Louis François FRANÇAIS

[ Plombières-les-Bains (88), 17/11/1814 – Paris (75), 27/05/1897 ]

peintre

Biographie vosgienne

1879 — Biographie alsacienne-lorraine / A. Cerfberr de Médelsheim

FRANÇAIS François Louis.- Peintre, né à Plombières le 17 novembre 1844, commença des études mathématiques qu’il ne put continuer ; à quinze ans, il était à Paris garçon de magasin chez un libraire ; il s’exerçait, pendant ce temps, au dessin et à la peinture, et, au bout de cinq ans, il était parvenu à vivre de son crayon en exécutant des vignettes et des lithographies qui le firent bientôt connaître avantageusement.

Il étudia ensuite chez Gigoux et Corot, exposa aux Salons, fut admis à l’Exposition universelle de 1855, où il figura avec honneur, et acquit le renom d’un de nos meilleurs paysagistes.

On a de lui, au musée du Luxembourg, le Soleil couchant en Italie. Il a été chargé d’une partie des peintures du Panthéon.

Ce peintre de grand talent a obtenu une médaille de troisième classe au Salon de 1841 ; de première classe en 1848 ; de première classe à l’Exposition universelle de 1855 et à celle de 1867 ; il a été nommé chevalier de la Légion d’honneur en 1853, et officier en 1867.

1889 — Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier

FRANÇAIS (François Louis).- Le premier peintre vosgien contemporain et un de nos premiers paysagistes, est né à Plombières le 17 novembre 1814.

Venu à Paris comme commis de librairie en 1829, il étudia le dessin et la gravure et, dès 1834, il publia des vignettes sur bois, des lithographies dans divers ouvrages illustrés. Il se perfectionna dans le dessin et la peinture dans l’atelier de Jean Gigoux et dans celui de Corot ; en 1837, il exposait son premier paysage : Une chanson dans les saules. En 1841 il recevait une 3e médaille.

Chaque année, depuis, le Salon de peinture a vu ses envois, toujours remarqués par la finesse et la fraîcheur du coloris, le sentiment ému de la nature qui se dégage de toutes les oeuvres de ce grand artiste. Il recevait une 1ère médaille en 1848, 1855 et 1867. On peut citer parmi ses principaux tableaux :
- Le Parc de Saint-Cloud, avec figures de Meissonier ;
- Soleil couchant en Italie, qui se trouve au musée du Luxembourg ;
- Fin d’hiver ;
- le Ravin de Nepi ;
- Vue des environs de Rome, en 1853, qui lui valut la croix de la Légion d’honneur en juillet 1853 ;
- un Sentier dans les blés, toile exquise, pleine de couleur et de poésie, en 1855 ;
- le Ruisseau de Neuf-Pré, en 1859 ;
- Vue prise au Bas-Meudon ;
- le Soir au bord de l’eau, en 1863 ;
- Bois sacré, en 1864 ;
- Environs de Paris, une des meilleures toiles du musée d’Épinal, en 1866 ;
- les Regains, Vallée de Munster, en 1869 ;
- Vue prise aux Vaux-de-Cernay, en 1872 ;
- Souvenir de Nice, en 1873 ;
- le Ravin du Puits-Noir en Franche-Comté, en 1875 ;
- le Miroir de Scey en Franche-Comté, en 1876 ;
- le Lac de Némi (Italie), en 1878 ;
- la Vallée de Rossillon et le Matin, en 1879.

Depuis quelques années M. Français, dans ses tableaux et ses aquarelles, reproduit de préférence les jolis sites de la vallée de Clisson, dans la Loire-inférieure ; il a fait aussi quelques paysages vosgiens. Il a exposé au Salon de 1889, un ravissant tableau : Soleil couchant dans le vallon de l’Augronne, près Plombières.

M. Français a été nommé officier de la Légion d’honneur, le 29 juin 1867.

1897 — Dictionnaire biographique des Vosges, Henri Jouve

FRANÇAIS François Louis.- Né à Plombières le 17 novembre 1814.

Artiste peintre paysagiste, hors concours.

Membre de l’Institut (section des Beaux-Arts).

Membre du conseil d’administration et du jury des Champs-Élysées.

Officier de la Légion d’honneur.

Membre fondateur de la société des Artistes français et membre de l’Association vosgienne de Paris.

D’origine modeste, M. Français a su s’élever par son seul mérite à la position qu’il occupe aujourd’hui. Après avoir fait ses études à l’école primaire de sa ville natale, il vint à Paris en 1829 et entra, comme commis, chez M. Paulin, éditeur. C’est là qu’il fit ses premiers dessins, dont les clients de son patron firent tous les frais. C’est ainsi qu’il fit les croquis de MM. Thiers, Armand-Carrel et d’autres personnages de l’époque. Jean Gigoux, illustrateur du Gil Blas se rendant un jour chez cet éditeur, vit les croquis de M. Français et lui trouva de si grandes dispositions pour le dessin, qu’il s’offrit à titre gracieux pour lui donner quelques conseils. Il partit avec lui et suivit assidûment les cours dans son atelier de Choisy-le-Roi. Sous ce maître, il fit de rapides progrès. Forcé par les nécessités de la vie d’abandonner cet art, il revint à Paris et se plaça chez M. Buloz, directeur de la Revue des Deux-Mondes. Il y resta quelques mois, puis il retourna à Choisy-le-Roi, où, soutenu par l’amitié et les encouragements de ses maîtres, il put enfin s’adonner entièrement à la peinture et envoya au Salon de 1837 son premier tableau : Une chanson dans les saules, qui fut suivit à quelques années d’intervalle par Le Parc de Saint-Cloud, dans lequel le célèbre peintre Meissonnier fit les figures. Ce tableau fut un véritable succès pour son auteur, il lui valut une mention honorable.

