Charles Louis Marie Joseph Clément RENARD

[ Lamarche (88), 23/11/1847 – Paris (75), 13/04/1905 ]

chef de bataillon du génie

Biographie vosgienne

1889 — Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier

RENARD (Louis Marie Joseph Charles Clément).- Officier du génie et inventeur des ballons dirigeables, le commandant Renard est né à Lamarche, d’une famille originaire de Damblain, le 23 novembre 1847.

Élève de l’École polytechnique en 1866, sous-lieutenant du génie, élève à l’École d’application le 1er octobre 1868 et lieutenant le 1er octobre 1870, il fit campagne dans les armées de province et placé, après la guerre, à Mascara. Capitaine du génie, le 27 octobre 1873, il fut mis au 1er régiment et commença ses belles études d’aérostation qui ont valu à là France la gloire de découvrir la direction des ballons.

C’est au commandant Renard qu’on le doit. Il a installé dans le parc de Chalais, à Meudon, un parc d’aérostation où il se livre sans cesse à de nouvelles expériences. Le 6 février 1886, il a été nommé chef de bataillon du génie ; il est chevalier de la Légion d’honneur au 12 juillet 1880. Le 25 septembre 1888, il a été nommé directeur de l’établissement central d’aérostation militaire.

Son frère, Marie Joseph Pierre Théophile, né à Lamarche le 13 février 1854, élève de l’École polytechnique en 1872, sous-lieutenant du génie le 1er octobre 1874, capitaine le 5 octobre 1879, l’aide dans ses études et ses essais ; il est chevalier de la Légion d’honneur, du 4 décembre 1884. Chef de l’atelier central d’aérostation et de télégraphie militaire, il a été nommé, le 25 septembre 1888, sous-directeur de l’établissement central d’aérostation, dont son frère est directeur.

1897 — Dictionnaire biographique des Vosges, Henri Jouve

RENARD Louis Marie Joseph Charles Clément.- Né à Lamarche le 23 novembre 1847.

Chef de bataillon du génie.

Directeur de l’établissement d’aérostation militaire de Meudon (Seine-et-Oise).

Officier de la Légion d’honneur (29 décembre 1896).

Membre de l’Association vosgienne de Paris.

Entré à l’École polytechnique le 1er octobre 1866, M. Charles Renard en sortit deux ans après, comme sous-lieutenant de génie et devint stagiaire à l’École d’application. Nommé lieutenant le 1er octobre 1870, il fit toute la campagne contre l’Allemagne.

Après la guerre, M. Charles Renard fut chargé de la direction du génie, à Mascara (Algérie), il fut promu capitaine au 1er régiment de cette arme, le 27 octobre 1873. Depuis cette époque, il s’occupe d’aérostation. Ses nombreuses recherches sur la navigation aérienne ont abouti à doter notre armée d’un système de ballons dirigeables qui, quoique encore imparfait, rendra, lorsque son emploi sera jugé nécessaire, de très grands services. En récompense de ses importants travaux, il reçut la croix de la Légion d’honneur le 12 juillet 1880.

M. Charles Renard a été promu chef de bataillon le 6 février 1886 et nommé deux ans après, le 25 septembre 1888, directeur de l’établissement central d’aérostation militaire du parc de Chalais, à Meudon, dont il avait été l’un des premiers et principaux fondateurs.


1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

RENARD (Charles), officier supérieur et inventeur
Damblain, 23 novembre 1847 – Paris, 13 avril 1905


Charles Renard, fils d’un magistrat, est tout d’abord un brillant élève du lycée de Nancy. Au Concours général de 1866, il remporte le prix d’honneur de mathématiques spéciales. Au cours de la même année, il est reçu 3ème à l’Ecole normale supérieure et il est admis à l’Ecole polytechnique. Il opte pour celle-ci et à l’issue de ses études, il devient officier du Génie militaire. Il effectue la campagne 1870-1871 dans l’armée de la Loire, puis dans l’armée de l’Est.

Quand la paix revient, il se spécialise dans les recherches destinées au perfectionnement des aérostats dirigeables, avec Paul, son frère, et le capitaine Krebs. L’appareil qu’ils construisent en commun en 1884 est mû par un moteur électrique de leur invention. Baptisé La France, il effectue son premier voyage le 9 août de cette année, piloté par Charles Renard. Il revient sans difficulté à son point de départ. Pour rendre ce genre d’aérostat plus maniable, éviter qu’il tangue et augmenter sa vitesse de croisière, Charles Renard le dote d’un empennage horizontal en 1904. Il invente également d’autres appareils se rapportant à la navigation aérienne. Il s’agit notamment du parachute dirigeable qu’il met au point des 1873.

Très inventif dans les aires, Charles Renard ne l’est pas moins sur terre. Il est en effet le concepteur du célèbre train automobile routier, dont les voitures sont automotrices grâce à l’arbre de transmission qui les relie au locomoteur. La direction de chacune de ces remorques est commandée par un timon conçu de telle sorte que la combinaison géométrique qui en résulte leur fait suivre une trajectoire identique. Cette sorte de véhicule, mis au point en 1902, est destinée à l’armée. Au cours de cette année, Charles Renard présente un de ses trains. A l’aide d’un moteur de 50 CV, il transporte une charge de 36 tonnes et se déplace suivant les accidents du terrain entre 12 et 72 km/h. Cette invention connaît d’abord le succès. Des Trains Renard sont achetés par l’Espagne, les Pays-Bas, la Perse, le Paraguay et bien d’autres pays.

Dans notre région, leur version voyageurs est expérimentée par leur inventeur, devenu commandant, le 18 mars 1906 entre Epinal et Rambervillers, le 22 mars suivant entre Remiremont et Plombières, le lendemain entre Mirecourt et Charmes et le 31 janvier 1907 entre Aulnois, Contrexéville, Darney et Bains. Des démonstrations ont lieu également à Toul, St Mihiel, Clermont en Argonne, Montfaucon, Dun et Verdun. Dans l’été 1906, une ligne régulière est exploitée entre Remiremont et Plombières par la Société Vosgienne des Trains Renard constituée à cet effet.

Charles Renard est aussi le créateur du célèbre établissement de Chalais-Meudon. Il y installe des laboratoires et des ateliers où il construit le matériel aérostatique français. Son cours d’aérostation est suivi par de nombreux officiers. Quand il meut prématurément, il vient d’être promu colonel.

Son frère Paul, qui l’a toujours secondé lors de ses expériences, s’efforce dès lors de perpétuer sa mémoire et de montrer qu’il a été un grand précurseur dans de nombreux domaines.


Bibl. : Nouvelliste des Vosges, N° du 1er avril 1904.
Revue La Nature, 2ème semestre de 1884.
Dollfuss (Ch.) et Bouché (H.).– Histoire de l’Aéronautique, 1932, p. 69, 70, 115, 120, 123, 124, 127, 131, 135, 175, 177 et 179.
Journal La Liberté de l’Est des 28.11.1986 et 20.11.1988 et journal L’Est Républicain des 19 et 20.11.1988.
Recherche de M. Bailleul, ingénieur de E.D.F.


[Georges Poull]

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