Charles Émile Joseph Léon FERRY

[ Saint-Dié (88), 21/05/1834 – Paris (75), 21/07/1909 ]

homme politique

Député des Vosges (1881-1885 et 1893-1902).

Biographie vosgienne

1879 — Biographie alsacienne-lorraine / A. Cerfberr de Médelsheim

FERRY Charles.- M. Charles Ferry, [frère de Jules FERRY], né en 1833, a été, par son influence, chef du cabinet de M. Jules Favre pendant son ministère, puis préfet de Saône-et-Loire, commissaire extraordinaire en Corse, et enfin préfet à Toulouse, position qu’il a quittée à la chute de M. Thiers.

Il a épousé, au mois d’avril 1878, Mlle Allain-Targé.

1882 — Annuaire des Vosges / Léon Louis

FERRY Charles.- Conseiller général, né à Saint-Dié [le 26 mai 1834], négociant à Paris, rue Basse-du-Rempart 52.

Remplace M. Jeanmaire, député démissionnaire de l’arrondissement d’Épinal (2ème circonscription : Bruyères, Châtel et Rambervillers).

[Annuaire 1882, p. 144].

Né à Saint-Dié le 26 mai 1834, conseiller général du canton de Brouvelieures, ancien préfet de la Haute-Garonne, ancien député des Vosges, élu sénateur par 536 voix sur 994 inscrits, le 29 avril 1888.

Paris, rue Bayard, 1.

Siège à gauche.

[Annuaire 1890, p. 165].

Conseiller général du canton de Brouvelieures.

[Annuaire 1890, p. 171].

Député de Saint-Dié (1re circonscription).

Membre du conseil supérieur des colonies.

[Annuaire 1894, p. 151].

1889 — Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier

FERRY (Charles Émile Léon Joseph).- Frère du précédent [Jules François Camille FERRY] ; il naquit à Saint-Dié le 26 mai 1834, et se livra aux opérations financières et industrielles. Ce n’est qu’en 1870 qu’il s’occupa de politique.

Il fut, pendant le siège de Paris, chef de cabinet de Jules Favre, au ministère de l’intérieur, et concourut avec son frère à la répression de l’insurrection du 31 octobre 1870. Nommé préfet de Saône-et-Loire le 20 mars 1871, M. Charles Ferry eut à réprimer au Creusot une tentative d’insurrection provoquée par la nouvelles du triomphe de la Commune à Paris, le 18 mars. Il fut ensuite envoyé, en octobre 1871, en Corse, comme commissaire extraordinaire de la République, afin d’y contenir l’agitation bonapartiste. Le 11 novembre 1871, il devint préfet de la Haute-Garonne et donna sa démission le 24 mai 1873, après le renversement de Thiers. Il reprit alors ses occupations de banque et de commerce jusqu’en 1880.

Conseiller général des Vosges pour le canton de Brouvelieures, le 1er août 1880, réélu en 1886, il fut élu le 21 août 1881 député des Vosges par la 2e circonscription de l’arrondissement d’Épinal, avec 6 598 voix, sans concurrent. Aux élections générales d’octobre 1885, il retira sa candidature, le nombre des députés des Vosges ayant été réduit d’un.

La mort de N. Claude ayant laissé une vacance dans la représentation sénatoriale vosgienne, M. Charles Ferry a été élu le 29 avril 1888, sénateur des Vosges, par 526 voix contre 315 à M. Figarol, 111 à M. Morlot (de la Neuveville-sous-Châtenois), 18 à M. Brugnot, 20 à divers.

M. Charles Ferry est gendre de M. Allain-Targé, ancien ministre des finances et de l’intérieur.

1897 — Dictionnaire biographique des Vosges, Henri Jouve

FERRY Charles Émile Léon.- Né à Saint-Dié le 23 mai 1834.

Frère du précédent [Jules François Camille FERRY].

Député de la 1re circonscription de Saint-Dié.

Membre du conseil général des Vosges, pour le canton de Saint-Dié.

Membre de l’Association vosgienne de Paris.

Officier d’Académie.

Jusqu’à la chute de l’Empire, M. Charles Ferry, adversaire de ce gouvernement, se tint en dehors de la politique. Il devint chef de cabinet de Gambetta, ministre de l’intérieur, lors de la proclamation de la République, le 4 septembre 1870. Le 31 octobre, il prit une part active à la tête du 106e bataillon de la garde nationale, à la délivrance des membres du gouvernement de la Défense nationale, prisonniers des insurgés à l’Hôtel-de-ville. Le 20 mars 1871, il fut nommé préfet de Saône-et-Loire et se signala particulièrement lors de l’insurrection du Creusot qu’il réussit à étouffer presque aussitôt.

Il quitta ce département pour remplir les fonctions de commissaire extraordinaire du gouvernement en Corse, du 15 octobre au mois de décembre suivant, et passa à la préfecture de la Haute-Garonne en remplacement de M. de Kératry. Il donna sa démission le 24 mai 1873.

