1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
ERCKMANN (Émile), écrivain
Phalsbourg (Moselle), 20 mai 1822 - Lunéville (Meurthe-et-Moselle), 14 mars 1899

Cinquième enfant d’un relieur qui avait ouvert un cabinet de lecture à Phalsbourg, Erckmann est interne au collège de sa ville à l’âge de 10 ans. Bachelier en 1841, il part pour Paris étudier le droit de 1842 à 1846 ; il participe à la Révolution de 1848 et revient à Phalsbourg où il dirige en 1848 et 1849 deux journaux de gauche. Le premier drame signé en commun avec Chatrian,
Georges (en 1848) n’a aucun succès.
La notoriété arrive en 1856 avec la publication des
Romans Nationaux chez Hetzel. En 1870, il quitte Phalsbourg annexé à l’Allemagne et, après des séjours à Paris, en Normandie et en Bretagne, s’installe à Saint-Dié en septembre 1872, accueilli par la famille Goguel. Il y reste 9 ans. En 1873, avec Montezuma Goguel, il visite le canal de Suez, le Proche-Orient durant quelques mois. A Saint-Dié, il collabore à la
Gazette Vosgienne, écrit des
Contes vosgiens et le
Brigadier Frédéric. En 1881, il quitte l’ermitage des Goguel en compagnie d’Emma Flotat, intendante de la maison, et le couple s’installe à Toul puis, en 1884, Erckmann regagne Phalsbourg, mais la présence allemande lui est insupportable et il s’établit à Lunéville en 1888. Il y meurt en 1899.
Les autres oeuvres célèbres sont :
L’Ami Fritz,
Histoire d’un conscrit de 1813,
L’Invasion,
Histoire d’un homme du peuple,
Histoire d’un sous-maître,
Me Gaspard Fix,
Les Vieux de la vieille, etc...
Sa peinture de la société du XIX° siècle, sa bonhomie, son style évocateur et alerte ont assuré l’extraordinaire succès des oeuvres signées Erckmann-Chatrian, qui connaissent plusieurs rééditions au XX° siècle.
Bibl. : Baldensperger (F.).-
Une vie parmi d’autres, p. 49.
Schoumaker (L.).-
Erckmann-Chatrian, étude biographique, 1933, chap. IV.
Dictionnaire de biographie française, publié sous la dir. de M. Prévot, Roman d’Amat, H. Tribout de Morambert, Paris, Letouzey (lettres A-H parues de 1928 à 1989), tome VIII, col. 823 et XII, col. 1372-74.
Benoit-Guyot (G.).-
La Vie et l’oeuvre d’Erckmann-Chatrian, Paris, 1963, p. 172-220.
[André Ronsin].