Baron d’Empire.
1829 —
Biographie historique et généalogique / Louis Antoine Michel
PUTON Marc Antoine Joseph Frédéric, baron.- Officier de la légion d’honneur, né à Remiremont en 1779 ; d’une famille de robe, originaire de Savoie ; entra au service en 1794 ; s’est trouvé à 61 combats, tant en Hollande qu’en Amérique, en Espagne, Pologne, Allemagne, Prusse, Russie et France ; et a assisté aux célèbres batailles d’Iéna, de Pultusk, d’Eylau, de Friedland, d’Essling ; de Wagram, de Smolensk, de la Moscowa, de la Bérézina, de Lutzen, de Bantzen ; de Dresde, de Leipzig, etc. Comme officier, il a constamment servi aux états-majors. Retiré en 1815, après 22 années de service, 16 campagnes, et 22 blessures, M. le baron Puton est allé s’établir à They sous Vaudémont, où, depuis huit ans, il remplit les fonctions de maire.
Il est auteur de plusieurs ouvrages qui ne sont pas encore sortis de son portefeuille :
- une traduction des oeuvres du célèbre Francklin ;
- un
Traité complet de l’art du fondeur de cloches ;
- et quelques
Lettres critiques sur des matières religieuses et philosophiques.
Ayant, le premier, donné l’exemple de l’usage des paragrêles dans le département de la Meurthe, il a composé à ce sujet des
Études d’électricité naturelle, dans lesquelles il discute l’utilité des appareils contre la grêle, et se prononce pour l’affirmative, avec cette profonde conviction que donne un examen raisonné et l’étude d’une longue suite de faits. Il est aussi l’auteur de la découverte du combustible minéral à Saint-Mange (Vosges), qui va faire l’objet d’une large concession à une compagnie puissante, dite de Mirecourt, que M. le baron Puton a organisée, et dont il a été nommé directeur [
Note]. Il a soumis, en 1823, à la société des antiquités, des notes historiques et numismatiques.
Note : Il parait que les couches découvertes occupent une très grande étendue, et qu’elles s’enfoncent graduellement jusqu’à plonger à près de 200 mètres aux limites nord de la concession : cela explique comment des tentatives, du même explorateur, ont échoué près de Vaudémont, encore qu’elles aient atteint une profondeur de plus de 100 mètres. On voit aussi par ce double exemple que dans ces sortes d’investigations, la force voulue et la persistance éclairée obtiennent tôt ou tard du succès.>/p>
La famille du colonel Puton a présenté, pendant la guerre d’Espagne en 1808, cette circonstance aussi malheureuse que singulière : à la même heure, en trois lieux différents, son père capitaine, le baron Puton, et son frère, lieutenant, ont été blessés gravement : le capitaine a été forcé de se retirer, le colonel a perdu un œil, et le lieutenant est mort sur le champ de bataille.
1845 —
Le Département des Vosges / Henri Lepage, Charles Charton
Marc—Antoine—Joseph-Frédéric, baron PUTON, lieutenant-colonel d’état-major, officier de la légion d’honneur, né en 1779 ; il s’est retiré du service en 1815, après avoir fait seize campagnes et reçu 22 blessures.
M. Puton est auteur de plusieurs ouvrages littéraires et scientifiques.
[Tome 2, p. 424].
1857 —
Annuaire statistique et administratif des Vosges 1857 / Veuve Gley
Le Colonel baron PUTON..- Voici encore une de ces noblesses qu’il nous est doux de glorifier, car elle a reçu son baptême de feu et de sang sur les champs de bataille, dans ces luttes héroïques soutenues par les vaillantes armées de la République et de l’Empire, contre l’Europe entière, et qui firent de notre belle patrie l’exemple des nations et l’admiration du monde.
Né le 8 septembre 1779, à Remiremont (Vosges), M. le baron Puton (Marc-Antoine-Joseph-Frédéric) entra au service comme simple soldat, le 21 vendémiaire an IV, dans la 157e demi-brigade, et fut nommé caporal et sergent les 10 et 20 thermidor de la même année. Il fit les guerres de la Vendée en l’an IV et en l’an V. Incorporé dans le 70e régiment, avec cette demi-brigade, le 5 brumaire an V, il fut nommé sous-lieutenant, aide de camp du général Humbert, à son départ pour l’expédition d’Irlande, le 18 thermidor an VI.
