Charles Joseph BUQUET

[ Charmes (88), 04/06/1776 – Vandoeuvre-lès-Nancy (54), 14/04/1838 ]

général

Baron d’Empire.

Biographie vosgienne

1829 — Biographie historique et généalogique / Louis Antoine Michel

BUQUET Charles Joseph Baron.- Chevalier de Saint-Louis, commandant de la Légion d’Honneur, maréchal de camp, et frère cadet du précédent ; né à Charmes en 1776, est retiré à Nancy ; il est entré au service en 1791, et a fait les campagnes d’Allemagne, d’Espagne et de Russie. Il était colonel du 30e régiment d’infanterie de ligne, qui fut désigné à la bataille de la Moskowa pour l’attaque de front de la fameuse redoute dans laquelle se trouvait vingt bouches à feu de gros calibre ; fait d’armes des plus brillants cités dans nos annales militaires.

M. le baron Buquet obtint à Moscou, en 1812, le grade de général de brigade. Dans la campagne de 1813, il faisait partie de la Division Bonet, et commandait une brigade de ces bataillons de marins, qui se sont particulièrement distingués aux batailles de Lutzen et de Bautzen : en 1814, il fut investi du commandement supérieur de la forteresse de Juliers, qu’il conserva jusqu’à la paix. Le moniteur a cité, dans le temps, et de la manière la plus honorable, la conduite militaire de M. le baron Buquet en Espagne, et son évasion mémorable, avec plus de 400 officiers, du ponton La Castille, en rade de Cadix le 15 mai 1810, où il avait été conduit à la suite de la bataille de Talavera de la Reyna, dans laquelle, après s’être bien distingué, il avait été blessé et fait prisonnier [Note]. Il a été nommé en 1815, par le département des Vosges, à la chambre des représentants, et choisi par le gouvernement provisoire comme premier inspecteur général de la gendarmerie.

 

Note : M. Jeanroy, officier de santé à Pont-Saint-Vincent, était du nombre de ces 400 braves officiers : 600 français s’échappèrent sur une mauvaise carcasse de navire, dépouillée de ses agrès, conduite par des militaires sans armes et sans expérience de la mer. Le succès de la tentative étonne moins encore que l’audace qui la fit entreprendre : ce coup de main est un des plus admirables qu’ait inspiré l’amour de la liberté, et le plus hardi peut-être de tous ces nombreux exemples de résolution et d’intrépidité que les français ont donnés pendant 25 ans de guerre. Voyez, toutefois, dans la vie de Pichegru, les périls que ce général et ses compagnons d’infortune ont dû affronter pour s’évader de Sinnamary.


1845 — Le Département des Vosges / Henri Lepage, Charles Charton

A une époque plus rapprochée, Charmes a produit encore plusieurs hommes distingués, parmi lesquels nous citerons :

M. le maréchal—de—camp Buquet, frère puîné du précédent [Louis-Léopold, baron de Buquet], et mort en retraite à Nancy, était également né à Charmes.


[Tome 2, page 105].

1848 — Biographie vosgienne / François Vuillemin

BUQUET Charles Joseph.- Baron, commandeur de la Légion d’Honneur, maréchal de camp, frère du précédent [Louis Léopold BUQUET], naquit à Charmes en 1776. Il a fait les campagnes d’Allemagne et d’Espagne où il s’est particulièrement distingué. Fait prisonnier à la bataille de Talavera, à la suite d’une charge dans laquelle il avait été blessé, il fut envoyé à Cadix, sur le ponton la Castille, avec quatre cents officiers. Il médita un plan d’évasion qui réussit, grâce à son audace, et rejoignit l’armée française avec tous ses compagnons de captivité.

