Président du conseil général des Vosges.
1829 —
Biographie historique et généalogique / Louis Antoine Michel
CHOISEUL.- Nom d’une des maisons les plus illustres, déjà connue dans le Barrois sous le duc Ferry III, et qui vint se fixer en Lorraine vers 1280.
Claude Antoine Gabriel, duc de CHOISEUL.- Chevalier de Saint-Louis, officier de la légion d’honneur, fils du marquis de Choiseul Labaume, et neveu du primat ; commença sa carrière politique aux séances les plus mémorables du parlement, et succéda, à l’âge de 25 ans, au titre et à la pairie du célèbre ministre Étienne François duc de Choiseul Stainville, dont il avait épousé la nièce. Il était colonel du régiment Royal-Dragon, lorsqu’il fut choisi, avec le marquis de Bouillé, pour assurer la fuite de Louis XVI en 1792. Arrêté avec la famille Royale à Varennes, il fut emprisonné à Verdun, puis transféré à Orléans, d’où il ne sortit de prison qu’à la faveur de l’amnistie proclamée lors de l’acceptation de la constitution par son souverain, dont il partagea ensuite tous les périls jusqu’à la translation de S. M. au Temple.
Décrété alors hors la loi, et sa tête mise à prix, M. de Choiseul Stainville échappa encore à ses ennemis en quittant la France ; fait une première fois prisonnier en 1795, et conduit à Dunkerque, il fut assez heureux pour s’évader de la prison où il avait été renfermé ; rejoignit un régiment de hussards, levé par lui au service d’Angleterre, et s’embarqua pour les Indes Orientales ; mais ayant échoué sur la côte de Calais, il fut incarcéré de nouveau avec plusieurs de ses compagnons d’infortune, et traduit comme émigré rentré devant une commission militaire, voy. Landremont.
La procédure suspendue et reprise à différents intervalles, passés dans l’attente du supplice, cessa enfin en 1800, époque à laquelle le 1er Consul fit déporter M. de Choiseul en Hollande, pays neutre. Il obtint la permission de rentrer en France en 1801 ; mais soupçonné d’être initié dans les relations de Moreau avec Pichegru, il fut mis au Temple et ensuite exilé pendant 18 mois. A la restauration, M. de Choiseul reprit son rang parmi les pairs, et de maréchal de camp qu’il était depuis nombre d’années, il passa lieutenant général en 1814, et major général de la garde nationale parisienne en 1819 ; place dont il s’est démis il y peu d’années.
En 1815 il suivit le roi à Gand ; et à son retour, il présida le collège électoral des Vosges, où il s’est fait remarquer par la franchise et la noblesse de ses opinions. M. de Choiseul fait partie du conseil général de ce département. En aucun temps, il n’a témoigné le moindre ressentiment des persécutions qu’il a souffertes [Note] : il s’est refusé de voter dans la chambre des pairs, l’application de la peine encourue par l’illustre maréchal Ney.
Note : Les contemporains se souviennent, et la postérité n’oubliera pas, dit un biographe fort estimé, que dans le procès de la conspiration du 19 août 1820, il prit noblement la défense du général Merlin, dont le père n’était pas resté étranger aux longues persécutions auxquelles les naufragés de Calais furent si longtemps en butte. Son opinion toucha vivement la cour des pairs, qui n’entendit pas, sans une grande émotion, un discours dont la péroraison était un appel à tous les sentiments de justice et de générosité : ce n’est point, y disait M. de Choiseul, une générosité aveugle qui m’a inspiré ces réflexions ; il est doux sans doute de rendre le bien pour le mal. Le père du général Merlin avait proscrit ma tête ; mais son fils est inattaquable, et votre arrêt achèvera de le prouver. La mise hors de cause du général fut pour M. de Choiseul le prix le plus doux de ses nobles efforts.
1848 —
Biographie vosgienne / François Vuillemin
CHOISEUL Claude Antoine Gabriel, duc de.- Pair de France, gouverneur du Louvre, naquit et hérita, à l’âge de 25 ans, du titre et de la pairie du ministre Etienne-François, duc de Choiseul-Stainville, son oncle par alliance. Il protégea, avec Bouillé, la fuite de Louis XVI ; il avait, à cette époque, le grade de colonel. Arrêté avec le roi, il fut mis en prison et ne recouvra la liberté que longtemps après, pour être arrêté de nouveau, sous la prévention de complicité dans des tentatives royalistes.