Fait prisonnier de guerre le 22 fructidor suivant, à la malheureuse journée de Ballinamuch, il fut échangé en l’an VII, et rentra en France, où il reprit son service comme sous-lieutenant, grade dans lequel il avait été confirmé par arrêté du Directoire exécutif du 4 pluviôse an VII, et passa dans le 71e régiment. Il servait à l’armée des côtes de l’Océan pendant les ans VIII et IX.
Embarqué pour Saint-Domingue avec le troisième bataillon du 71e, le 30 fructidor an IX, il fut nommé adjoint à l’état-major général de l’armée expéditionnaire le 19 pluviôse an X, passa comme lieutenant adjoint à l’état-major de la division du général Brunet le 18 prairial suivant, devint peu de jours après aide de camp de ce même général, et fut nommé capitaine aide de camp du général en chef Leclerc, en date du 23 vendémiaire an XI, confirmé par le premier Consul le 29 germinal suivant. De l’an X à l’an XIV, ce brave officier servit à Saint-Domingue ; il se trouva aux affaires du Morne-Lacroix, du Morne-à-Nègre, de la Crête-à-Pierrot, du Môle-Saint-Nicolas, et à celles du Port-de-Paix et de Léogane. Il se fit surtout remarquer le 27 brumaire an XI, au combat du Môle-Saint-Nicolas, où il fut blessé de quatorze coups de sabre et de plusieurs coups de pique.
Sa conduite dans celte journée lui valut un brevet d’honneur qui lui fut décerné par le général Rochambeau, le 3 frimaire de la même année, confirmé par le premier Consul, qui lui accorda un sabre d’honneur. Par l’effet de différentes mutations, le capitaine Puton rentra comme adjoint à l’état-major général de l’armée expéditionnaire le 27 brumaire an XII, et passa le même jour à la division commandée par le général Noailles.
Légionnaire de droit, comme décoré d’un sabre d’honneur, il fut créé officier de la Légion d’honneur le 25 prairial an XII (14 juin 1804), ce qui lui donnera, en 1856, cinquante-deux années de grade d’officier de l’ordre impérial. Embarqué avec cet officier général sur l’aviso de l’État, le Courrier, il se trouva au combat qui eut lieu contre une goélette anglaise de dix canons qui fut enlevée à l’abordage. Dans ce combat, où le général Noailles fut blessé à mort, le capitaine Puton monta le premier à l’abordage du bâtiment ennemi. Après la mort du général Noailles, à la tête de deux cents et quelques soldats rassemblés à Charleston (Amérique du Nord) par ses soins et ceux du consul Soult, il se rendit à Santo-Domingo, auprès du général Ferrand, qui l’employa à son état-major. Après la levée du siége de Santo-Domingo par les nègres de Dessalines, ayant obtenu un congé pour cause de maladie, il partit pour la France le 17 janvier 1806, chargé de dépêches pour le Ministre ; mais par suite d’avaries et de relâche forcée à la Jamaïque, il fut fait prisonnier par les Anglais, qui le renvoyèrent, sans réserve ni frais de passage, le 15 mars suivant.
Il fut débarqué en Espagne le 9 juillet de la même année, et se rendit sur-le-champ dans ses foyers et à Paris.
A peine rétabli, le brave capitaine demanda à reprendre son service, et fut employé à l’état-major général de la grande armée, le 27 octobre 1807, où il arriva pour la bataille d’Iéna, et fit la campagne de Prusse et de Pologne, assistant aux batailles impériales. Il remplit plusieurs missions de confiance en Allemagne et en Dalmatie.
De retour à Paris, restant toujours un des officiers particuliers attachés au prince, il fut fait chef de bataillon. Son service d’état-major l’appela à l’armée d’Espagne en 1808, où il fut blessé d’un coup de lance à 1’oeil droit, qu’il perdit le 13 juillet près de Tuléda, en allant porter des ordres au général Verdier, qui commandait alors le blocus de Saragosse.
En 1809, toujours à l’état-major général, il fut chargé de plusieurs missions importantes près des armées d’Aragon, de Catalogne, dans la Péninsule, de Portugal, du Centre et du Midi, et prit part à la funeste expédition de Russie en 1813. Le 21 juillet de la même année, il fut nommé adjudant-commandant et ensuite commandant en second du grand quartier général à Smolensk et à Moscou, ne quitta pas l’armée en retraite, fut nommé chef d’état-major de la division de cavalerie du général Latour-Maubourg, rentra à l’état-major du prince de Neufchâtel, à Kowno, puis fut détaché comme sous-chef d’état-major du prince vice-roi d’Italie jusqu’à sa jonction à Lutzen à l’armée impériale, et ne le quitta qu’à Dresde pour rentrer à l’état-major impérial.