M. Charles Ferry posa pour la première fois sa candidature à la députation dans la 2e circonscription d’Épinal aux élections du 20 août 1881 et fut élu par 6 680 voix. Il ne se représenta pas aux élections suivantes pour céder sa place sur la liste à M. Albert Ferry. Le 29 avril, comme on procédait dans les Vosges au remplacement du sénateur Claude décédé le 27 février, M. Charles Ferry produisit sa candidature au fauteuil sénatorial vacant et devint sénateur par 526 voix contre 321 attribuées à M. Figarol et 112 à M. Marlot. Il resta trois ans à la Chambre haute mais, en 1891, il se retira devant son frère, M. Jules Ferry, pour lui permettre de se faire élire au Sénat et, à la mort de celui-ci, M. Albert Ferry fut élu sénateur des Vosges, et M. Charles Ferry, qui avait été son concurrent à ces élections sénatoriales, se présenta au renouvellement général législatif du 20 août 1893 devant les électeurs de la 1re circonscription de Saint-Dié. Il fut élu député par 7 743 voix contre 4 027 au candidat rallié, conseiller général, M. Claudel. Le 26 juillet 1896, à la suite de l’inauguration de la statue de M. Jules Ferry, sur la plus belle place publique de la ville de Saint-Dié, M. Charles Ferry voulant remercier cette ville de l’honneur qu’elle faisait à son frère, remit à son bureau de bienfaisance la somme de cent mille francs pour élever un hôpital.

A la Chambre, M. Charles Ferry, inscrit au groupe des républicains du gouvernement, fait partie, comme vice-président, de la commission du travail. Il prend souvent la parole au profit de la classe laborieuse et s’est fait le défenseur des intérêts de l’agriculture nationale.


1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

FERRY (Charles Émile Joseph Léon), homme politique

Saint-Dié, 23 mai 1834 - Paris, 21 juillet 1909


Fils de Charles Édouard Ferry et d’ Adèle Amélie Jamelot (voir notice Famille FERRY) et frère de Jules Ferry, comme lui il fait ses études primaires à Saint-Dié, secondaires à Strasbourg et juridiques à Paris.

Commerçant, puis banquier, il soutient en permanence la carrière politique de son aîné. Chef de cabinet de Jules Favre pendant le siège de Paris, il est nommé préfet de Saône-et-Loire le 20 mars 1871, puis commissaire du gouvernement en Corse en octobre, et préfet de la Haute-Garonne du 11 novembre 1871 au 24 mars 1873, jour de la démission d’Adolphe Thiers. De 1880 à 1892, il est conseiller général du canton de Brouvelieures.

Il reprend ses activités commerciales jusqu’en 1881 où il est élu député dans la 2° circonscription d’Épinal le 21 août. Membre du groupe de l’Union Républicaine, il soutient sans réserve la politique de son frère, auquel il est très lié. Il ne se représente pas aux élections législatives du 4 octobre 1885, mais il se porte candidat aux élections sénatoriales et est élu sénateur des Vosges en 1888. En 1891, il laisse le siège disponible pour son frère qui est élu sénateur des Vosges.

Candidat malheureux à la reprise de ce siège, devenu vacant à la mort de son frère le 11 juin 1893, il est élu député de Saint-Dié le 20 août suivant. Il s’inscrit au groupe des progressistes, vote la répression des menées anarchistes.

Sur l’affaire Dreyfus à ses débuts, il apporte le 24 février 1898 son appui à Jules Méline qui réclame la fin de l’agitation politique. Réélu député le 8 mai 1899 contre Félix Bouvier, il participe activement aux travaux et aux débats sur les questions ouvrières. Il est élu membre du Conseil supérieur du Travail en 1900. Battu aux élections législatives du 27 avril 1902 par Edmond Gérard, il abandonne la carrière politique.

Marié en 1878 à Geneviève Allain-Targé, dont le père fut préfet, député, ministre, il en a un fils unique, Abel (voir notice). Son épouse étant décédée en 1883, à l’âge de 25 ans, c’est l’épouse de son frère, Eugénie Jules-Ferry, sans enfant, qui se charge de surveiller l’éducation du jeune Abel. A Saint-Dié, Charles Ferry fait construire, en lisière de la forêt Saint-Martin, au quartier de Foucharupt, près de la maison de son frère, un important chalet résidentiel qui appartient encore à ses arrière-petits-enfants.


Bibl. : Dictionnaire de biographie française, publié sous la dir. de M. Prévot, Roman d’Amat, H. Tribout de Morambert, Paris, Letouzey (lettres A-H parues de 1928 à 1989), tome XIII, col. 1167.
Bouvier.- Biographie générale vosgienne, p. 409. Marande (G.).- Tablettes généalogiques. Famille Ferry, in Bulletin de la Société philomatique de Saint-Dié, LXII, 1958.
Ronsin (A.) et Claudel (M.-C.).- Jules Ferry, sa vie son œuvre, Saint-Dié, 1981 (Les Guides du musée de Saint-Dié).
Robert.- Dictionnaire des parlementaires français, tome II, p. 639.
Jolly.- Dictionnaire des parlementaires français, tome V, p. 1683.


[Albert Ronsin]..

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