Sa captivité ne cessa qu’en 1800, époque à laquelle Napoléon le fit déporter en Hollande. L’année suivante, il demanda et obtint la permission de rentrer en France, mais accusé d’avoir eu connaissance des projets de Pichegru et de Moreau, sans les avoir dénoncés au pouvoir, il dut de nouveau passer dix-huit mois en exil. En 1814, il reprit son siège à la pairie, et fut nommé lieutenant-général. Il refusa énergiquement, après les cent-jours, de prendre part au jugement du maréchal Ney, et prit rang parmi les pairs les plus patriotes.
Membre du conseil général des Vosges, qu’il est venu présider régulièrement tous les ans, jusqu’à sa mort, le duc de Choiseul embrassait et défendait avec chaleur les intérêts du département des Vosges. Le musée départemental doit à son amour des beaux-arts et à sa générosité une grande partie de ses tableaux.
On cite un trait qui fait le plus grand honneur au caractère et au patriotisme du duc de Choiseul. Le 29 juillet 1830, le peuple demandait des chefs à grands cris ; quelques citoyens prirent sur eux de former une liste de trois personnes très connues, en annonçant qu’elles venaient de prendre la direction d’un gouvernement provisoire. Le duc de Choiseul figurait le premier sur cette liste, mais il se garda bien de réclamer tant que dura le danger. Ce ne fut que le 5 août, alors que la victoire ne pouvait plus être contestée, qu’il déclara, pour rendre hommage à la vérité, que son nom avait figuré à son insu sur les proclamations. Il envoya immédiatement cinq cents francs pour les blessés de son arrondissement.
Le duc de Choiseul est mort en 1840 ; selon son désir, il repose à Houécourt, près de Neufchâteau, où il venait, chaque année, se délasser de ses travaux.
Il a publié :
1°- Relation du départ de Louis X VI, le 20 juin 1791, écrite en août 1791, dans la haute tour de la prison d’Orléans ; in-8°, 1822.
2°- Histoire du procès des naufragés de Calais, extrait des mémoires inédits de M. le duc de Choiseul ; in-8°, 1823.
3°- Opinion de M. le duc de Choiseul sur le projet d’indemnité ; in-8°, 1825.
1866 —
Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien
CHOISEUL (Claude-Autoine-Gabriel, duc de), pair de France, gouverneur du Louvre, est né en 1762.
Il hérita, à l’âge de 25 ans, du titre et de la pairie du ministre Etienne-François, duc de Choiseul-Stainville, son oncle par alliance. Il protégea, de concert avec Bouillé, la fuite de Louis XVI ; à cette époque, il avait le grade de colonel. Arrêté avec le roi, il fut mis en prison. Sa captivité dura jusqu’en 1800, époque à laquelle Bonaparte le fit déporter en Hollande. L’année suivante, il obtint la permission de rentrer en France, où il fut accusé d’avoir en connaissance des projets de Pichegru et de Moreau ; il dut de nouveau passer à l’étranger. En 1814, il reprit son siège à la pairie et fut nommé lieutenant-général. Après les Cent-Jours, il refusa énergiquement de prendre part au jugement du maréchal Ney.
Membre du conseil général des Vosges, qu’il est venu présider régulièrement tous les ans, jusqu’à sa mort, le duc de Choiseul embrassait et défendait avec chaleur les intérêts du département des Vosges. Le musée départemental doit à son amour des beaux-arts et à sa générosité une grande partie de ses tableaux. Le 29 juillet 1830, le peuple demandait des chefs à grands cris ; quelques citoyens prirent sur eux de former une liste de trois personnes très connues, en annonçant qu’elles venaient de prendre la direction du gouvernement provisoire. Le duc de Choiseul figurait le premier sur cette liste, mais il se garda bien de réclamer tant que dura le danger. Ce ne fut que le 5 août, alors que la victoire ne pouvait plus être contestée, qu’il déclara, pour rendre hommage à la vérité, que son nom avait figuré à son insu sur les proclamations. Il envoya immédiatement 500 francs pour les blessés de son arrondissement.
