le 1er mars 1780, Vioménil fit la guerre d’Amérique avec La Fayette et Rochambeau et s’y distingua. A son retour, il fut nommé gouverneur de la Martinique et des îles du Vent en 1789 ; en 1791, rentré en France, il émigra aussitôt et servit dans l’armée de Condé, dont il commanda l’avant-garde en 1793 et reçut le grand-cordon de Saint-Louis. Passé au service de la Russie, il fut lieutenant-général de cavalerie, puis au service du Portugal il y fut maréchal-général, mais dut se réfugier en Angleterre en 1808 après la victoire des Français.
Vioménil revint en France en 1814 ; le 4 juin il était nommé pair de France et chargé, en 1815, d’organiser à Vincennes les volontaires royaux. Après le retour de Napoléon, il suivit Louis XVIII à Gand et après les Cent-Jours fut nommé gouverneur de la 22e division militaire à Bordeaux. Il y réprima avec sévérité la résistance aux Bourbons et présida à l’exécution des deux généraux Faucher, les jumeaux de La Réole. Le 10 janvier 1816 il passa à la 13e division militaire à Rennes, où il poursuivit le procès du général Travot. Maréchal de France le 3 juillet 1816, créé marquis en 1817, commandeur de l’ordre du Saint-Esprit le 30 septembre 1820, il siégea constamment à la Chambre des Pairs.
Le maréchal de Vioménil mourut à Paris le 5 mars 1827, dans son hôtel de la rue de la Chaise et fut inhumé au cimetière du Calvaire, au Mont-Valérien.
Son gendre, le comte René de la Tour-du-Pin-Montauban, lieutenant-général, lui succéda comme pair de France, et mourut en juin 1837.
Son frère, Antoine-Charles Duhoux, baron de Vioménil, né à Fauconcourt en 1718, devint lieutenant-général, gouverneur de La Rochelle ; il fut blessé mortellement en défendant les Tuileries contre le peuple le 10 août 1792 et succomba quelques jours après.
Un autre frère, Antoine Louis Duhoux de Vioménil, maréchal de camp le 1er mars 1791, mourut en émigration.
Un quatrième frère, Charles Gabriel, devint maréchal de camp le 18 novembre 1814.
1969 —
L’Est républicain
Ces Vosgiens de l’indépendance... américaine
A l’occasion du voyage à Paris du président Nixon, nous avions consacré dans notre numéro du 2 mars dernier un court article à M. de Ménonville, un Vosgien de l’Indépendance américaine, un capitaine qui combattit aux côtés de Lafayette et de Washington et que l’Histoire oublia.
Grâce à des précisions importantes et d’un grand intérêt historique, que vient de nous fournir Mme M.-L. Fève, secrétaire de la Société d’archéologie et d’histoire locale du canton de Baccarat, nous pouvons aujourd’hui beaucoup mieux situer M. de Ménonville dans l’Histoire... et le suivre jusqu’à sa tombe.
Le château de Villé, commune de Nossoncourt (Vosges) où est né M. de Ménonville, faisait partie de la châtelletie de Baccarat, dont M. de Ménonville était voué.
Après avoir pris part à l’expédition d’Amérique en qualité de major général de l’armée française, se liant d’amitié avec Washington et Lafayette, avec lesquels il garda plus tard une correspondance intime, il avait été élevé au rang de maréchal des camps et chargé en 1788 d’une mission diplomatique en Pologne. Ses services en Amérique lui avaient valu, outre le titre de chevalier dans l’Ordre de Cincinnatus, une pension de 800 livres. En 1789, il était élu député de la noblesse aux Etats généraux.
Après le 10 août, il se retirait dans les Vosges, espérant y trouver la paix. Il était à Saint-Dié en 1793, chez M. le baron de Spitzemberg, commandant de la Garde nationale de cette ville, lorsque ce dernier, arraché de l’évêché de Saint-Dié, transformé en prison, et traîné à travers les rues de la ville par une bande de furieux, fut égorgé.
De Ménonville arrêté et jeté en prison à Epinal y demeura quatre ans. Il devait plus tard devenir maire de Deneuvre avant d’y décéder. Ainsi ce héros vosgien de l’Indépendance américaine repose-t-il tout près de la porte du petit cimetière de Deneuvre aux côtés de quelques membres de sa famille (sa femme, son fils, et la femme de celui-ci).