Dès lors, M. Français se livra exclusivement à la peinture des paysages et envoya aux salons annuels les toiles suivantes :
- Soleil couchant en Italie acquis par le musée du Luxembourg ;
- Fin d’hiver ;
- Le Ravin de Nepi ;
- Vue de Rome.

Au mois de juillet 1853, il reçut la croix de la Légion d’honneur.

Il continua ses envois par :
- Un sentier dans les blés, 1855 ;
- Le Ruisseau de Neuf-près, 1859 ;
- Vue prise au Bas-Meudon ;
- Le Soir au bord de l’eau, 1863 ;
- Bois sacré, 1864 ;
- Environs de Paris, qui se trouve au musée d’Épinal, 1866.

Il fut nommé officier de la Légion d’honneur le 29 juin 1867.

En 1869, il envoya :
- Les Regains ;
- Vallée de Munster ;
- Vue prise aux vaux de Cernay, 1872 ;
- Souvenir de Nice, 1873 ;
- Le Ravin du puits noir en Franche-Comté, 1875 ;
- Le Miroir de Scey en Franche-Comté, 1876 ;
- Le lac de Némi (Italie), 1878 ;
- La Vallée de Rossillon et le matin, 1879 ;
- Dans un ravin près Plombières ;
- Pont sur l’Aveyron, 1886 ;
- L’Hiver ;
- Les Bords de la Seine à Moulin-neuf, 1887 ;
- Sous-bois dans la garenne Lemot, à Clisson ;
- Vue de la Sèvre à sa sortie de cette garenne, 1888 ;
- Vallon de l’Eaugronne, près Plombières ;
- Devant la ferme, environs de Pombières, 1889 ;
- Vue de la Sèvre à Clisson ;
- Matinée brumeuse aux environs de Paris, 1890 ;
- Une source ;
- Le Jardin des Hespérides, à Cannes, 1891 ;
- Dans les prés ;
- Souvenir du Bas Meudon, 1893 ;
- La Récolte du chanvre, bords de l’Indre ;
- Vue d’Antibes, 1895.

Outre les récompenses citées plus haut, M. Français est titulaire d’une médaille de 3e classe en 1841, d’une de 1re classe en 1848 ; aux expositions universelles de 1855 et de 1867, il se vit décerner des médailles de 1re classe. Il obtint une médaille d’honneur à l’exposition de 1878 et de 1889 et fut classé hors concours à cette dernière exposition. Il devint membre de l’Institut l’année suivante (section des Beaux-Arts).

M. Français est décédé à Paris le 28 mai 1897.


1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

FRANÇAIS (Louis-François), peintre et illustrateur de livres

Plombières-les-Bains, 17 novembre 1814 - Paris, 27 mai 1897


Le peintre Louis Français dans son atelier. Il est le fils de Jean Français, mercier et de Marie-Anne Vançon. Ayant montré très tôt des aptitudes pour le dessin, sa famille, pour favoriser sa carrière artistique, lui trouve un emploi de commis de librairie à Paris en 1829. Employé chez l’éditeur Paulin, il copie en cachette les illustrations des livres qui passent entre ses mains. Le peintre bisontin Jean Gigoux remarque ses talents et le fait entrer dans son atelier en 1835. On lui confie la création de lettres ornées pour le Gil Blas de Lesage édité par Paulin.

C’est le début d’une longue carrière d’illustrateur au cours de laquelle, jusqu’en 1860, il dessine des vignettes pour une centaine d’ouvrages et pour de nombreuses revues. Pour Paul et Virginie, édité par Curmer en 1836 et considéré comme un des chefs-d’oeuvre des illustrés romantiques, il dessine plus de 200 vignettes dont une cinquantaine de paysages avec la collaboration de Tony Johannot pour les personnages. Également associé avec Granville, mais surtout avec Baron et Nanteuil, avec lesquels il adopte le monogramme commun B N F, il figure parmi le groupe des peintres de la Colonie de Bougival. On trouve sa signature au bas de nombreuses gravures destinées à illustrer des livres tels que Les Mille et une nuits (1839), Les Aventures du chevalier de Faublas (1842), Roland furieux (1844), les Nouvelles genevoises de Toppfer (1845), les Voyages en Zig-Zag du même auteur et surtout la Touraine de l’abbé Bourassé, édité par Mame en 1855. Dans ce superbe ouvrage, Français fournit 40 gravures sur bois, 11 belles initiales et 5 planches gravées sur acier qui lui valurent, avec son collaborateur Karl Girardet, une médaille d’or à l’Exposition Universelle de 1855.

