Laurent II PILLARD

[ Norroy (54) , 1503 – Saint-Dié (88) , 13/01/ 1553 ]

ecclésiastique

Dit Pilladius.

Biographie vosgienne

1829 — Biographie historique et généalogique / Louis Antoine Michel

PILLADIUS Laurent.- Chanoine de Saint-Dié, né à Pont-à-Mousson ; a écrit, en 1541, la Rusticiade (Rusticiados), poème latin, où il chante la guerre des Rustaux, et les victoires que le duc Antoine remporta eu Alsace sur les paysans révoltés.

Ce n’est point, à beaucoup près, une Iliade : des longueurs, une latinité pauvre, une marche trop historique, un mélange de mythologie et de théologie, mais de la fécondité, de l’imagination, l’expression souvent heureuse, telle est la Rusticiade.

1845 — Le Département des Vosges / Henri Lepage, Charles Charton

Laurent Pilade ou Pilladius, auteur de la Rusticiade (Rusticiados), poème latin qui raconte la guerre des Rustauds, était chanoine de St—Dié et curé de Corcieux, où il mourut vers le milieu du XVIe siècle.

Son portrait, peint sur verre, se voit encore à l’une des fenêtres de l’église ; c’est la seule partie restée intacte des belles peintures qui ornaient les vitraux de cette église.


[Tome 2, page 137].

1848 — Biographie vosgienne / François Vuillemin

PILLARD Laurent.- Chanoine de Saint-Dié, connu en littérature sous le nom de PILLADIUS, naquit près de Pont-à-Mousson, en 1503 [Note 1]. Il se fit remarquer dans la poésie latine, et célébra dans son Rusticiados, publié en 1548, la guerre des paysans d’Allemagne. Dom Calmet, tout en l’honorant comme historien, lui donne peu d’éloges comme poète ; mais Chevrier, qui a réfuté la Bibliothèque Lorraine, soutient avec raison qu’il était très avancé pour son siècle. Son ouvrage est dédié à Charles III , duc de Lorraine ; l’auteur dit, dans sa dédicace, que son ami Christemane a poli son ouvrage, et que Herculanus [Note 2], son confrère à Saint-Dié, a souvent redressé les vers et corrigé son langage. Ce poème a été traduit en français par Brayé, avocat à Nancy, et publié en 1733.

Pillard avait été curé de Corcieux avant d’être chanoine à Saint-Dié ; quelques-uns prétendent même que ce dernier titre ne l’empêcha pas de rester en possession de cette cure, ce qui est douteux. Quoi qu’il en soit, il contribua beaucoup à enrichir l’église de Corcieux, qui lui en témoigna sa reconnaissance en faisant faire son portrait sur verre, qu’elle conserve encore précieusement aujourd’hui. Pillard est mort en 1562, à Saint-Dié, suivant quelques-uns ; à Corcieux, suivant d’autres, et à Sélestat selon M. Gravier [Note 3].

 

Note 1 : Quelques biographes font naître Pilladius à Saint-Dié, et M. Gravier, dans son Histoire de l’arrondissement de Saint-Dié, dit qu’il a vu le jour près de l’abbaye de Pairis, en 1482 ; mais Pilladius lui-même, dans une des six pièces de vers qui suivent son poème, donne quelques renseignements sur sa vie et nous apprend qu’il naquit dans un village près de Pont-à-Mousson. Il ajoute que son père le laissa orphelin à l’âge de deux ans, et qu’il fut élevé par sa mère à Pont-à-Mousson. Il déclare encore qu’il embrassa la prêtrise, mais que, n’y ayant pas fait son devoir comme il le devait, il espère tout de la miséricorde de Dieu.

Note 2 : Jean Herquel, chanoine de Saint-Dié (voir ce nom).