Il fut alors chargé du détail des prisonniers de guerre. Il fit donc les campagnes de Russie, de Prusse et de Saxe, et fut nommé baron de l’Empire avec une dotation de 4,000 fr. de rentes le 4 août 1813, à Dresde. Mis en non- activité après la rentrée des Bourbons en France, il fut employé à l’organisation des gardes nationales dans la 5e division militaire lors du retour de l’Empereur, le 20 mars 1815, comme chef d’état-major de la division du comte Molitor, à l’armée du Rhin.
Retiré de nouveau et mis à demi-solde, il sollicita sa retraite définitive, et la reçut le 7 novembre 1816. Les loisirs de la paix lui donnèrent encore l’occasion d’être utile. La géologie, la géométrie el la littérature l’occupèrent. On lui doit la découverte el l’exploitation d’une houillère dans l’ouest des Vosges, plusieurs puits artésiens dans son domaine, et quoiqu’il n’ait rien publié encore, on lui doit la traduction en vers de l’Imitation de Jésus-Christ, accueillie par le pape Pie IX, celle des cinquante premiers Psaumes de David, celle du livre de Job, des Cantiques de Moïse, et enfin les trois premiers livres d’une cosmogonie poétique, fruits d’un loisir de quarante ans et de l’éloignement volontaire de toute fonction publique. [1857, signé : E. de Steins].
1866 —
Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien
PUTON (Baron). Voici encore une de ces noblesses qu’il nous est doux de glorifier, car elle a reçu son baptême de feu et de sang sur les champs de batailles dans ces luttes héroïques, soutenues par les vaillantes armées de la République et de l’Empire contre l’Europe entière, et qui firent de notre belle patrie l’exemple des nations et l’admiration du monde.
Né le 18 septembre 1779, à Remiremont (Vosges), M. le baron Puton (Marc Antoine Joseph Frédéric), entra au service comme simple soldat le 21 vendémiaire an IV, dans la 157e demi-brigade, et fut nommé caporal et sergent les 10 et 20 thermidor de la même année.
Il fit les guerres de Vendée en l’an IV et en l’an V. Incorporé dans le 70e régiment, avec cette demi-brigade, le 5 brumaire an V, il fut nommé sous-lieutenant, aide de camp du général Humbert à son départ pour l’expédition d’Irlande, le 18 thermidor an VI. Fait prisonnier de guerre le 22 fructidor suivant, à la malheureuse journée de Ballinamuch, il fut échangé en l’an VII, et rentra en France, où il reprit son service comme sous- lieutenant, grade dans lequel il avait été confirmé par arrêté du Directoire exécutif du 4 pluviôse an VII, et passa dans le 71e régiment. Il servit à l’armée des côtes de l’Océan pendant les ans VIII et IX.
Embarqué pour Saint-Domingue avec le troisième bataillon du 71e, le 30 fructidor an IX, il fut nommé adjoint à l’état-major général de l’armée expéditionnaire le 19 pluviôse an X, passa comme lieutenant adjoint à l’état-major de la division du général Brunet le 18 prairial suivant, devint peu de jours après aide de camp de ce même général, et fut nommé capitaine aide de camp du général en chef Leclerc, en date du 23 vendémiaire an XI, confirmé par le premier consul le 29 germinal suivant.
De l’an X à l’an XIV, ce brave officier servit à Saint-Domingue ; il se trouva aux affaires du Morne-Lacroix, du Morne-à-Nègre, de la Crête-à-Pierrot, du Môle-Saint-Nicolas et à celles du Port-de-Paix et de Léogane. Il se fit surtout remarquer le 27 brumaire an XI, au combat du Môle-Saint-Nicolas où il fut blessé de quatorze coups de sabre et de plusieurs coups de pique. Sa conduite dans cette journée lui valut un brevet d’honneur qui lui fut décerné par le général Rochambeau le 3 frimaire de la même année, confirmé par le premier consul qui lui accorda un sabre d’honneur. Par l’effet de différentes mutations, le capitaine Puton rentra comme adjoint à l’état-major général de l’armée expéditionnaire le 27 brumaire an XII, et pissa le même jour à la division commandée par le général Noailles. Légionnaire de droit, comme décoré d’un sabre d’honneur, il fut créé officier de la Légion d’honneur le 25 prairial an XII, 14 juin 1804, ce qui lui a donné en 1856 cinquante-deux années de grade d’officier de l’Ordre Impérial.
