1897 —
Dictionnaire biographique des Vosges, Henri Jouve
MARCHAL Jules.- Né à Rothau le 25 août 1857.
Industriel. Propriétaire d’une importante filature à Saint-Dié.
Membre de l’Association vosgienne de Paris.
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
MARCHAL (Jules), industriel
Rothau, 25 août 1857 – Saint-Dié, 9 décembre 1931
A l’issue de ses études primaires, Jules Marchal devient contremaître de filature à Val et Châtillon. Il est âgé de 27 ans lorsqu’il achète une petite filature située à Saint-Dié. Ses débuts d’industriel sont difficiles, mais avec l’aide d’un banquier, il crée la société « Jules Marchal et Cie ». Son usine, qui se trouve près de la route des Tiges, est agrandie régulièrement de 1886 à 1892. Elle renferme alors 29 000 broches. Il fait construire à la croix de Périchamp une autre filature. Ses deux unités de production totalisent 116 680 broches en 1909.
La création de la société « Filatures Marchal » en mai 1912 marque un tournant dans l’histoire de la maison déodatienne. Elle a pour objet la location et l’exploitation des filatures « Jules Marchal et Cie ». A partir de cette époque, cette dernière firme cesse de gérer son patrimoine ; elle se cantonne dans l’administration non industrielle des immeubles de toutes natures qui sont sa propriété. Devenue société immobilière, elle loue à la société anonyme « Filatures Marchal » tous ses bâtiments. Cependant le 31 août 1917, puis au début de janvier 1918, une partie importante des actions de celle-ci entre en possession de l’important groupe « Latham et Cie » du Havre.
A la suite de cette transformation, Jules Marchal ne figure plus qu’à titre d’administrateur-directeur technique dans les affaires qu’il a créées, quant à l’exploitation de la S.A. « Filatures Marchal ». Sur ses instances, cette firme rachète le tissage de Ban de Laveline, la retorderie Steib, de Saint-Dié, la société « A. Busch et Cie » et plusieurs autres tissages voisins.
Au cours de 1923, la crise économique qui sévit en Amérique porte un coup très grave aux firmes contrôlées par la société « Latham et Cie ». Ses dirigeants sont mis dans l’obligation de procéder à une liquidation générale de celles-ci. Le 22 février de cette année, Jules Marchal parvient à récupérer les actions de ses anciennes sociétés avec l’aide d’Alfred et de Charles Marchal. Le 15 mars suivant, il redevient président d’une firme dont il détient 4030 actions sur 12 000. A l’issue de ce redressement sensationnel, il entreprend de rénover la plus grande partie du matériel de ses filatures et de ses tissages. Il achète plusieurs usines situées en Alsace, ainsi que les tissages d’Arches et de Bar le Duc. A la fin de 1923 ses unités de production contiennent 126 654 broches et 2 817 métiers à tisser. Il figure à cette époque parmi les industriels les plus importants de la région lorraine. Il reste dans cette situation jusqu’à sa disparition.
Bibl. : Poull (G.).- L’Industrie textile vosgienne. 1765-1981, p. 335 à 341.
[
Georges Poull
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