1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
FERRY (Charles Émile Joseph Léon), homme politique
Saint-Dié, 23 mai 1834 - Paris, 21 juillet 1909
Fils de Charles Édouard Ferry et d’ Adèle Amélie Jamelot (voir notice
Famille FERRY) et frère de Jules Ferry, comme lui il fait ses études primaires à Saint-Dié, secondaires à Strasbourg et juridiques à Paris.
Commerçant, puis banquier, il soutient en permanence la carrière politique de son aîné. Chef de cabinet de Jules Favre pendant le siège de Paris, il est nommé préfet de Saône-et-Loire le 20 mars 1871, puis commissaire du gouvernement en Corse en octobre, et préfet de la Haute-Garonne du 11 novembre 1871 au 24 mars 1873, jour de la démission d’Adolphe Thiers. De 1880 à 1892, il est conseiller général du canton de Brouvelieures.
Il reprend ses activités commerciales jusqu’en 1881 où il est élu député dans la 2° circonscription d’Épinal le 21 août. Membre du groupe de l’Union Républicaine, il soutient sans réserve la politique de son frère, auquel il est très lié. Il ne se représente pas aux élections législatives du 4 octobre 1885, mais il se porte candidat aux élections sénatoriales et est élu sénateur des Vosges en 1888. En 1891, il laisse le siège disponible pour son frère qui est élu sénateur des Vosges.
Candidat malheureux à la reprise de ce siège, devenu vacant à la mort de son frère le 11 juin 1893, il est élu député de Saint-Dié le 20 août suivant. Il s’inscrit au groupe des progressistes, vote la répression des menées anarchistes.
Sur l’affaire Dreyfus à ses débuts, il apporte le 24 février 1898 son appui à Jules Méline qui réclame la fin de l’agitation politique. Réélu député le 8 mai 1899 contre Félix Bouvier, il participe activement aux travaux et aux débats sur les questions ouvrières. Il est élu membre du Conseil supérieur du Travail en 1900. Battu aux élections législatives du 27 avril 1902 par Edmond Gérard, il abandonne la carrière politique.
Marié en 1878 à Geneviève Allain-Targé, dont le père fut préfet, député, ministre, il en a un fils unique, Abel (
voir notice). Son épouse étant décédée en 1883, à l’âge de 25 ans, c’est l’épouse de son frère, Eugénie Jules-Ferry, sans enfant, qui se charge de surveiller l’éducation du jeune Abel. A Saint-Dié, Charles Ferry fait construire, en lisière de la forêt Saint-Martin, au quartier de Foucharupt, près de la maison de son frère, un important chalet résidentiel qui appartient encore à ses arrière-petits-enfants.
Bibl. : Dictionnaire de biographie française, publié sous la dir. de M. Prévot, Roman d’Amat, H. Tribout de Morambert, Paris, Letouzey (lettres A-H parues de 1928 à 1989), tome XIII, col. 1167.
Bouvier.-
Biographie générale vosgienne, p. 409.
Marande (G.).-
Tablettes généalogiques. Famille Ferry, in
Bulletin de la Société philomatique de Saint-Dié, LXII, 1958.
Ronsin (A.) et Claudel (M.-C.).-
Jules Ferry, sa vie son œuvre, Saint-Dié, 1981 (Les Guides du musée de Saint-Dié).
Robert.-
Dictionnaire des parlementaires français, tome II, p. 639.
Jolly.-
Dictionnaire des parlementaires français, tome V, p. 1683.
[Albert Ronsin]..