Joseph Nicolas HUEL

[ Mattaincourt (88) , 17/06/ 1690 – Rouceux / Neufchâteau (88) , 03/09/ 1769 ]

ecclésiastique

Biographie vosgienne

1829 — Biographie historique et généalogique / Louis Antoine Michel

HUEL Joseph Nicolas.- Doyen de Rouceux, né à Mattaincourt en 1690, mort en 1769 ; il était lié avec l’abbé de Saint-Pierre, et avait pris de lui le goût des projets ; il en forma un grand nombre dont quelques-uns étaient utiles. C’est lui qui fit rendre les arrêts de 1741 et de 1742, par lesquels il fut ordonné que les grandes routes de la Lorraine et du Barrois seraient plantées de noyers, châtaigniers, ormes, frênes, à trois toises de distance d’un arbre à l’autre ; il en donna lui-même l’exemple, en faisant une plantation de noyers sur la route de Nancy à Neufchâteau.

Huel présenta à Stanislas, en 1762, le projet d’un canal de communication entre la Méditerranée et l’Océan germanique, dont le point de contre-pente devait se trouver entre Mirecourt et Darney. Il répandait avec profusion ses mémoires en France et chez l’étranger ; la réputation d’homme de bien dont il jouissait, ne se bornait point à son pays. Lorsque le duc de Wurtemberg allait à Paris, il se détournait de sa route, pour aller visiter le modeste prieuré de Rouceux.

Frappé de l’incertitude des signes de la mort, et effrayé du danger des enterrements précipités, il fit arrêter dans un des synodes diocésains, que les curés n’enterreraient aucun de leurs paroissiens qu’il n’eût demeuré deux nuits entières sur un lit, le visage découvert, les mains et le reste du corps libres, etc.. Cette sage délibération, et le discours par lequel Huel l’avait provoquée, ont été insérés dans le journal de Nancy en 1781.

On a de lui un ouvrage, le seul qu’il ait fait imprimer, intitulé : Essai sur les moyens de rendre nos religieuses utiles, en supprimant leurs dots, petit in-8°, 1750. La cour souveraine de Lorraine condamna cet ouvrage et en défendit la réimpression, même avec des changements proposés par l’auteur, qui était un homme d’esprit, instruit, très ardent, et vivement épris de la passion du bien public.

1848 — Biographie vosgienne / François Vuillemin

HUEL Joseph Nicolas.- Curé de Rouceux, naquit à Mattaincourt, près de Mirecourt, le 17 juin 1690. Dominé par le désir d’être utile à ses semblables, il imagina une grande quantité de projets dont plusieurs sont très utiles et attestent la profondeur de son esprit ; l’un des plus remarquables est celui qu’il présenta à Stanislas en 1762, pour unir la Méditerranée à l’Océan par un canal traversant les Vosges.

C’est à lui qu’on doit les arrêts ordonnant la plantation d’arbres sur les routes de la Lorraine et du Barrois. Il est auteur d’un ouvrage intitulé : Essai sur les moyens de rendre nos religieuses utiles en supprimant leurs dots (Neufchâteau, 1750). Cet ouvrage fut condamné par la cour de Lorraine, qui en défendit la réimpression.

Il fit décider, dans un synode, que les morts ne seraient enterrés que le troisième jour après que le décès aurait été constaté, qu’ils resteraient exposés sur un lit, la figure découverte, et que le cercueil ne serait fermé qu’au moment de le descendre dans la tombe. Huel était connu au loin, et le prince de Wurtemberg, quand il venait à Paris, se détournait de sa route pour le visiter dans son modeste presbytère. Il est mort le 3 septembre 1769.

1866 — Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien

HUEL (Joseph-Nicolas), curé de Rouceux, canton de Neufchâteau, naquit à Mattaincourt, canton de Mirecourt, le 17 juin 1690.

Dominé par le désir d’être utile à ses semblables, il imagina une grande quantité de projets dont plusieurs sont très utiles et attestent la profondeur de son esprit ; l’un des plus remarquables est celui qu’il présenta à Stanislas en 1762, pour unir la Méditerranée à l’Océan par un canal traversant les Vosges.