Le département des Vosges doit une grande reconnaissance au due de Choiseul, pour sa sollicitude et l’impulsion progressive qu’il a donnée à l’instruction primaire, en créant un certain nombre de demi-bourses à l’école normale de Mirecourt. Il est mort à Paris, le 1er décembre 1838 ; selon son désir, il repose à Houécourt, canton de Châtenois, où il venait, chaque année, se délasser de ses travaux.
Il a publié :
1° Relation du départ de Louis XVI, le 20 juin 1791, écrite en août 1791, dans la haute cour de la prison d’Orléans ; in-8, 1822.
2° Histoire du procès des naufragés de Calais, extrait des mémoires inédits de M. le duc de Choiseul ; in-8°, 1823.
3° Opinion de M. le duc de Choiseul sur le procès d’indemnité ; in-8°, 1825.
Le duc de Choiseul s’honorait beaucoup du titre de maire du village de Houécourt.
1881 —
Voyages dans les Vosges / Charles Chapiat
CHOISEUL Duc de.- Le château d’Houécourt a passé de la famille de Ligniville à celle de Choiseul ; le duc de Choiseul, neveu et héritier du titre et de la pairie du trop fameux ministre de Louis XV, en fut le possesseur.
Né en 1762, il avait embrassé la carrière des armes et il était arrivé au rang de colonel. De concert avec le marquis de Bouillé, il protégea la fuite de Louis XVI ; mais arrêté avec le roi, il fut jeté en prison, relâché longtemps après, pour être arrêté de nouveau, comme complice de tentatives royalistes. Sa captivité ne cessa, en 1800, que pour se changer en exil.
En 1814, le duc de Choiseul reprit son siège à la Chambre des pairs et fut nommé lieutenant général. Après les Cent-Jours, il refusa énergiquement de prendre part au jugement du maréchal Ney, et plus tard, voyant les tendances qui devaient mener à sa perte la Restauration, il se jeta dans l’opposition dynastique, opposition malheureuse, qui poussa les royalistes plus loin qu’ils ne le prévoyaient.
En 1830, le nom du duc de Choiseul fut mis en tête de la liste des trois personnages qui prenaient en main le gouvernement provisoire : c’était à son insu ; mais tant que dura le danger, il se garda de réclamer, dans le but de maintenir l’ordre public. Il donna son adhésion au gouvernement de Louis- Philippe, et vint régulièrement, jusqu’à sa mort, présider tous les ans le Conseil général des Vosges. Il embrassa et défendit toujours avec ardeur les intérêts de ce département.
Le duc de Choiseul mourut à Paris, en 1838, et son désir fut d’être inhumé dans son château d’Houécourt, où il avait tant aimé de venir se reposer de ses travaux politiques, au sein d’une population qui le chérissait, à cause de sa bienfaisance.
1889 —
Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier
CHOISEUL-STAINVILLE (Claude Antoine Gabriel, duc de).- Né à Lunéville le 26 août 1760, neveu du ministre Choiseul, il était, le 21 septembre 1788, colonel du 1er dragons, ex-Royal-Dragons, et, en 1791, au moment de la tentative de fuite du roi Louis XVI et, d’accord avec Bouillé, il chercha à la protéger.
Il fut arrêté à Varennes avec le roi et fut tenu en captivité jusqu’en 1800. Déporté ensuite en Hollande, puis rentré en France, il fut impliqué dans la conspiration de Pichegru et fut de nouveau emprisonné et exilé.
Lors de la Restauration, il fut nommé Pair de France et lieutenant-général, le 13 août 1814, puis en 1815 colonel de la 1ère légion de la garde nationale de Paris. Le 13 février 1819, il devint major-général de la garde nationale parisienne. A la Chambre des Pairs, il refusa de participer au procès du maréchal Ney, en 1815.
Maire d’Houécourt et conseiller général des Vosges pour le canton de Châtenois, il conserva son mandat jusqu’en 1836, où il céda sa place à son petit-fils, le duc de Marmier. Il a été pendant longtemps président du Conseil général des Vosges. Il était Gouverneur du Louvre et grand-officier de la Légion d’honneur.