Embarqué avec cet officier général sur l’aviso de l’État le Courrier, il se trouva au combat qui eut lieu contre une goélette anglaise de dix canons qui fut enlevée à l’abordage. Dans ce combat, où le général Noailles fut blessé à mort, le capitaine Puton monta le premier à l’abordage du bâtiment ennemi.
Après la mort du général Noailles, à la tête de deux cents et quelques soldats rassemblés à Charleston (Amérique du Nord) par ses soins et ceux du consul Soult, il se rendit à Santo-Domingo, auprès du général Ferrand qui l’employa à son état-major. Après la levée du siège de Santo-Domingo par les nègres de Dessalines, ayant obtenu un congé pour cause de maladie, il partit pour la France le 17 janvier 1806, chargé de dépêches pour le ministre ; mais par suite d’avaries et de relâche forcée à la Jamaïque, il fut fait prisonnier par les Anglais qui le renvoyèrent, sans réserve ni frais, de passage, le 15 mars suivant. Il fut débarqué, en Espagne, le 9 juillet de la même année, et se rendit sur-le-champ dans ses foyers et à Paris.
A peine rétabli, le brave capitaine demanda à reprendre son service, et fut employé à l’état-major général de la grande armée, le 27 octobre 1807, où il arriva pour la bataille d’Iéna, et fit la campagne de Prusse et de Pologne, assistant aux batailles impériales. Il remplit plusieurs missions de confiance en Allemagne et en Dalmatie. De retour à Paris, restant toujours un des officiers particuliers attachés au prince, il fut fait chef de bataillon. Son service d’état-major l’appela à l’armée d’Espagne en 1808, où il fait blessé d’un coup de lance à l’œil droit qu’il perdit le 13 juillet près de Tuléda, en allant porter des ordres au général Verdier, qui commandait alors le blocus de Sarragosse.
En 1809, toujours à l’état-major général, il fut chargé de plusieurs missions importantes près des armées d’Aragon, de Catalogne, dans la Péninsule, de Portugal, du Centre et du Midi, et prit part à la funeste expédition de Russie en 1813. Le 21 juillet de la même année, il fut nommé adjudant-commandant et ensuite commandant en second du grand quartier général à Smolensk et à Moscou, ne quitta pas l’armée en retraite, fut nommé chef d’état-major de la division de cavalerie du général Latour-Maubourg, rentra à l’état-major du prince de Neufchâtel, à Kowno, puis fut détaché comme sous-chef d’état-major du prince vice-roi d’Italie jusqu’à sa jonction à Lutzen à l’armée impériale, et ne le quitta qu’à Dresde pour rentrer à l’état-major impérial. Il fut alors chargé du détail des prisonniers de guerre.
Il fit donc les campagnes de Russie, de Prusse et de Saxe, et fut nommé baron de l’Empire avec une dotation de 4 000 francs de rentes le 4 août 1813, à Dresde.
Mis en non-activité après là rentrée des Bourbons en France, il fut employé à l’organisation des gardes nationales dans la 5e division militaire lors du retour de l’Empereur, le 20 mars 1815, comme chef d’état-major de la division du comte Molitor, à l’armée du Rhin. Retiré de nouveau et mis à demi-solde, il sollicita sa retraite définitive, et la reçut le 7 novembre 1816.
Les loisirs de la paix lui donnèrent encore l’occasion d’être utile. La géologie, la géométrie et la littérature l’occupèrent.
On lui doit la découverte et l’exploitation d’une houillère dans l’Ouest des Vosges, plusieurs puits artésiens dans son domaine, et quoiqu’il n’ait rien publié, on lui doit la traduction en vers de l’Imitation de Jésus-Christ, accueillie par le pape Pie IX, celle des cinquante premiers Psaumes de David, celle du Livre de Job, des Cantiques de Moïse et enfin les trois premiers livres d’une Cosmogonie poétique, fruits d’un loisir de quarante ans et de l’éloignement de toute fonction publique.
1881 —
Voyages dans les Vosges / Charles Chapiat
PUTON Marc Antoine.- Colonel. Né [à Remiremont] en 1779. Entré au service militaire, vers la fin de la République, il gagna tous ses grades sur les champs de bataille, devint colonel d’état-major et reçut le titre de baron. Il avait fait seize campagnes et avait reçu vingt-deux blessures.
