1911 —
Semaine religieuse du diocèse de Saint-Dié
D'HENNEZEL DE FRANCOGNEY Jean-Claude.- Chevalier, né à la Neuve-Verrerie, paroisse de Charmois-l'Orgueilleux, 2 janvier 1737, prêtre de 1761, devient en mai vicaire chez son parent Jean-François de Finance, curé dé Xertigny et La Chapelle, puis au bout de six ans, lui succède par résignation [Note 1].
En 1777 et 78, il rebâtit son église (sauf le clocher), malgré toutes sortes d'entraves et de procès. Élu doyen de la chrétienté de Remiremont, vers 1785, il transmet à ses confrères, en janvier 1791, la déclaration de l'Évêque aux municipaux de Saint-Dié, contre le serment schismatique. Sur dénonciation, le District fait enquête, 5 février : les municipaux de Xertigny assurent que leur curé a fait serment dimanche 30 janvier, mais qu'eux n'ont pas dressé procès-verbal, attendant le retour du vicaire, Louis Horlier, pour ne rédiger qu'un seul acte. Ceci parait obscur, et sujet à caution.
Le dimanche 3 avril, ayant célébré la première messe, J.-C. d'Hennezel reçoit un mandement de Mgr de Chaumont, à propos du schisme, désire le passer sous silence, et demeure chez lui ; plus ardent, Horlier, qui chante la grand'messe, donne lecture en chaire de cette lettre pastorale. Impliqué de ce fait dans un long procès, il est contraint de cesser toutes fonctions pastorales, mais demeure chez son curé jusqu'à expulsion brutale par les municipaux, 11 septembre. Dans le courant de l'été, probablement vers fin juillet, d'Hennezel ayant reçu avis du passage de Maudru, l'annonça du haut de la chaire à ses ouailles, mais en patois : L'abbé Maudru pesseré ; è vo beyeré sè bénédiction. Ce n'est guère le fait d'un jureur.
Au Carême de 1792, il refuse de lire le mandement schismatique, et profite de l'occasion pour expliquer ou rétracter son serment de 1791. C'était le dimanche 4 mars. Tumulte à l'église, grâce aux officiers de la municipalité : non contents de leur démonstration, ils envoient au curé, le surlendemain, sommation de déguerpir dans le jour. Suit, le 8, un arrêté départemental déclarant la cure vacante, et, chose illégale, expulsant le titulaire à 4 lieues.
De la Neuve-Verrerie, où il s'était réfugié, M. d'Hennezel part en septembre, avec arrêté de déportation pour la Suisse. En juillet 1793, à Constance, il reçoit de son Évêque un certificat d'orthodoxie. En 1795 et 1799, à Augsbourg, on lui accorde pouvoir d'entendre la confession de ses compatriotes. Il quitte cette ville, juin 1802, pour se retrouver en juillet dans la commune de Hennezel. Réinstallé à Xertigny le 21 pluviôse 11 / 18 février 1803, il mourut à Bains, durant une cure d'eaux, le 10 août 1810, et reçut la sépulture devant son église, contre le mur du clocher, à droite en entrant.
[La Semaine religieuse du diocèse de Saint-Dié, vendredi 16 juin 1911, 35-24, p. 386-387. Notes d'histoire diocésaine].
Note 1 : L'acte de cession, passé devant Antoine Godefroy, notaire apostolique à Mirecourt, le 15 juin 1767, fut approuvé à Rome en août suivant. M. de Finance s'était réservé une pension de 800 livres, qui lui fut encore soldée en 1784. Il habitait alors le Tholoy, paroisse d'Escles-Vioménil.