C’est à lui qu’on doit les arrêts ordonnant la plantation d’arbres sur les routes de la Lorraine et du Barrois. Il est auteur d’un ouvrage intitulé : Essai sur les moyens de rendre nos religieuses utiles en supprimant leurs dots ; Neufchâteau, 1750. Cet ouvrage fut condamné par la cour de Lorraine, qui en défendit la réimpression.

Il fit décider, dans un synode, que les morts ne seraient enterrés que le troisième jour, après que le décès aurait été constaté, qu’ils resteraient exposés sur un lit, la figure découverte, et que le cercueil ne serait fermé qu’au moment de le descendre dans la tombe.

Huel était connu au loin, et le prince de Vurtemberg, quand il venait à Paris, se détournait de de sa route pour le visiter dans son modeste presbytère. Il est mort le 3 septembre 1769.

1881 — Voyages dans les Vosges / Charles Chapiat

HUEL Nicolas.- Rouceux nous rappelle un de ses anciens curés, Nicolas Huel, né à Mattaincourt, en 1690.

Dominé par la passion du travail et le désir de se rendre utile, cet esprit inventif imagina plusieurs projets très utiles, qui attestaient son intelligence ; un des plus remarquables est celui qu’il présenta, en 1762, au duc Stanislas, pour la jonction de la Méditerranée à la mer du Nord, par un canal traversant la plaine des Vosges.

Il avait écrit un livre sur les moyens de rendre les religieuses utiles, sans payer de dot : ce livre utilitaire fut condamné par la cour de Nancy.

C’est à lui qu’on doit les décrets touchant la plantation d’arbres sur les routes de la Lorraine. L’abbé Huel s’était fait un nom dans les sciences, et des princes, allant à Paris, se détournaient de leur chemin pour le visiter dans son modeste presbytère. Il mourut en 1769.

1889 — Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier

HUEL (Joseph Nicolas).- Né à Mattaincourt le 17 juin 1690, il devint curé de Rouceux ; il est l’auteur d’un projet de canal qui, traversant les Vosges, devait unir la Méditerranée à l’Océan. En 1763, il le présenta au roi Stanislas.

Il est mort le 3 septembre 1769.

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

HUEL (Joseph Nicolas), curé de Rouceux

Mattaincourt, 17 juin 1690 - Rouceux, 3 septembre 1769


Prêtre imaginatif, c’est à son initiative que sont signés les arrêts qui ordonnent la plantation d’arbres le long des routes de Lorraine et Barrois en 1741 et 1742. Puis il conçoit une réforme du régime des religieuses cloîtrées et publie Essai sur les moyens de rendre nos religieuses utiles en supprimant leurs dots (Neufchâteau, 1750) qui scandalise ses contemporains et entraîne une condamnation de l’ouvrage par la cour souveraine qui en défend la réimpression.

Tous les projets qu’il met au point et publie en mémoires ne sont pas connus, mais le plus remarquable est sans doute celui qu’il soumet en 1762 au roi Stanislas 1er, duc de Lorraine, consistant dans le creusement d’un canal traversant les Vosges entre Mirecourt et Darney pour unir la Méditerranée à l’océan. L’idée n’était pas saugrenue puisque ce canal avait déjà fait l’objet d’un projet semblable de la part d’un général romain à l’époque du Bas-Empire.

Au cours d’un synode diocésain, il obtient la décision que les morts ne seront enterrés que le 3ème jour après la constatation du décès et qu’ils resteront le visage et les mains découverts jusqu’au moment de la cérémonie d’inhumation.

Il a acquis une sorte de célébrité puisque le prince de Wurtemberg, allant à Paris, fait le détour par Rouceux pour le visiter.


Bibl. : Michel (P.).- Biographie historique... des hommes marquans de... Lorraine, p. 253.
Vuillemin.- Biographie vosgienne, p. 174-175.
Bouvier.- Biographie générale vosgienne, p. 439.
Le Vosgien.- Le Général Humbert... notices biographiques des célébrités vosgiennes, p. 403.
Dictionnaire de biographie française, publié sous la dir. de M. Prévot, Roman d’Amat, H. Tribout de Morambert, Paris : Letouzey (lettres A-H parues de 1928 à 1989), tome XVII, col. 1421.


[ Albert Ronsin ]

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