1829 —
Biographie historique et généalogique / Louis Antoine Michel
BOFFRAND Germain.- Premier architecte du duc Léopold, neveu du poète Quinault, né à Nantes en 1667, mort à Paris en 1754.
Mansard lui confia la conduite de ses plus grands ouvrages : ses talents le firent recevoir à l’académie d’architecture en 1709, et ensuite pensionnaire des bâtiments du roi, ingénieur et inspecteur des ponts et chaussées. Boffrand a fait construire un grand nombre de canaux, d’écluses, de ponts, et une infinité d’ouvrages mécaniques.
On lui doit l’érection des châteaux de Lunéville, Haroué, Croismare, la résidence de Wurtzbourg, la Favorite près de Mayence, le magnifique palais d’Acre près de Bruxelles, celui élevé à Nancy pour Léopold, le puits de Bicêtre, les décorations intérieures de l’hôtel de Soubise à Paris, le portail de la Mercy, le grand bâtiment des enfants trouvés (rue Notre-Dame), et plusieurs hôtels tant à Paris que chez l’étranger.
On possède encore du célèbre Boffrand, un ouvrage curieux et utile, intitulé : Livre d’Architecture, 1743, in-folio, avec 70 planches ; et Description de ce qui a été pratiqué pour fondre d’un seul jet la statue équestre de Louis XIV, 1699, in-folio, avec fig.
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
BOFFRAND (Germain), architecte
(Nantes, Loire-Atlantique, 1667 - Paris, 1754)
Fils d’un sculpteur et architecte nantais, il doit à son oncle, le célèbre Philipe Quinault (qui le fait venir à Paris en 1671), sa percée et les débuts de sa célébrité dans la capitale et à Versailles. C’est à partir de 1700 qu’il oriente ses talents vers la Lorraine ; le 14 novembre 1711, il devient le premier architecte de Léopold, et travaille a Nancy, Lunéville, Haroué.
Les liens particuliers entre Marc de Beauvau-Craon et son architecte expliquent que ce dernier devienne seigneur de Thuillières (Vosges) : la baronnie appartenait au marquis, seigneur d’Haroué, et Boffrand rachète Thuillières en 1722. Le seigneur-architecte construit aussitôt l’actuel château, mais n’y réside que très peu : à la fois tracassé par des procès continuels avec les seigneurs voisins, et appelé à Paris pour de nouvelles tâches et de nouveaux envols, Boffrand vendit le domaine en 1736.
Durant son long séjour en Lorraine, il sert aussi d’entremetteur entre la Lorraine et la France pour divers projets d’aménagement (canalisation unissant la Meuse et la Saône) concernant surtout le seuil de Viviers-le-Gras, près de Contrexéville, projets qui n’aboutirent d’ailleurs pas.
Bibl. : Germain Boffrand, l’aventure d’un architecte indépendant, catalogue d’exposition, 1986.
Michel (J.-F.).- Un ardent défenseur de la liaison nord-sud, Germain Boffrand, in Revue lorraine populaire, N° 29.
Michel (J.-F.).- Châteaux des Vosges, 1978.
[Jean-François Michel].