Le baron Puton vécut dans la retraite, à Mirecourt, pendant tout le temps de la Restauration et du gouvernement de Juillet. Il s’occupait de littérature avec amour : il traduisit en vers français l’Imitation, dont il dédia le manuscrit au souverain Pontife. Le brave colonel, qui nous honorait de son amitié, daigna souvent nous consulter dans le cours de son pieux travail, dont plusieurs chapitres ne sont pas indignes d’être lus après ceux du grand Corneille.
1889 —
Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier
PUTON (Marc Antoine Joseph Frédéric, baron).- Le colonel Puton est né à Remiremont le 18 septembre 1779.
Simple soldat à la 157e demi-brigade d’infanterie en octobre 1796, puis à la 70e, il fut nommé sous-lieutenant et aide de camp du général vosgien Humbert en août 1798 et fait prisonnier en Irlande. A son retour, placé au 71e de ligne, il partit pour l’expédition de Saint-Domingue et passa lieutenant, adjoint à l’état-major de la division Brunet, puis capitaine et aide de camp du général en chef Leclerc en octobre 1802, il fut grièvement blessé au combat du Môle-Saint-Nicolas.
Officier de la Légion d’honneur le 1er juin 1804, il s’embarqua avec le général Noailles, qui fut tué dans un combat naval, revint à Saint-Domingue, partit de nouveau en avril 1806, fut capturé par les Anglais qui le renvoyèrent en juillet suivant. Placé en octobre 1806 à l’état-major de la Grande-Armée, il assista à Iéna, fut promu chef de bataillon, combattit en Espagne en 1808, et y fut blessé d’un Coup de lance qui lui fit perdre l’œil droit.
Adjudant-commandant (colonel d’état-major) le 21 juillet 1813, après avoir tait la Campagne de Russie, il devint chef d’état-major de la division de cavalerie La Tour-Maubourg, puis avec Berthier et le prince Eugène de Beauharnais, créé baron en août 1813, chef, d’état-major de la division Molitor en 1815, retraité en novembre 1816.
Le colonel baron Puton est mort à Remiremont en 1856.
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
PUTON (Marc-Antoine-Frédéric), colonel et baron d’Empire
Remiremont, 18 septembre 1779 – Mirecourt, 13 mars 1856
Petit fils de Joseph Puton [Remiremont, 15 décembre 1721 – Remiremont, 7 avril 1799], il est simple soldat à la 157e demi-brigade d’infanterie, en octobre 1795, puis à la 70e ; il est envoyé en Vendée puis est nommé sous-lieutenant et aide-de-camp du général vosgien Humbert en août 1798 et participe à l’expédition des Français en Irlande où il est fait prisonnier. Délivré, il entre au 71e de ligne, fait partie de l’expédition de Saint-Domingue et passe lieutenant, puis capitaine et aide-de-camp du général en chef Leclerc en octobre 1802. Au combat du Môle-Saint-Nicolas, il est grièvement blessé.
Il revient une seconde fois à Saint-Domingue en 1806 où il est à nouveau capturé par les Anglais et délivré en juillet. En octobre 1806, il est placé à l’Etat-Major de la Grande Armée, assiste à Iéna et est promu chef de bataillon. En 1808, il combat en Espagne où il perd l’œil droit d’un coup de lance. Colonel en 1813, après avoir fait la campagne de Russie, il devient chef d’Etat-Major d’une division de cavalerie.
Mis en non-activité en 1814, sous la 1ère Restauration, il est rappelé aux Cent-Jours comme chef d’Etat-Major des Gardes nationales de la 5e Division (Molitor) avant d’être admis à la retraite l’année suivante.
Le colonel Puton avait été fait baron d’Empire le 9 août 1813 ; il avait participé à presque toutes les campagnes de Napoléon 1er et avait reçu 17 blessures.
Revenu à la vie civile, il se tourne vers l’étude et se passionne alors pour la littérature, la géométrie et la géologie. Il entreprend de chercher du charbon, d’abord dans le sud de la Meurthe, puis dans les Vosges. Une première tentative, près de Mazirot en 1823 échoue, mais à Saint-Menge ses efforts sont couronnés de succès. Le 2 octobre 1826, il fonde une société pour l’exploitation du charbon dont le siège est à Mirecourt. En 1831, il invente un nouveau procédé pour forer les puits artésiens. Ses héritiers dirigent son entreprise plus ou moins directement jusqu’en 1902.
Bibl. : Bouvier, p. 493.
Doyen (Jean-Pierre).– Le charbon dans les Vosges, in Annales de la Société d’émulation des Vosges, 1984, p. 83 et suiv.
Georgel (A.). p. 541-542.
[
Pierre Heili
]