1897 —
Dictionnaire biographique des Vosges, Henri Jouve
VINCENT Charles.- Né à Vasperviller le 13 juin 1817.
Manufacturier à Senones, l’un des gérants de la maison Vincent Ponnier et Cie.
Président de la Chambre de commerce d’Épinal, de la Société de secours mutuels et de retraites (sans retenues faites aux ouvriers) de l’usine de Saint-Maurice de Senones ; de la Société industrielle de l’Est et du conseil d’administration du chemin de fer d’Étival à Senones.
M. Vincent est entré dans cette maison en 1837 en qualité d’ingénieur et il remplit, depuis 1871, les importantes fonctions de gérant responsable conjointement avec M. Ponnier également chevalier de la Légion d’honneur.
Chevalier de la Légion d’honneur à la suite de l’Exposition 1878, en récompense des services qu’il a rendus au commerce en général, et à l’industrie du tissage : de la blanchisserie et des filatures, en particulier.
La maison Vincent Ponnier et Cie occupe dans le département des Vosges, à Senones et dans le voisinage, plus de 55 000 broches de filatures et près de 1 500 métiers à tisser ; une blanchisserie, et une maison de vente à Paris, rue du Sentier, 30, gérée par M. Ponnier.
1900 —
Almanach annuaire historique...
VINCENT (Jean-Baptiste Charles).- Chevalier de la Légion d’honneur, président de la Chambre de commerce des Vosges, était étranger à notre région, mais il s’y rattachait étroitement par l’alliance que sa fille avait contractée avec l’une de nos plus honorables familles rémoises, la famille Benoist. C’est chez son gendre, M. Albert Benoist, président du tribunal de commerce, qu’il mourut, le 17 juin 1899, à l’âge de 81 ans, après une vie entièrement consacrée aux affaires et surtout à la cause coloniale ; il donna à cette dernière une large part de son dévouement et de son activité.
M. Ch. Vincent était né à Vasperviller (Lorraine annexée), le 12 juin 1817 ; il était un ancien élève de l’école des Arts et Métiers de Châlons-sur-Marne, dont il était sorti major de sa promotion.
Albert Baudon.
[Almanach annuaire historique, administratif et commercial de la Marne, de l’Aisne et des Ardennes, Reims : Matot-Braine, 1900].
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
VINCENT (Charles) , ingénieur et manufacturier
?, 1817 – Senones, 1899
Charles Vincent montre très tôt qu’il est un technicien de premier plan. Après avoir étudié la filature et le tissage dans les usines de la région Est de la France, il devient en 1836 directeur-ingénieur des unités de production des Manufactures Saint-Maurice de Senones qui appartiennent à la famille Seillière. Celles-ci sont construites à Moyenmoutier, Senones, La Petite-Raon et Moussey, dans la vallée du Rabodeau.
Charles Vincent les modernise et augmente régulièrement leurs capacités de production. En 1862, elles renferment 32 000 broches et 860 métiers à tisser. En 1899, elles contiennent 58 400 broches et près de 1300 métiers à tisser. Une usine de blanchiment et teinture fonctionne à Moyenmoutier. Charles Vincent les dote également de machines à vapeur et de turbines perfectionnées.
Quand les Allemands arrivent à Senones le 4 octobre 1870, il est arrêté avec Frédéric Seillière, gérant des Manufactures Saint-Maurice. Ils manquent de peu d’être fusillés. Quelques semaines plus tard, tous deux s’associent avec Alfred Ponnier, gérant de leur maison de vente de Mulhouse, pour former la société Seillière, Vincent, Ponnier et Cie. Frédéric Seillière se retire trois ans plus tard pour se consacrer à ses études historiques. Charles Vincent et Alfred Ponnier créent à cette époque la société Vincent, Ponnier et Cie qui gère les Manufactures Saint-Maurice jusqu’à la disparition du premier d’entre eux en 1899.
Charles Vincent repose depuis cette époque dans la remarquable chapelle qu’il a fait construire au milieu du cimetière de Senones, aux côtés d’Héloïse Quinet, son épouse, d’Aimé Vincent son fils (1841-1919) et de plusieurs membres de leur famille.
Bibl. : Poull (Georges).- L’Industrie textile vosgienne, 1982 et 1983, p. 215-218.
[
Georges Poull
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