Il était colonel, lorsqu’à la bataille de la Moskowa, il fut chargé de l’attaque de front de la fameuse redoute défendue par vingt pièces de canon. Cette attaque, qui restera comme un de nos plus glorieux faits d’armes, eut un succès complet, et Napoléon, pour en témoigner sa reconnaissance à Buquet, le nomma général de brigade. En 1813, il commandait un corps de marins, et prit une grande part aux batailles de Lutzen et de Bautzen. En 1814, on lui confia le commandement de la forteresse de Juliers, qu’il conserva jusqu’à la première invasion ; il fut chargé, en 1815, de l’inspection générale de la gendarmerie.

1866 — Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien

BIQUET (Charles-Joseph, baron), commandeur de la Légion d’honneur, maréchal de camp, naquit à Charmes-sur-Moselle en 1776.

Il fit les campagnes d’Allemagne et d’Espagne. Prisonnier à la bataille de Talavera, à la suite d’une charge dans laquelle il avait été blessé, il fut envoyé à Cadix sur le ponton la Castille, avec 400 officiers. Grâce à son audace, il s’évada, rejoignit l’armée française avec tous ses compagnons de captivité.

A la bataille de la Moskowa, il fut chargé, comme colonel, de l’attaque de front de la redoute défendue par vingt pièces de canon. Il eut un succès complet, et Napoléon, pour lui en témoigner sa reconnaissance, le nomma général de brigade. En 1813, il prit une grande part aux batailles de Lutzen et de Bautzen.

En 1814, on lui conféra le titre de commandant de la forteresse de Juliers, et, en 1815, l’inspection générale de la gendarmerie.

1881 — Voyages dans les Vosges / Charles Chapiat

BUQUET Charles Joseph, baron.- Né à Charmes en 1776. Devenu soldat, il se distingua, par son intrépidité, en Allemagne et en Espagne, et conquit tous ses grades sur les champs du bataille. Fait prisonnier à Talavera et jeté sur les pontons de Cadix, il médita un plan d’évasion qui réussit, et il rejoignit l’armée avec quatre cents officiers, compagnons de sa captivité.

Colonel à la fameuse bataille de la Moskowa, il attaqua de front une redoute armée de vingt pièces de canon, et l’emporta d’assaut, ce qui lui valut le titre de général de brigade. Il prit une grande part aux victoires de Lutzen et de Bautzen, en 1813. Aux Cent-Jours, il fut chargé de l’inspection générale de la gendarmerie. Sous la Restauration, partageant les idées de son frère, il se retira de la vie active, vécut d’une vie paisible, à Nancy, où il mourut en 1837.

Cette famille de vrais soldats donna encore deux autres de ses membres plus jeunes à l’armée : l’un, Jean-Baptiste, devint capitaine, et l’autre, Nicolas Eucher, chef d’escadron.

1889 — Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier

BUQUET (Charles Joseph, baron).- Né à Charmes, comme son frère [Louis Léopold BUQUET], le 4 juin 1776, le général Charles Buquet partit, lui aussi, comme volontaire au 4e bataillon des Vosges, le 28 août 1791, et passa sous-lieutenant au 93e de ligne, le 12 février 1793, puis lieutenant à la 169e demi-brigade le 9 janvier 1794.

Il fut quelque temps adjoint à son frère, juillet 1794, puis fut nommé capitaine le 6 octobre 1795. Passé à la 24e légère, le 6 octobre 1796, puis au 36e de ligne, le 2 octobre 1797, il devint aide de camp du général Ney, le 19 juillet 1799, et combattit en Allemagne, à Hohenlinden. Chef de bataillon, le 28 juillet 1800, il fut placé au 51e de ligne en octobre et devint major du 55e de ligne le 22 décembre 1803.

Colonel du 75e de ligne le 10 février 1807, il fut blessé à Heilsberg et partit pour la guerre d’Espagne en 1808. Il fut blessé, fait prisonnier à la bataille de Talaveyra de la Reyna (28 juillet 1809) et emmené sur les pontons anglais à Cadix ; il parvint à s’évader en 1810.