Note 3 : Histoire de Saint-Dié. M. Gravier commet ici une, erreur : il veut que Pillard soit mort en 1521, et il est certain que celui-ci écrivait encore, en 1545, une épître dédicatoire au duc Charles III. D’un autre côté, Pillard annonce que son ouvrage a été corrigé par Herquel, son, collègue à Saint-Dié, et celui-ci n’étant mort qu’en 1572, il y aurait eu entre eux une trop forte disproportion d’âge, pour qu’ils pussent exercer en même temps les fonctions de chanoine à Saint-Dié.

1881 — Voyages dans les Vosges / Charles Chapiat

PILLARD Laurent, dit Pilladius.- Pilladius remplaça Blaru dans la lice poétique ; il composa le poème de la Rusticiade, dont le sujet est doublement national : c’est le triomphe du catholicisme sur l’hérésie armée du glaive de la révolte et de la torche incendiaire, par l’épée du duc Antoine de Lorraine, le Godefroi de Bouillon de cette épopée, dont les héros sont Claude de Guise, le père et l’aïeul des fameux Guise de France ; Louis de Vaudémont, frère de Claude et d’Antoine, et toute la fleur de la chevalerie lorraine.

Ce poème, publié en 1548, a été trop méprisé et trop loué : il a été traduit en français par l’avocat Brayé, en 1733.

Le chanoine Pillard avait été curé de Corcieux, dont il contribua beaucoup à enrichir l’église : on y conserve encore son portrait sur verre. Il mourut en 1562.

1889 — Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier

PILLADIUS (Laurent PILLARD, connu sous le nom de).- Né dans un village près de Pont-à-Mousson, en 1503, il devint prêtre, curé de Corcieux, puit, chanoine de Saint-Dié.

Historien et poète latin, il a écrit et publié, en 1548, un poème, La Rusticiade, où il décrit la guerre des Rustauds.

Pilladius mourut en 1562, soit à Saint-Dié, soit à Corcieux, ou même à Schlestadt.

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

PILLARD (Laurent I et II), chanoines de Saint-Dié
Au chapitre de Saint-Dié se succèdent deux Laurent Pillard, l’oncle et le neveu, qui sont tous deux curés de Corcieux.


1. Laurent I PILLARD
Pont-à-Mousson, ? – Saint-Dié, 1514

Né dans une famille comptant 4 garçons et 6 filles, il fait une partie de ses études en Italie et suit les cours de François de La Rovère, qui fut pape en 1471. Avant 1491, il est chanoine de Saint-Dié et curé de Corcieux.

Assez fortuné, il procède à de nombreuses acquisitions de biens : amateur d’art, il fait composer à ses frais les enluminures de 6 des 22 pages peintes du graduel de chœur de l’Eglise de Saint-Dié, dont celle consacrée à Saint-Laurent, où il est représenté agenouillé devant son patron. Avant 1513, il résigne sa prébende de chanoine à son neveu Laurent II Pillard.


2. Laurent II PILLARD
Norroy (54), ? – Saint-Dié, 13 janvier 1553

Orphelin de son père Jean Pillard, maire de Norroy (près de Pont-à-Mousson) à l’âge de deux ans, il est pris en charge par son oncle Laurent I Pillard, chanoine de Saint-Dié, qui assure son éducation et ses études et lui cède sa prébende de chanoine de Saint-Dié avant 1513. A la mort de son oncle, il devient curé de Corcieux.

Il entreprend après 1525 d’ériger un monument littéraire à la gloire du duc Antoine, vainqueur des Rustauds à Saverne et à Scherwiller en 1525, comme Pierre de Blarru l’avait fait dans la Nancéide pour René II. Son œuvre, Liber Rusticiados, poème latin en 6 chants achevé en 1541, révisé par Dieudonné Christmann et Jean Herquel, chanoines de Saint-Dié, ne sera imprimée qu’en 1548 à Metz par Jean Palier.


Bibl. : Pfister (C.).– Les Testaments des deux Laurent Pillard et de Jean Basin de Sandaucourt, in Bulletin de la Société Philomatique vosgienne, tome XXXVI, 1910-1911, p. 3-66.


[ Albert Ronsin ]

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