1889 —
Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier
THOMAS (Nicolas Joseph).- Le général de division Thomas est né à Soulosse, vieille cité romaine, aux confins de Lorraine et de Champagne le 9 juillet 1825.
Soldat engagé volontaire le 17 décembre 1845, il entrait deux ans après à l’École de Saint-Cyr, où il recevait les galons de caporal le 3 décembre 1848 et ceux de sergent le 6 avril 1849. Il en sortit sous-lieutenant au 11e léger, le 1er octobre 1849, devint lieutenant le 30 décembre 1852 et partit avec ce grade pour la Crimée. Dans cette lutte gigantesque de toute heure et de tout instant, le 11e léger, devenu 86e de ligne, se distingua au premier rang. Mais ses pertes furent énormes ; le jeune lieutenant Thomas, blessé deux fois, reçut la double épaulette de capitaine le 3 avril 1855 et, le 8 septembre, il conduisait à l’assaut de Malakoff sa compagnie et même le régiment entier, tous les officiers supérieurs ayant été atteints par le feu de l’ennemi. Aussi, il recevait, dès le 14 septembre 1855, la croix de chevalier de la Légion d’honneur.
Avec le 86e, il fit encore la campagne d’Italie comme capitaine adjudant-major. Chef de bataillon le 13 août 1863, il passait, en 1865, major du 1er voltigeurs de la garde impériale et, le 26 juin 1867 était nommé officier de la Légion d’honneur. Lieutenant-colonel du 60e de ligne le 27 février 1869, il fit la guerre contre l’Allemagne au 3e corps de l’armée du Rhin (division Aymard) et combattit à Gravelotte et à Saint-Privat, où il reçut sa troisième blessure ; avec toute l’armée de Metz, il fut emmené prisonnier en Prusse après la capitulation du 28 octobre 1870.
Colonel du 13e de ligne le 2 mai 1872, il fut nommé général de brigade le 24 juillet 1880 et commanda d’abord une brigade d’infanterie du 10e corps à Rennes. Appelé en mai 1883 aux importantes et délicates fonctions de commandant de la place de Paris et du département de la Seine, le général Thomas fut nommé commandeur de la Légion d’honneur le 27 décembre 1884. Général de division le 11 janvier 1887, il fut placé à la tête de la 26e division d’infanterie (13e corps) à Saint-Etienne, mais il succéda bientôt au général Ferron, nommé ministre de la guerre, comme commandant de la 13e division (7e corps) à Chaumont, poste qu’il occupe encore aujourd’hui.
Le général Thomas est officier de l’instruction publique et chevalier de l’ordre du mérite militaire de Savoie.
Il a publié la 8e édition de la Géographie de Th. Lavallée, corrigée et augmentée.
1897 —
Dictionnaire biographique des Vosges, Henri Jouve
THOMAS Nicolas Joseph.- Né à Soulosse le 9 juillet 1825.
Général de division du cadre de réserve.
Grand officier de la Légion d’honneur, officier de l’Instruction publique, chevalier de l’ordre du mérite militaire de Savoie, titulaire des médailles de Crimée et d’Italie.
Membre du comité de l’Association vosgienne de Paris.
Engagé volontaire au 39e de ligne, le 17 novembre 1845. Admis après concours à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr le 1er octobre 1847, il y fut nommé caporal le 3 décembre 1848 et sergent le 6 avril 1849. A sa sortie de cette école le 1er octobre 1849, il fut nommé sous-lieutenant au 11e léger, assista à la catastrophe du pont d’Angers en avril 1850, en se rendant en Afrique où il fait en 1850-51-52-53-54 toutes les campagnes de l’Algérie jusqu’à son départ pour la Crimée ; il fut attaché à la brigade topographique et aux bureaux arabes. Il devint lieutenant à son corps le 30 décembre 1852. Envoyé en Crimée avec son régiment qui pris part à cette expédition sous la nouvelle dénomination du 86e régiment de ligne, le lieutenant Thomas reçut deux blessures lors des premiers engagements. Il fut promu capitaine le 3 avril 1855 et quoique ses blessures ne fussent pas complètement cicatrisées, il conduisit sa compagnie à l’assaut de Malakoff le 8 septembre suivant. Le 14 de ce mois il recevait la croix de la Légion d’honneur, en récompense de sa brillante conduite.
Rentré en France, il partit, toujours avec son régiment, combattre pour l’indépendance de l’Italie. Il remplit, pendant cette campagne, les fonctions de capitaine adjudant-major et fut blessé à la bataille de Solferino pour la troisième fois. Il fut promu commandant le 13 août 1863 au 60e, et était appelé à remplir les fonctions de major au 1er régiment de voltigeurs de la garde impériale en 1865. Il reçut la rosette d’officier de la Légion d’honneur le 26 juin 1867.