Napoléon le créa baron et le nomma colonel du 30e de ligne, le 14 octobre 1811. C’est lui qui, à la bataille de la Moskowa, enleva la grande redoute de Borodino en chargeant à la tête de son régiment et fut blessé grièvement. Il fut nommé en récompense général de brigade le 23 septembre 1812, et commandeur de la Légion d’honneur le 29 juin 1813. Il fit toute la campagne de 1813 et combattit à Lutzen, à Bautzen, où il fut encore blessé, et à Leipzig.

En 1814, il était gouverneur de la forteresse de Juliers, puis commandant de la place de Landau, en mars 1815. Il commanda peu après le département des Vosges (juin 1815), puis fut mis en non activité en juillet suivant. A la Restauration, il prit sa retraite et se retira à Nancy.

Le général baron Charles Buquet est mort à Vandoeuvre (Meurthe), le 14 avril 1838.

Son fils, le baron Henri Alfred Léopold Buquet, né à Paris le 15 juillet 1809, a été maire de Nancy, conseiller général et député de la Meurthe au Corps législatif, de 1852 à 1870. Il est mort à Nancy le 13 juin 1889.

Deux autres frères Buquet, également officiers, sont morts sur le champ de bataille : Jean-Baptiste, né le 6 février 1772, capitaine de cavalerie, et Antoine-Nicolas-Euchaire, né le 2 octobre 1782, capitaine de place, mort à Nancy en 1813.

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

BUQUET (Charles Joseph), général et baron d’Empire, frère [de BUQUET Louis Léopold]
(Charmes, 4 juin 1776 - Vandoeuvre-lès-Nancy , 14 avril 1838)

Engagé à peine âgé de 15 ans dans le 4° bataillon des volontaires des Vosges pour ne pas quitter son frère aîné enrôlé dans la même formation, il est déjà sous-lieutenant en 1793 au 93° régiment d’infanterie. L’année suivante, il est lieutenant à la 169° demi-brigade, puis capitaine en 1795 dans la même unité.

En 1797, il passe à la 36° brigade et devient l’aide de camp de Ney, futur prince de la Moskova. Il se distingue particulièrement contre les Russes au combat de Heilsberg à la tête du 75° de Ligne, dont il est alors colonel (10-11 juin 1807). Envoyé en Espagne, il est blessé au cours d’une charge et fait prisonnier dans l’affaire de Talavera de la Reina (28 juillet 1809). Pendant une année entière, il reste captif sur les pontons de Cadix, de sinistre mémoire, avant de s’en évader et de rejoindre l’armée française. Il reste colonel du 75° régiment de Ligne jusqu’en 1811 et prend alors le commandement du 30° de Ligne stationné à Hambourg sous les ordres de Davout.

A la prise de Smolensk (17 août 1812), il est chargé de l’attaque d’une redoute défendue par 20 canons et remporte un succès éclatant qui lui vaut sa nomination de général de brigade (23 septembre 1812).

Depuis le 11 août 1808, il portait le titre de baron d’Empire. Il est blessé lors de la bataille de la Moskova (7 septembre 1812), puis au passage de la Spree (31 mars 1813) pendant la campagne de Prusse, ce qui l’ oblige à abandonner le service en campagne. On lui confie alors (1814) le commandement de la forteresse de Juliers et, pendant les Cent-Jours, celui de la place de Landau. Il termine sa carrière comme commandant militaire du département de la Haute-Saône avant de se retirer auprès de son frère.

Deux autres Buquet, nés à Charmes, s’illustrèrent dans les guerres de la Révolution et de l’Empire :

- Jean-Baptiste Buquet (1772-1793) mourut de ses blessures reçues à la bataille de Charleroi

- et Antoine-Nicolas-Euchaire Buquet (1782-1813), décédé du typhus alors qu’il était parvenu au grade de commandant de la place de Nancy.


Bibl. : Georgel (A.).- Armorial..., p. 153-154.
Arts et gloires de Charmes et du canton, p. 173-176.
Bouvier.- Biographie générale vosgienne, p. 370-371.


[Pierre Heili].

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