C’est avec sa galerie de tableaux qu’a été fondé le musée de Peinture d’Épinal. Le duc de Choiseul est mort à Paris le 1er décembre 1838 ; il a été inhumé, sur sa demande, en son château de Houécourt.
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
CHOISEUL-STAINVILLE (Claude Antoine Gabriel, duc de), président du conseil général des Vosges
Lunéville, 26 août 1760 - Paris, 1er décembre 1838

Claude Antoine Gabriel de Choiseul est le fils de Claude Antoine Cléradius de Choiseul, sous-lieutenant des Gendarmes écossais, lieutenant-général des provinces de Champagne et de Brie, colonel de cavalerie au service du roi et de Gabrielle Diane de La Baume-Montrevel. Il est aussi le neveu du célèbre ministre du roi Louis XV, Etienne François, duc de Choiseul (1719- 1785).
Colonel du 1° Dragons, ex Royal-Dragons, dès le 21 septembre 1788, il s’efforce de protéger le roi Louis XVI lorsqu’il tente de s’enfuir. Il est arrêté à Varennes avec ce dernier et emprisonné jusqu’en 1800. Il est ensuite déporté en Hollande.
Quand il parvient à revenir en France, il est impliqué dans la conspiration du général Pichegru. Il est de nouveau emprisonné et exilé. Il retourne dans son pays avec le roi Louis XVII qui le nomme pair de France et lieutenant-général le 13 août 1814, puis colonel de la 1° légion de la Garde nationale de Paris en 1815. Il est promu major-général de cette milice le 13 février 1819. A la chambre des Pairs, il se fait remarquer par son esprit d’indépendance. En 1815 notamment, il refuse de participer au procès du maréchal Ney. Élu maire d’Houécourt, où il possède un château et de vastes domaines, il devient également conseiller général du canton de Châtenois. Il préside le conseil général des Vosges de 1818 à 1831 et enfin de 1834 à 1835.
A partir de l’époque où il est nommé gouverneur du Louvre, le duc de Choiseul s’intéresse de très près à la peinture ancienne. Quand le musée d’Épinal est construit il saisit l’occasion d’y faire déposer la collection de Martin Nicolas Krantz, peintre paysagiste originaire de Nancy et ancien professeur de dessin à l’École centrale du département des Vosges. En sa qualité de président du conseil général, il fait approuver l’acquisition de ces nombreux tableaux, parmi lesquels il y a le célèbre
Job raillé par sa femme de Georges de La Tour. Cette décision est annulée par M. de Corbière, ministre de l’Intérieur. Pour réaliser son projet, le duc de Choiseul se substitue au département, achète pour 4000 francs la collection de M. N. Krantz et la dépose au musée. Le 27 août 1829, quand s’ouvre la session du conseil général, il rappelle dans son discours la genèse et les difficultés de l’affaire et il déclare qu’il fait hommage au département de 25 tableaux, sur les 29 qu’il a déposé au musée.
Claude Antoine Gabriel a hérité du titre de duc de son oncle le ministre en 1785, quand ce dernier est mort sans postérité. Il a épousé en octobre 1778 Marie Stéphanie de Choiseul sa cousine, dont il n’a eu qu’une fille, Stéphanie de Choiseul, mariée à Philippe Gabriel, marquis de Marmier. Le 15 mai 1818, une ordonnance royale autorise ce dernier à succéder aux rang, titre et qualité de duc et pair héréditaire de son beau-père. Quand la Pairie est abolie en 1830, il ne recueille que le titre de duc en 1838. Il hérite également du château de Houécourt et des domaines qui en dépendent.
Le duc de Choiseul repose depuis cette époque dans la chapelle seigneuriale érigée à proximité de l’église paroissiale de ce village.
Bibl. : Registres paroissiaux et d’état-civil de Lunéville et Houécourt.
Georgel (Alcide).-
Armorial des familles de Lorraine, Elbeuf, 1882, p. 168 et 169.
Philippe (A.).-
Musée départemental des Vosges, Catalogue de la section des Beaux-arts, Épinal, 1929, p. 3 et suiv.
[Georges Poull].