1897 —
Dictionnaire biographique des Vosges, Henri Jouve

THIÉBAUT Camille Eugène.- Né à Vagney le 31 janvier 1847.
Fondeur en aluminium à Paris.
Chevalier de l’ordre royal de l’Étoile d’Anjouvin (1er janvier 1894).
Membre de l’Association vosgienne.
Élève de l’école primaire de Vagney jusqu’en 1860, puis du Collège de Remiremont de 1861 à 1862 où il obtint un prix d’honneur (mathématiques et sciences). Il fut obligé d’interrompre ses étude pour cause de maladie.
Employé de commerce, voyageur et chef de service, maison Gy, Sommelet et Dessein à Langres, de 1863 à 1870, il fut réformé du service militaire pour sa vue en 1867. Malgré cela, il s’engagea dans l’artillerie à Langres, où il servit pendant toute la durée de la guerre contre la Prusse.
De 1871 à 1878, il fut employé, représentant de commerce et commissionnaire à Paris.
De 1888 à 1890, à Raon-l’étape, il devint commerçant pour son compte (mercerie, bonneterie, articles de Paris, etc.).
En septembre 1891, il revint à Paris pour s’occuper spécialement de l’aluminium, de ses alliages el sa soudure, mais plus spécialement encore, d’en chercher les emplois divers en fonderie : emboutissage ou repoussage.
Il reçut une médaille d’argent à l’Exposition du Livre à Paris, le 23 novembre 1894.
A la suite de l’appel fait à l’industrie française par le ministre de la Guerre, au sujet du petit équipement militaire en aluminium, il a pu seul en France obtenir et présenter un bidon d’un litre en aluminium d’une seule pièce et le rapport présenté à ce ministre en mars 1896 par M. Henri Moissan, de l’Institut, dit :
Au moment où le ministre décida l’achat de 15 000 bidons pour l’expédition de Madagascar, un seul industriel, M. Thiébault présenta un modèle qui fut accepté par la commission. Cette fabrication présentant de réelles difficultés, il n’y a pas lieu de s’étonner si la forme des premiers bidons a laissé parfois à désirer.
Cette forme pour laquelle la rectification n’a pu être faite à ce moment, faute de temps, est rectifiée aujourd’hui et tous nos soldats pourront avoir bientôt chacun leur bidon plus léger, mais ayant surtout l’immense avantage de conserver limpides et sains les liquides qu’il contient.
Avec ces bidons, il a encore livré, mais conjointement avec d’autres industriels, des quarts et gamelles de 1 et 4 hommes, des assiettes et gobelets en aluminium pour les tables de l’État-major à Madagascar et en ce moment livre encore à l’État des bidons forme rectifiée.