Charles BERNARDIN

[ Plombières-les-Bains (88), 26/10/1860 – Metz (57), 04/01/1939 ]

magistrat

Biographie vosgienne

1910 — Dictionnaire biographique illustré Meurthe-et-Moselle / R. Wagner

BERNARDIN Charles.- Né à Plombières-les-Bains (Vosges), le 26 octobre 1860.

Juge de paix à Pont-à-Mousson.

M. Ch. Bernardin fit ses études au lycée de Strasbourg, puis au collège de Saint-Dié et à Nancy. Il fut notaire à Beine (Marne), puis à Épinal. Après avoir cessé l’exercice du notariat, il se retira à Bayonville, mais sa retraite ne fut pas de longue durée, car lorsque l’affaire Dreyfus éclata il se lança presque seul dans la mêlée et combattit à corps perdu pour la justice et la vérité, avec toute son activité et sa rare énergie.

Par suite de circonstances bizarres, il devint juge de paix à Pont-à-Mousson.

Si M. Bernardin est un magistrat de valeur, c’est aussi un homme politique qui sait réveiller toutes les énergies autour de lui. Dans les Vosges, il fonda le journal Le Républicain des Vosges, en 1901 ; avec son ami Jean Grillon, ancien député de Meurthe-et-Moselle, il créa la Fédération républicaine qui joua un rôle si important dans le réveil de l’idée démocratique en Lorraine. Il fonda à Pont-à-Mousson un Cercle républicain, une Société de libre-pensée et divers autres groupements similaires.

Il a collaboré à la fondation de L’Étoile de l’Est, dont il est toujours un des administrateurs ; il est président du Conseil de rédaction et fondateur de La République. Il aida à la création, au cours de ces dernières années, de sections de la Ligue des Droits de l’homme à Toul, à Lunéville, à Pont-à-Mousson, à Épinal, à Saint-Dié, etc. Bref, son nom est attaché à la fondation de la plupart des groupements républicains de la région.

C’est le premier magistrat qui ait osé enlever le christ qui se trouvait dans son prétoire. Le bruit formidable fait autour de cet acte eut pour résultat de faire voter par la Chambre l’enlèvement des emblèmes religieux dans tous les endroits où l’on rend la justice.

M. Ch. Bernardin est un des membres les plus influents de la franc-maçonnerie. Il fait partie du Conseil de l’ordre du Grand-Orient de France ; c’est l’un des trente-trois membres du collège des Rites ou suprême Conseil du Grand-Orient de France. Il est vénérable de la loge Saint-Jean de Jérusalem, à Nancy.

Il est l’auteur d’un Guide pratique pour la recherche de 60 champignons comestibles, dont deux éditions furent enlevées en quelques jours. Il fait preuve dans ce petit volume de connaissances sérieuses en mycologie et d’un esprit pratique remarquable. Il publie en ce moment une Histoire de la franc-maçonnerie à Nancy, qui offre le plus grand intérêt. Le premier volume gui vient de paraître témoigne d’une érudition peu commune.

Toutes les oeuvres d’éducation l’intéressent, aussi est-il président de l’Association des délégués cantonaux de Meurthe-et-Moselle.

Historien, mycologue, critique d’art au besoin, magistrat et homme politique, on peut dire de M. Bernardin que la nature ne lui a rien refusé, ni l’esprit, ni l’imagination.

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

BERNARDIN (Charles), homme de loi et historien
(Plombières-les-Bains, 26 octobre 1860 - Metz, 4 janvier 1939)

Charles Bernardin dans ses fonctions de magistrat à Pont-à-Mousson pendant la 1ère guerre mondiale (carte postale ancienne).
 
Notaire à Beine (Marne), puis à Épinal, il se retire à Bayonville et se lance dans la politique à l’occasion de l’affaire Dreyfus, dont il prend la défense. Juge de paix à Pont-à-Mousson en 1901, il crée avec Jean Grillon, député de Meurthe-et-Moselle, le Républicain des Vosges, la Fédération républicaine, une loge maçonnique, un cercle républicain et de multiples sections de la Ligue des Droits de l’homme en Lorraine.

Républicain et laïc convaincu, c’est, dit-on, le premier magistrat qui osa enlever le Christ de la salle de son tribunal. Il reste en fonction à Pont-à-Mousson jusqu’à la fin de la guerre 1914-1918.

Après l’armistice, il devient juge à Bar-sur-Aube, puis à Nancy, et contribue largement à la renaissance de la Franc-maçonnerie dans les provinces recouvrées. Membre des plus grandes instances du Grand Orient de France, il influence fortement la vie politique lorraine de 1919 à sa mort.

Il est l’auteur d’un Guide pratique pour la recherche de 60 champignons comestibles (Saint-Dié, 1903), de Pont-à-Mousson sous les obus, journal de la vie locale pendant la Grande guerre (1919) et surtout de Notes pour servir à l’histoire de la Franc-maçonnerie à Nancy jusqu’en 1805.


Bibl. : D.B.F., tome VI, p. 93.


[Pierre Heili].

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