Charles Ernest LULLIER

[ Mirecourt (88), 27/04/1838 – Panama (Panama), 23/06/1891 ]

officier de marine

Biographie vosgienne

1879 — Biographie alsacienne-lorraine / A. Cerfberr de Médelsheim

LULLIER Charles Ernest.- Marin et écrivain, né dans les Vosges le 27 avril 1838, entra à l’École navale en 1854;, fut aspirant en 1856 et enseigne en 1860.

Son indiscipline lui fit deux fois retirer son emploi. Rentré au service et nommé lieutenant de vaisseau en 1868, on fut obligé de nouveau de le mettre à la réforme, et le Conseil d’État rejeta le pourvoi qu’il forma contre cette décision.

Son exaltation, ses idées politiques avancées, lui attirèrent des duels qui attestèrent son habileté à l’escrime, et des condamnations qui firent croire à l’aliénation mentale. Il fut même arrêté pour cette dernière cause, mais relâché après constatation des médecins.

Il se porta comme candidat socialiste aux élections de Paris en 1869 et échoua. Un pareil esprit de désordre devait fournir le futur contingent des entreprises révolutionnaires malsaines ; M. Lullier n’y manqua pas, et, au rétablissement de l’ordre, après la Commune, il fut condamné à la transportation à vie.

Sa translation à bord du bâtiment qui le conduisit au lieu où il devait subir sa peine, donna lieu à une scène de révolte qui obligea de le lier comme un fou furieux pour le maîtriser pendant la traversée. Il a publié quelques brochures de circonstance.

1889 — Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier

LULLIER (Charles Ernest).- Né à Mirecourt le 27 avril 1838, il fut élève à l’école navale de Brest en 1855, fut nommé aspirant de marine le 1er juillet 1856 ; enseigne de vaisseau lieutenant de vaisseau, et mis en disponibilité en 1863. Il fut rappelé à l’activité en septembre 1864, puis mis en réforme le 6 juin 1868.

M. Lullier se lança alors dans le journalisme politique et collabora aux journaux les plus ardemment hostiles à l’empire.

En septembre 1870, il fut élu chef du 74e bataillon de la garde nationale de Paris, mais ayant combattu le gouvernement de la Défense nationale, il fut révoqué le mois suivant, puis envoyé en mission à Copenhague et aux États-Unis. Lorsque éclata l’insurrection du 18 mars 1871, M. Lullier était colonel d’artillerie de la garde nationale, nommé depuis quelques jours par le Comité central. Il fit partie de ce Comité, qui prépara la Commune, et fut nommé commandant en chef de la garde nationale de la place de Paris ; mais il fut destitué presque aussitôt après la grande sortie des fédérés qui échoua contre le Mont-Valérien et n’exerça plus d’autre commandement que celui de la flottille de la Seine pendant le reste de la période insurrectionnelle.

Arrêté à la suite de ces évènements, il fut condamné à mort le 4 septembre 1871, mais vit sa peine commuée, le 12 décembre, en celle des travaux forcés à perpétuité. Il fut alors interné à Clairvaux, puis libéré lors de l’amnistie. Il rentra dans la presse radicale à Marseille et en Corse.

1897 — Dictionnaire biographique des Vosges, Henri Jouve

LULLIER Charles Ernest.- Né à Mirecourt le 27 avril 1838.

Ancien officier de marine.

Littérateur et publiciste.

Entré à l’école navale de Brest en 1855, M. Lullier en sortit comme aspirant le 1er juillet 1856. Étant enseigne, il fut mis en disponibilité en 1863. Rentré au service au mois de septembre 1864, il fut réformé le 6 juin 1868. Hostile à la politique de l’Empire, il collabora aux journaux de l’opposition et se fit remarquer par ses violents articles contre ce gouvernement.

Pendant la guerre contre l’Allemagne, M. Lullier fut nommé, après la chute de l’empire, chef du 74e bataillon de la garde nationale mobile de Paris, mais s’étant déclaré ouvertement contre le gouvernement provisoire de la Défense nationale, il fut révoqué au mois d’octobre et envoyé en mission d’abord à Copenhague puis au États-unis. De retour en France dans les premiers jours de mars 1871 il fut nommé par le comité central de la défense, colonel commandant l’artillerie de la garde nationale de Paris. Il prit part au mouvement insurrectionnel de la Commune et fut condamné à mort pour ce fait, mais il bénéficia d’une commutation de peine aux travaux forcés à perpétuité. Il subit sa peine d’abord à Clairvaux puis à la maison de Charenton. Il se vit ouvrir les portes de sa prison par suite de l’Amnistie et rentra dans le journalisme. Il collabora à plusieurs journaux radicaux de Marseille et de la Corse.

M. Lullier est décédé à Panama au mois de juillet 1891. On lui doit les ouvrages suivants :
- Mission politique et maritime de la France au XIXe siècle, in-8°, 1865 ;
- De l’esprit du progrès sur la flotte, in-8°, 1866 ;
- Essai sur l’histoire de la tactique navale et des évolutions de mer. La marine du passé et la marine contemporaine, in-8°, 1867 ;
- La Vérité sur la campagne de Bohême en 1866 ou les quatre fautes militaires des Prussiens, in-8°, 1867 ;
- Les Anglais et les Russes dans la Haute-Alsace. Avertissement à la France, in-8°, 1869 ;
- Mes cachots, in-12, 1881.

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

LULLIER (Charles-Ernest), officier puis journaliste, membre de la Commune de Paris
Mirecourt, 27 avril 1838 – Panama, 23 juin 1891


Admis à l’Ecole navale de Brest en 1855, il en sort l’année suivante avec le grade d’aspirant. D’un caractère peu docile, il est mis en disponibilité en 1863 mais est réintégré l’année suivante. Il quitte la marine définitivement en 1868 pour se consacrer au journalisme politique.

Il collabore aux journaux les plus hostiles à l’Empire et récolte en deux ans quatre condamnations pour coups, rébellion et outrages. Il est à Paris au moment de la chute de l’Empire et est élu chef du 74e Bataillon de la Garde nationale. Le 9 septembre il entre au Comité de défense mis sur pied par l’Internationale. Le gouvernement de la Défense nationale l’envoie ensuite en mission à Copenhague puis aux Etats-Unis. De retour dès le 12 mars 1871, sa réputation de bravoure et son semblant d’expérience militaire lui valent d’être nommé 3 jours plus tard, par le comité central de la Commune de Paris, commandant de l’artillerie.

Le 18 mars 1871, lorsqu’éclate l’insurrection de la Commune, il obtient le commandement en chef de la garde nationale, mais ne se montre pas à la hauteur des responsabilités qui lui sont confiées. Commettant de nombreuses fautes dont celle de ne pas faire occuper le Mont-Valérien, il est destitué le 25 mars et écroué à la Conciergerie d’où il s’évade. Arrêté par les Versaillais, il est condamné à mort par le 3e Conseil de guerre le 2 septembre 1871, mais voit sa peine commuée en travaux forcés à perpétuité. Il est envoyé au bagne de l’île Nou. Libéré lors de l’amnistie, il publie ses mémoires sous le titre Mes cachots (1881) et termine ses jours à Panama comme agent de la Compagnie Générale Transatlantique.


Bibl. : Bouvier, p. 460.
Noël (B.).- Dictionnaire de la Commune, 1971, p.240.
Fleurence (Louis-Henri).- Charles-Ernest Lullier, un compatriote au destin extraordinairement tourmenté, in La Lettre de la Société d’Emulation du département des Vosges, supplément, n°4, mars 1989.


[Pierre Heili]

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