La guerre contre l’Allemagne le trouva lieutenant-colonel, grade auquel il avait été nommé le 27 février 1869. Il fit partie du 3e corps, armée du Rhin et assista aux combats de Forbach, Borny, Gravelotte et de Saint-Privat. A cette dernière bataille il fut blessé pour la quatrième fois, mais sans gravité et après quelques jours de repos, il reprenait du service dans l’armée de Metz et était nommé commandant des compagnies de partisans avec lesquelles il fit diverses opérations telles que fourrages et attaques des avant-postes, autour de la ville. Fait prisonnier lors de la capitulation de cette place le 28 octobre, il fut emmené prisonnier à Bonn où il subit une dure captivité jusqu’à la signature du traité de paix.
Il revint en France le 17 mars 1871 et occupa un emploi de son grade au 60e régiment d’infanterie avec lequel il avait fait la campagne. Promu colonel le 2 mai 1872, il fut appelé à exercer son commandement à la tête du 43e de ligne et ne quitta ce régiment que le 24 juillet 1880, lors de sa nomination au grade de général de brigade. Il prit d’abord le commandement de la 36e brigade d’infanterie, puis il fut appelé par un décret du 26 mai 1883 à commander la place de Paris et le département de la Seine et à remplir en même temps les fonctions d’adjoint au gouverneur de Paris. Il fut élevé à la dignité de commandeur le 27 décembre 1884. Nommé divisionnaire le 11 janvier 1887, il exerça son commandement à la 20e division jusqu’à sa nomination de commandant de la 43e division où il était appelé le 3 juin 1887 pour succéder au général Ferron, devenu ministre de la Guerre. Il resta à ce poste, y fut nommé grand-officier de la Légion d’honneur et atteint parla limite d’âge, fut admis dans la 2e section de l’État-major (réserve) le 9 juillet 1890.
M. le général Thomas a révisé, augmenté et corrigé la 8e édition de la Géographie universelle de Th. Lavallée, pour laquelle il a été nommé officier de l’Instruction publique.
Il a deux fils jumeaux qui suivant les traces de leur père, servent dans l’armée de terre et la marine. L’un, Raymond, est capitaine d’artillerie breveté ; l’autre, Robert, lieutenant de vaisseau, déjà chevalier de la Légion d’honneur et médaillé de Chine et de Madagascar.
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
THOMAS (Nicolas Joseph) , général de division
Soulosse, 9 juillet 1825 – Paris, 8 janvier 1898
Engagé volontaire au 39e régiment de ligne le 17 novembre 1845, il entre sur concours à l’école de Saint-Cyr en 1847 et en sort sous-lieutenant au 11e léger le 1er octobre 1849. Il fait les campagnes d’Algérie de 1850 à 1854. Il passe lieutenant, attaché à la brigade topographique et aux bureaux arabes en 1852. Il est ensuite embarqué pour la Crimée où il est blessé et promu capitaine le 3 avril 1855. Il prend part à l’assaut du fort de Malakoff.
Il participe également à la campagne d’Italie et reçoit une blessure à Solférino. Promu commandant en 1863, il est affecté en qualité de major au premier régiment de voltigeurs de la garde impériale en 1865.
Lieutenant-colonel en 1869, il part pour la guerre de 1870 dans l’armée du Rhin, assiste aux batailles de Forbach, Borny, Gravelotte, enfin Saint-Privat où il est blessé. Fait prisonnier dans Metz, il est libéré en mars 1871 et, promu colonel en mai 1872, il est placé à la tête du 13e régiment de ligne jusqu’à sa nomination au grade de général de brigade le 24 juillet 1880. Il commande alors la 36e brigade d’infanterie, puis la place de Paris.
Général de division le 11 janvier 1884, il exerce à la tête de la 26e D.I., puis à la 13e D.I. Il est admis dans la réserve le 8 juillet 1890.
Nicolas Joseph Thomas, qui s’intéresse à la topographie, est l’auteur de la huitième édition de la Géographie universelle de Th. Lavallée, révisée et augmentée.
Officier de l’instruction publique, chevalier de l’ordre militaire de Savoie, le général Thomas, chevalier de la Légion d’honneur depuis 1855, officier en 1867, était commandeur de la Légion d’honneur depuis le 27 décembre 1884.
De son mariage le 23 mars 1863 avec Marie Joséphine Charpentier, il eut deux fils qui furent aussi officiers, l’un Raymond dans l’artillerie, l’autre Robert dans la marine.
Bibl. : Bouvier.- Biographie générale vosgienne, p. 518-519.
Jouve.- Dictionnaire biographique des Vosges.
S.H.A.T. Vincennes, dossier Thomas.
[Albert Ronsin]