Parallèlement à son activité d’illustrateur, Français effectue une carrière de peintre remarquée. Dès 1834, il est, selon les historiens de l’École de Barbizon, un des premiers peintres à s’installer à la célèbre auberge du père Ganne en forêt de Fontainebleau où un chêne fut baptisé à son nom. Il s’affirme comme un paysagiste de premier mérite, d’un mérite analogue à Corot dit de lui Baudelaire dans ses Écrits sur l’Art, en 1845 devant un tableau intitulé Soleil couchant. Et l’éminent critique ajoute : il sait étudier la nature et y mêler un parfum romantique de bon aloi.

Sur les conseils de Corot, Français fait un premier voyage d’études en Italie de 1846 à 1849. Il y retourne de 1864 à 1866, puis en 1873. De ses séjours il rapporte de nombreux dessins, esquisses ou aquarelles qui lui permettent d’exécuter des toiles telles que Soleil couchant en Italie, le Ravin de Nepi, Vue des environs de Rome, Nouvelle fouilles de Pompéi (1865), Le Colisée (1877), Le Lac de Nemi et Sentier à Rome (1878), l’Ave Maria à Castelgandolfo (1880), Rivage de Capri (1883), etc... Au retour de son premier voyage transalpin, il se lie d’amitié avec Gustave Courbet et effectue avec lui au moins un voyage à Ornans qui lui inspire Le Miroir de Scey (1875), le Ravin du Puits noir (1874), la Vallée de la Loue, etc...

Le village de Bellefontaine, tableau de Louis Français - Musée de Plombières (dépôt du musée de Cognac). Abandonnant les idées socialistes de sa jeunesse, il fréquente sous le Second Empire les soirées offertes par Napoléon III à Compiègne ou à Plombières. Pour s’attirer sympathie et commandes officielles, il se livre à une production un peu artificielle dans le style néo-classique. Dans des paysages réalistes peints en Italie, dans les Vosges, à Barbizon ou aux Vaux de Cernay dans la région parisienne, il place des personnages mythologiques. Ces tableaux de salon, au demeurant peu nombreux, sont très appréciés. A cette veine appartiennent son Bois sacré (1864, au musée de Lille), Daphnis et Chloé (1872, musée du Louvre), et surtout Orphée (musée d’Orsay) que le Dictionnaire Larousse du XIX° siècle n’hésite pas à considérer comme son chef d’oeuvre. A la même époque, il fréquente souvent Honfleur et sa région, où il retrouve Corot, Courbet, mais aussi Boudin et Jongkind. Avec eux, il séjourne à la ferme Saint-Siméon sur la Côte de Grâce et participe au mouvement pré-impressionniste. En 1866, il lance l’idée d’ériger à Nancy un monument à la mémoire de Claude Gelée et en préside le comité et l’inauguration. La fin de sa carrière est une apothéose. Après avoir raflé les premiers prix dans de nombreuses manifestations, il devient membre du jury au Salon et aux expositions universelles. En 1890, il est élu à l’Académie des Beaux-Arts.

A l’exception de quelques portraits (dont ceux de Corot, Ingres, la duchesse d’Orléans...), l’oeuvre de Français comprend surtout des paysages. Ses sites préférés sont choisis dans les Vosges, en Italie, dans la région parisienne. Mais il peint aussi les Alpes, la Côte d’Azur, la Bretagne, les bords de la Sèvre près de Clisson, etc... Il est essentiellement un peintre de sous-bois et d’arbres au bord de rivières ou d’étangs. Comme la plupart des paysagistes de Barbizon, il peuple ses toiles de personnages : fileuses, bergères, chevriers, faucheurs ou faneurs. Ainsi en est-il dans ses oeuvres vosgiennes telles que le Village de Bellefontaine (musée de Plombières) ou Vallée de l’Eaugronne (1889). En 1902, cinq ans après sa mort, ses amis inaugurent un monument à sa mémoire à Plombières. En 1905, sa ville natale, à qui il avait fait donation de sa maison, la transforme en Musée Louis Français. Quant à la ville de Paris, elle donne son nom à une rue en 1907, près de la place d’Italie. Quelque peu oublié dans le raz-de-marée de l’art moderne, souvent critiqué pour son arrivisme, Louis Français connaît aujourd’hui un juste regain de faveur et d’estime qui le place au rang qu’il mérite, celui d’un excellent petit-maître de l’école française du XlX° siècle.


Bibl. : Larousse du XIX° siècle en 15 volumes, article Louis Français.
Gros (Aimé).- Louis Français, Causeries et souvenirs par un de ses élèves, 1902, 297 p.
Conilleau (Roland).- Aquarelles, dessins et gravures de Louis Français, catalogue d’exposition, 1981 et du même : François-Louis Français, illustrateur romantique, in Bulletin de la Société Philomatique vosgienne, 1981.


[Pierre Heili]

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