1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
GLEY (Marcel Eugène Émile), professeur de biologie, président de l’Académie de médecine
Épinal, 16 janvier 1857 - Paris, 24 octobre 1930

Fils de Pierre Gérard Gley (voir notice) et de Marie Gallauziaux, petit-neveu de l’abbé Gérard Gley (voir notice), brillant élève au collège d’Épinal, Eugène Gley remporte en 1875 le concours général pour sa dissertation philosophique. Il entreprend ses études de médecine à Montpellier et prépare en même temps une licence de lettres.
Il revient à Nancy pour les achever : il obtient sa licence ès lettres en 1878 et en 1879 il entre, après concours, comme aide de physiologie à la faculté de médecine de Nancy. En 1880, il est élève du laboratoire de physiologie à l’École des Hautes Études à Paris.
Docteur en médecine le 29 avril 1881, il devient moniteur de travaux pratiques de physiologie, puis préparateur à la faculté de médecine de Paris en 1882, directeur du laboratoire des cliniques de l’Hôtel Dieu en 1886, professeur agrégé en 1889. Il obtient la direction des travaux pratiques de physiologie à la faculté puis est nommé assistant de physiologie générale au Muséum d’Histoire Naturelle (1893). Enfin, en 1908, il accède à la chaire de biologie générale du Collège de France, qu’il conserve jusqu’à sa retraite.
L’oeuvre essentielle de Gley, dans le cadre de la physiologie, porte sur l’endocrinologie, discipline pour laquelle il rassemble autour de lui plusieurs disciples qui deviendront des maîtres : Ch. Richet, Bourquelot, Camus, Richard, Champy, Hazard, etc...
Mettant en lumière l’action de l’extrait thyroïdien, il rend possible le traitement du myxoedème, jusque-là incurable. Il contribue également avec Camus à la connaissance des anticorps et l’immunité humorale. Il étudie également avec bonheur la plupart des sécrétions internes.
Il collabore ou dirige de nombreuses publications :
Archives de physiologie,
Journal de physiologie et de pathologie générale,
Archives internationales de pharmacodynamie.
Il publie aussi :
-
Étude de psychologie physiologique et pathologique (1903 ),
-
Traité élémentaire de physiologie (avec Duval, 9ème éd. 1906 ; 12ème éd. 1951) 2 vol.,
-
Les Sécrétions internes (1924),
-
Essais de philosophie et d’histoire de la biologie (1900).
Il rédige aussi des biographies de savants. Membre de la Société de biologie en 1886, il en devient vice-président, puis en 1899 secrétaire général et il crée des filiales en France et à l’étranger. Il est aussi membre fondateur de la Société de psychologie (1901). Il est élu membre de l’Académie de médecine en 1903 et en est le président en 1927. Il participe à de très nombreux congrès nationaux et internationaux dans lesquels il acquiert une renommée mondiale.
Il avait épousé Alba Viereck. Leur fils Pierre (né en 1898), médecin, fut préparateur au Collège de France.
Émile Gley était officier de la Légion d’honneur depuis 1920.
Bibl. : Dictionnaire de biographie française, publié sous la dir. de M. Prévot, Roman d’Amat, H. Tribout de Morambert, Paris : Letouzey (lettres A-H parues de 1928 à 1989), tome XVI, col. 362-364.
Jouve (H.).- Dictionnaire de biographie vosgienne.
Charle / Telkès.- Les Professeurs du Collège de France, 1901-1939, p. 88-89.