La tombe est simple, surmontée de trois croix de pierre. L’inscription de François-Louis de Ménonville ne porte comme titre que celui d’ancien maréchal de camp. Qui sait si cette modestie n’a pas permis l’oubli dans lequel est tombé un incontestable chef de l’armée des volontaires français pour l’Indépendance américaine.
Car en fait, si Ménonville fut oublié, il n’en fut pas de même d’un autre Vosgien, lui aussi combattant français en Amérique, Charles-Joseph-Hyacinthe du Houx, comte puis marquis de Vioménil, maréchal de France, né à Ruppes (Vosges) en 1734.
Aide de camp de Chevert, croix de Saint-Louis à 26 ans, colonel à 27 et maréchal de camp à 46 ans, il fut lui aussi un étonnant combattant, aux côtés de Lafayette et Rochambeau.
Gouverneur de la Martinique et des Iles du Vent en 1789, il combattit avec acharnement les troupes de Napoléon et se réfugia en Angleterre.
A la Restauration, nommé pair et maréchal de France en 1816, il vécut à Paris jusqu’en 1827 et fut inhumé au cimetière du Calvaire.
Deux Vosgiens à l’état-major des troupes françaises qui combttirent pour l’Indépendance d l’Amérique... et une cité (Saint-Dié) qui fournit son nom au nouvel Etat, voilà de uoi nous valoir un jour une visitprésidentielle... si M.Nixon est attentif à l’Histoire.
[René Midon, L’Est républicain, 16 mars 1969]
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
DU HOUX (Charles Joseph Hyacinthe), comte puis marquis de Vioménil, Maréchal de France
Château de Ruppes, 22 août 1734 - Paris, 5 mars 1827
Charles Joseph Hyacinthe du Houx, fils cadet de François Hyacinthe du Houx de Vioménil, baron de Belrupt et de Marie Antoinette de La Vallée, embrasse comme son frère aîné le métier des armes. Il est lieutenant en 1747, colonel en 1761, brigadier et colonel de la Légion de Lorraine en 1770, mestre de camp au 3° régiment de chasseurs à cheval cantonné à Épinal au début de 1779 et maréchal de camp en 1780. A partir de cette époque, il sert sans interruption dans l’armée française qui combat aux États-Unis jusqu’à la fin de 1782. Durant cette campagne, il fait partie de l’état-major de Rochambeau. En 1783, il est nommé inspecteur divisionnaire des troupes à cheval dans la première division des Trois-Évêchés. Six ans plus tard, il reçoit le gouvernement de la Martinique. Rentré en France, il émigre en 1791, puis il participe à diverses campagnes dans l’armée du prince de Condé. Devenu lieutenant-général, il se rend en Russie. Après avoir commandé les armées russes qui combattent en Suisse, puis en Hollande de 1799 à 1800, il est placé à la tête des armées portugaises. Il se fixe en Angleterre jusqu’en 814.
De retour en France, durant la première restauration, il suit le roi à Gand. Il rentre en France avec le roi Louis XVIII en 1814. Le 4 juin de cette année, il est nommé Pair de France. A titre de gouverneur de la 22° division militaire à Bordeaux après les Cent-jours, il réprime avec sévérité la résistance à la Maison de Bourbon. Il exerce plusieurs commandements semblables au cours des années suivantes. Il est élevé à la dignité de Maréchal de France le 3 juillet 1816 et créé marquis en 1818. Il devient aussi Commandeur de l’Ordre du Saint-Esprit en 1820. Il siège à la Chambre des Pairs jusqu’à son décès. Quand cet événement survient, il est inhumé au cimetière du Calvaire au Mont-Valérien. Il était également grand croix de Saint-Louis depuis 1795 et officier de la Légion d’honneur depuis le 19 août 1823. Il avait épousé le 28 avril 1772 Anne-Marguerite Olivier de Vaugien dont il eut deux filles.
Bibl. : Poull (G.).- Les Cincinnati vosgiens. Les Vosges, éditions France-Empire, 1985, pages 192 et 193.
Contenson (Baron Ludovic de).- La Société des Cincinnati de France et la Guerre d’Amérique, Paris, 1934, p. 280.
Dictionnaire de biographie française, publié sous la dir. de M. Prévot, Roman d’Amat, H. Tribout de Morambert, Paris, Letouzey (lettres A-H parues de 1928 à 1989), tome VXI, col. 1366.
[Georges Poull].